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analyse

Les députés CD&V relancent la coalition Vivaldi

Joachim Coens entendra-t-il l'appel de ses députés fédéraux? ©Photo News

L'urgence imposée par la crise du Covid-19 commence à faire bouger quelques lignes au sein de certains partis. Au CD&V, une majorité des parlementaires ouvrent la porte pour une discussion autour d'une coalition Vivaldi. Côté francophone, le cdH et DéFi font offre de services...

Ça semblait plié pour le CD&V. "Jamais sans la N-VA", avait-on compris suite aux nombreuses déclarations des ténors du parti, puis à la vue des résultats de l'enquête menée le weekend passé, qui compliquaient fortement le travail des informateurs Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open Vld). Depuis quelques mois, cet arrimage aux nationalistes est un des gros verrous bloqués dans les négociations.

Mais, surprise, ça pourrait changer. On apprend que la ligne n'est pas si inamovible dans le chef d'élus au Parlement fédéral. Selon Het Nieuwsblad, la majorité du groupe CD&V à la Chambre demande maintenant à la direction de son parti d'accepter au moins de discuter avec les autres partis d'une potentielle coalition Vivaldi. Il s'agit bien de l'arc-en-ciel (socialistes, libéraux, verts du nord et du sud) élargi au CD&V. Sans la N-VA, donc.

La seule vraie question, dans le sondage aux membres, aurait dû être: voulez-vous la Vivaldi ou de nouvelles élections?
Un député CD&V

Les parlementaires CD&V sont agacés

Selon l'enquête menée en ligne ce weekend, chez les militants démocrates-chrétiens flamands, 63% veulent une majorité en Flandre, ce qui implique la présence de la N-VA, dont ni le PS ni Ecolo ne veulent. Mais selon le quotidien flamand, une grande partie du groupe CD&V à la Chambre se montre agacée par l'attitude de la direction du parti. Ces parlementaires disent constater l'impasse actuelle due, selon eux, à la N-VA et au PS. La fidélité affichée par le parti à la N-VA ne risquerait que de précipiter de nouvelles élections... qui se traduiraient par une nouvelle défaite pour les chrétiens-démocrates flamands.

"Nous sommes piégés et personne n'est suffisamment lucide pour faire la bonne analyse. La seule vraie question, dans le sondage aux membres, aurait dû être: voulez-vous la Vivaldi ou de nouvelles élections", selon un député CD&V de premier plan qui s'est confié à Het Nieuwsblad.

Et donc, tout à coup, on se dit que l'horizon pourrait se dégager au Fédéral. Autour de l'arc-en-ciel, trois coalitions s'avèrent envisageables, et plus seulement du point de vue mathématique. Avec l'adjonction du CD&V, ce qui s'appellerait une Vivaldi compterait 87 sièges. C'est une large majorité au vu des 150 sièges que compte l'assemblée. Mais par contre, la majorité n'est pas atteinte dans le rôle néerlandophone, où les députés seraient 41 alors que le total pour la Flandre est de 89 parlementaires.

Les propositions du cdH et de DéFi

Les deux autres solutions qui s'avèrent philosophiquement possibles depuis ce jeudi matin, c'est l'adjonction du cdH ou de DéFi à l'arc-en-ciel, ce qui offrait des majorités de 80 ou de 77 sièges.

Ne parlons pas d'embarras du choix pour les missionnaires royaux, dont on attend un rapport final pour le 16 mars, lundi prochain donc. Dans les trois cas, la majorité n'est pas atteinte dans le camp flamand et c'est crispant, même si les francophones ont vécu ça sous la Suédoise. Et dans le chef des parlementaires, il ne s'agit pas d'une volonté claire marquée par la tête du parti, mais d'une demande émanant de députés pour discuter d'une éventuelle coalition Vivaldi. Il faudra voir si les négociateurs du CD&V suivront cet appel, alors qu'il ne va pas dans le sens voulu par la base...

Mais on sent que les appels à l'urgence lancés suite à la crise du nouveau coronavirus commencent à percuter. Les informateurs royaux auront déjà face à eux des interlocuteurs plus constructifs pour les quatre jours restant avant de remettre le résultat de leur travail au Roi.

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