analyse

Les deux informateurs ont une semaine pour passer à la vitesse supérieure

©Photo News

La coalition arc-en-ciel élargie au CD&V, ou Vivaldi, est toujours privilégiée. Encore faut-il convaincre l’Open Vld de se joindre à cet orchestre hétéroclite.

Nouvelle semaine "décisive" pour l’avenir de la formation du prochain gouvernement fédéral. Les deux informateurs royaux, Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V), ont mis la trêve des confiseurs à profit pour rédiger une note de travail qu’ils doivent présenter aux partis durant la première partie de cette semaine de rentrée. Objectif: en faire une base de négociation gouvernementale pour un nombre suffisant de formations politiques. Ce lundi, c’était au tour de la N-VA et du PS. L’Open Vld et le CD&V devraient être invités ce mardi. Sans pouvoir emporter une copie de la note, histoire d’éviter les fuites. On rappellera que les deux hommes ont été désignés le 10 décembre et doivent rendre leur deuxième rapport au Palais le 13 janvier au plus tard. Le tandem Bouchez/Coens veut passer le relais en lançant un processus de préformation ou de formation gouvernementale. Mais cette affaire-là est encore loin d’être dans le sac.

Cette nouvelle note succède donc au projet Magnette et doit remettre le curseur au centre du spectre politique après les quelques semaines d’information menées par le président du PS. Une nouvelle note moins à gauche donc, du moins dans la perception générale supposée de l’opinion publique. Comme l’écrivait ce lundi le quotidien flamand De Standaard, il se confirme que ce travail de rédaction a été essentiellement mené par les équipes de Koen Geens, vice-Premier ministre CD&V et négociateur fédéral de son parti. "C’est exagéré", dit-on au MR. Mais nous verrons que ce détail a son importance alors que les démocrates-chrétiens flamands font office de pierre angulaire de toute coalition.

En attendant, le MR, dont le nouveau président Bouchez a été lancé dès après son élection à la tête du parti, tenait son bureau politique ce lundi matin. Il en est ressorti un vent d’optimisme quant à l’issue de cette troisième phase d’information depuis les élections du 26 mai. La piste toujours privilégiée demeure la coalition arc-en-ciel (socialistes, libéraux et écologistes) élargie au CD&V, et ses 88 sièges sur 150. Cette formule, fort identifiée à Paul Magnette, est de plus en plus souvent appelée Vivaldi (quatre saisons pour quatre couleurs politiques) depuis que les deux informateurs ont souhaité "repartir du centre", après que le travail du président du PS eut été jugé un peu trop difficile à avaler au nord du pays.

La note Vivaldi "devra être critiquée par le PS tout en restant une base de discussion".
Une source proche de l’information royale

Cette note Vivaldi "devra de préférence être critiquée par le PS tout en lui permettant de dire que c’est une base de discussion, confie aujourd’hui une source proche de l’information. Si le PS la juge trop à droite, cela aidera le CD&V et l’Open Vld à la défendre face à la N-VA. On est dans un grand show." Deux options sont sur la table. Premier scénario: fort d’une note "très CD&V", Koen Geens devient préformateur ou formateur et se place idéalement pour diriger le prochain exécutif. La difficulté sera alors de contenter l’Open Vld qui, lui aussi, vise le "16". Selon nos informations, les libéraux flamands ne devraient pas encore trouver dans la nouvelle note les symboles forts dont ils ont pourtant besoin pour jouer la petite musique de Vivaldi avec le reste de l’orchestre. On le sait, l’Open Vld est demandeur de mesures fortes, en matière d’emploi notamment.

Lancer la N-VA?

©Tim Dirven

Mais une deuxième option n’est pas encore tout à fait morte en cette rentrée 2020, celle de lancer la N-VA, qui n’a finalement que très peu mouillé sa chemise au Fédéral jusqu’à présent. Dans les partis flamands, certains estiment encore que les deux semaines de préformation menées sans succès par Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA) avant la phase Magnette n’ont pas été suffisantes "pour faire passer l’idée en Flandre que la N-VA ne veut pas gouverner", confie-t-on dans l’entourage de l’information.

"On peut comprendre les partis flamands mais le consensus est de plus en plus large pour en finir avec ces interminables tours d’information royale", tempère un libéral francophone. Alors que la crise politique belge commence à attirer l’attention de la presse internationale, le monde politique semble de plus en plus pressé de passer à la vitesse supérieure. Plus de sept mois après les élections.

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