Les directeurs financiers ont le moral

L’optimisme s’installe chez les CFO. Leur première préoccupation n’est plus tant la reprise mais le niveau de compétitivité de l’entreprise.

Chaque trimestre depuis 2009, les consultants de Deloitte interrogent un échantillon représentatif de directeurs financiers (CFO) de grandes entreprises installées en Belgique, tous secteurs confondus. Le questionnaire porte sur la perception par 73 CFO de l’environnement macroéconomique et de l’état de santé de leur propre entreprise. L’enquête a été réalisée entre le 11 décembre 2013 et le 6 janvier 2014. Plusieurs lignes de force se dégagent de cet exercice.

  • Un nouvel état d’esprit. Les CFO ont abordé 2014 différemment des années précédentes. Près de la moitié des sondés se montrent aujourd’hui plus optimistes quant aux perspectives financières de leur entreprise par rapport à il y a trois mois. Seuls 17% des CFO considèrent que le degré d’incertitude actuel est élevé contre 26% il y a trois mois. "Le moral des CFO est ainsi revenu à son meilleur niveau depuis début 2011", note Thierry Van Schoubroeck, partner chez Deloitte.
  • On reparle croissance et non plus survie. Un peu plus de la moitié des CFO indiquent que leur entreprise n’a pas atteint en 2013 le budget financier initial. C’est beaucoup mais cela reste stable depuis deux ans. Ceci étant, les CFO envisagent malgré tout 2014 avec un plus grand optimisme que 2013: 63% anticipent une hausse du chiffre d’affaires et près d’un quart (23%) prévoit une croissance supérieure à 5% pour leur entreprise. Une augmentation des marges d’exploitation est pressentie dans 40% des entreprises.

"Les entreprises envisagent 2014 avec optimisme et cela se reflète dans leurs projets", indique Joël Brehmen, partner chez Deloitte. "Près de trois quarts des sondés ont budgété une progression du chiffre d’affaires pour 2014. Le défi résidera probablement dans la pression constante exercée sur les prix et les marges", précise-t-il.

Conséquence de ce nouveau climat: la principale préoccupation des CFO n’est plus la relance économique, prédominante depuis deux ans, mais bien la position concurrentielle de leur entreprise.

  • Les entreprises exportatrices moins optimistes. Parmi les répondants, on note que les entreprises qui réalisent plus de 70% de leur chiffre d’affaires ailleurs qu’en Belgique se montrent moins optimistes que celles qui exercent l’essentiel de leurs activités en Belgique. Des craintes se sont en effet fait jour au sujet des grands pays émergents, dont les économies risquent de pâtir sérieusement d’un assèchement des liquidités par la Réserve fédérale américaine (Fed).
  • Les stratégies défensives l’emportent sur les ambitions de croissance. Si les CFO ont revu à la hausse leurs perspectives de croissance par rapport aux trimestres précédents, les priorités des entreprises n’ont guère évolué. Les mesures défensives telles que l’amélioration de la productivité et de l’efficacité, la réduction des coûts et l’augmentation du cash-flow prévalent toujours. Seuls 14% des sondés accordent la priorité à l’investissement.

La croissance par les acquisitions ne constitue, par ailleurs, une priorité majeure que chez 6% des répondants. "Protéger le bilan de tout risque supplémentaire reste un thème clé", observe Thierry Van Schoubroeck.

  • Financement disponible et attractif. Le crédit est jugé accessible et bon marché. Par rapport au dernier trimestre, les CFO se montrent beaucoup plus détendus par rapport à l’idée d’une hausse prochaine des taux d’intérêt.
  • Le gouvernement remonte la pente. La perception par les CFO de l’action des pouvoirs publics et du gouvernement fédéral en particulier reste globalement négative. Mais on perçoit néanmoins une amélioration. Sont particulièrement appréciées: les récentes mesures de diminution du coût salarial et de réduction de la facture énergétique des entreprises.

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