Les douanes veulent être outillées pour infiltrer le web

©REUTERS

Les services de douane souhaitent infiltrer le net pour y déceler les fraudes. Pour l'heure, ils disposent de peu de moyens pour mettre au jour des pratiques illégales de commerce.

Le commerce en ligne peut être une menace pour notre flore et notre faune. En quelques clics sur les sites de seconde main, vous trouvez kyrielle d'objets en ivoire vendus sans les certificats exigés. "Tant via la publicité sur internet que sur les sites commerciaux en ligne, nous trouvons des objets qui ne sont pas conformes aux conditions CITES (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, NDLR)", indique le sénateur (Open Vld). Pourtant la convention CITES est d'application dans notre pays depuis 1984.

"Le commerce sur le dark web, les envois par poste et le paiement en ligne permettent actuellement aux criminels d'acheter, de commander et de se faire livrer de façon anonyme."
Alexander De Croo
ministre des Finances

Et que peuvent faire nos douanes pour lutter contre ce commerce illégal? La réponse que le sénateur a reçue du gouvernement est loin d'être rassurante. Certes le ministre des Finances, Alexander De Croo, indique que les douanes bénéficient d'un service de cybersécurité dont la mission est de garder à l'oeil ce qui se passe sur internet, "mais cette équipe ne dispose pas de compétences légales et de moyens pour lutter contre ces commerces illégaux sur le web".

Alexander De Croo pointe un autre problème. "Le commerce sur le dark web (la partie du réseau internet ne pouvant être accessible via les moteurs traditionnels de recherche, NDLR), les envois par poste et le paiement en ligne permettent actuellement aux criminels d'acheter, de commander et de se faire livrer de façon anonyme. Même le paiement est anonyme." 

Les outils qui manquent aux douanes belges sont pourtant disponibles chez nos voisins Français. Les fonctionnaires y ont la possibilité d'examiner le dark web avec des pseudonymes; de prendre contact avec les potentiels malfrats actifs sur le commerce en ligne. De quoi avoir une chance de collecter des identités.

Seule la police peut infiltrer le web

En Belgique, seule la police peut infiltrer le web. Mais que faire pour étendre cette responsabilité aux services des douanes? Pour l'heure pas grand-chose. Le ministre rappelle qu'en affaires courantes, le gouvernement peut difficilement mettre en place rapidement de tels outils. "J'ai déjà demandé à mon administration d'analyser comment étendre les dispositions réglementaires sur les compétences actuelles."

Les douanes collaborent déjà avec le fonds pour la nature, WWF. Elles prennent ainsi part à un programme financé par la Commission européenne et qui permet de partager les données trouvées sur le net.  

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