Les Ecolos en congrès

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L'écologie, vecteur d'avenir pour l'emploi, a quitté le royaume des utopies pour entrer dans le champ de la réalité et ce n'est qu'un début, ont soutenu samedi les ténors d'Ecolo, à l'occasion d'un congrès entièrement consacré à ce thème, à Liège, en présence de quelque 350 personnes.

Réunis en congrès à Liège, les responsables d'Ecolo ont avancé de multiples propositions pour accentuer cette évolution en agissant sur trois leviers: booster les secteurs du futur en misant sur la durabilité; relever le défi de gestion des matières premières pour renforcer la compétitivité par une meilleure utilisation des ressources; et mobiliser les moyens de financement publics et privés, au profit d'une économie efficace et durable.

Pour les Verts, il importe notamment d'élargir les programmes d'alliance emploi-environnement, de redéployer l'offre d'enseignement technique et de formation professionnelle, et de partager l'emploi entre jeunes et âgés.

Il faut aussi investir dans la recherche et l'innovation au profit de l'économie du futur et du développement durable, promouvoir l'écologie industrielle et la durabilité comme stratégie d'entreprise, améliorer l'efficacité énergétique et développer les énergies renouvelables.

Si l'on en croit la co-présidente d'Ecolo, Emily Hoyos, les Verts sont aussi partisans de l'instauration de droits de douane sociaux et environnementaux à l'échelon européen pour contrer la concurrence avec des économies plus lointaines peu enclines à intégrer ces préoccupations.

Le tout doit être financé par des banques et une épargne réorientées vers l'économie réelle.

"Mesdames et messieurs les conservateurs, vous vous trompez. Ce n'est pas le moment de se recroqueviller dans sa coquille et de se raccrocher au vieux modèle économique en espérant un retour à la croissance", a notamment dit le ministre wallon de l'aménagement du Territoire Philippe Henry, à l'entame du congrès, épinglant en termes à peine voilés le MR et certains représentants des partenaires PS et cdH au sein de la majorité wallonne.

"Le défi n'est pas seulement celui des emplois verts, c'est que les emplois encore bruns verdissent", a commenté pour sa part le co-président d'Ecolo Olivier Deleuze.

A ses côtés, Emily Hoyos a souligné que c'était d'autant plus nécessaire que des emplois se perdent par milliers dans le bassin liégeois et ailleurs. "On est dans une lutte contre la montre face au cynisme des multinationales et au dogmatise budgétaire européen et du populisme qui s'en nourrit", a-t-elle ajouté.

Le congrès a été mis à profit par l'état-major écologiste pour faire un état des lieux des initiatives de transition vers une économie durable et de leur impact sur l'emploi à travers une série de témoignages de cadres supérieurs d'entreprises dans divers secteurs de l'économie: la construction et la production de viande à Bruxelles, et la métallurgie, l'eau et l'énergie en Wallonie.

Selon Thibaut Georgin, managing consultant d'Igneos, sans compter les entreprises privées qui misent sur le développement durable, on dénombre actuellement en Belgique 7.600 emplois dans le domaine de la protection du sol, de l'air, des espaces verts, plus de 14.000 emplois dans celui de la gestion des déchets dont 10.000 dans le secteur privé.

Au rayon des entreprises ayant un impact positif sur l'empreinte écologique de la population, il a cité les dizaines de milliers d'emplois appelés à encore croître dans les sociétés de transport public (SNCB - actuellement 38.000; STIB - 6600; TEC et De Lijn -20.000) et les 5.000 jobs répertoriés dans le secteur du slow food.

Le président d'Agoria Wallonie Marcel Miller a souligné que 50% des entreprises membres de l'organisation disent réaliser une partie de leur Chiffre d'Affaires dans les nouvelles technologiques vertes et 80% des membres considèrent qu'il s'agit d'une opportunité dans les dix prochaines années, 80% des membres disent que c'est une opportunité.

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