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Les employeurs vent debout contre le projet de loi sur les formations

©BELGA

Les fédérations d'employeurs appellent le gouvernement à revoir sa copie en matière de formations, jugeant les objectifs contenus dans un projet de loi "irréalistes".

Chaque travailleur devrait à terme disposer de cinq jours de formation par an. Cette ambition contenue dans un projet de loi du ministre du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), le patronat ne veut pas en entendre parler.

"La formation du personnel est un travail sur mesure et non une science exacte."
Unizo, UCM, FEB, Boerenbond, FWA et Unisoc
Fédérations d'employeurs

Dans un texte commun, les fédérations d'employeurs expliquent les raisons de leur opposition. "La formation du personnel est un travail sur mesure et non une science exacte. La bonne approche ne peut se résumer à des chiffres arbitraires, car chaque entreprise et secteur est différent et les besoins des entreprises et des collaborateurs varient", lâchent-elles.

Alors que le Conseil national du travail (CNT) avait été chargé par le ministre d'examiner son projet, patrons et syndicats ne sont finalement pas parvenus à s'entendre sur une position commune. Résultat: la balle revient dans le camp de la Vivaldi. Pour les patrons, c'est très clair, le texte en l'état devrait être rejeté, car il ferait "plus de mal que de bien".

Droit individuel

Pour bien comprendre ce dont on parle, un peu de contexte s'impose. Aujourd’hui, un droit à la formation est octroyé dans les entreprises. Mais, et la nuance est importante, il s’agit d’une moyenne annuelle et non d’un droit individuel.

Dermagne souhaite cependant "transformer ce droit à la formation en un quota de jours ou d’heures par an dont tout travailleur pourra bénéficier". Et son projet va plus loin vu qu'il établit des objectifs, avec l'espoir d'atteindre 5 jours consacrés à de nouveaux apprentissages pour chaque travailleur en 2024, contre une moyenne annuelle de deux jours actuellement.

S'ils ne contestent aucunement l'importance de la formation, les employeurs jugent ces objectifs "irréalistes, voire contreproductifs". Chiffres d'Eurostat à l'appui, ceux-ci insistent d'ailleurs sur le fait que la Belgique est déjà un bon élève en la matière.

Responsabilité des travailleurs

En outre, les patrons regrettent que le gouvernement n'aborde pas la responsabilité propre des travailleurs. "Il est frappant de constater à quel point le projet de loi se focalise une fois de plus entièrement sur les devoirs, les responsabilités et les sanctions des employeurs, alors que ce sont surtout les travailleurs qui ont besoin d’une épée dans les reins", s'agacent-ils.

"Ce sont surtout les travailleurs qui ont besoin d'une épée dans les reins."
Unizo, FEB, UCM, Boerenbond, FWA et Unisoc
Fédérations d'employeurs

Leur conclusion adressée au gouvernement est limpide: laissez-nous gérer la formation à notre "manière, de façon pragmatique et à la mesure du travailleur et de l'entreprise".

Cette sortie par voie de presse n'a visiblement pas beaucoup plu au ministre Dermagne. "Les personnes formées ont tendance à toujours être les mêmes et pas nécessairement celles qui en ont le plus besoin. Si on veut atteindre les 80% de taux d'emploi, on doit aussi s'attaquer à cela", précise-t-on à son cabinet.

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