Les entreprises mises à contribution dans l'accueil des réfugiés

©EPA

Le nombre de migrants qui arrivent à Bruxelles ne diminue pas. Rien que pour la première semaine d’août, il y a eu 1.361 nouvelles demandes d’asile. Plus de 4.000 demandes sont attendues pour l’ensemble du mois. Le gouvernement cherche encore 10.000 nouvelles places endéans les quatre prochaines années et les entreprises seront mises à contribution dans l’accueil des réfugiés.

"On devrait atteindre plus de 4.000 demandes d’asile voire plus à la fin du mois", a estimé Theo Francken, secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration (N-VA). Il a répondu hier aux questions des parlementaires lors d’une commission spéciale à la Chambre. Actuellement, 60 millions de migrants prennent la route de l’Europe, au péril de leur vie. "Du jamais vu depuis la signature de la convention de Genève en 1951", a-t-il commenté.

C’est dans cette optique que le gouvernement a eu l’idée de mettre les entreprises à contribution. Dans les quatre prochaines années, ce ne sont pas moins de 10.000 places supplémentaires qui seront nécessaires, estime-t-il. Hier, Theo Francken a donné comme exemple fictif les restaurants Carestel."Chez nos voisins, on fait déjà cela à grande échelle", explique une porte-parole de Fedasil, l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile.

"Ce n’est pas en concentrant des centaines de personnes dans un bocal qu’on privilégie l’intégration."
Paul-Olivier Delannois
Bourgmestre FF de Tournai

Jeudi dernier, lors d’un Conseil des ministres électronique, le gouvernement fédéral a décidé de créer 2.500 places supplémentaires pour accueillir les demandeurs d’asile. Ces places, principalement dans des casernes, seront toutes ouvertes dans les prochains jours. L’annonce de ces nouvelles ouvertures a fait réagir certains bourgmestres.

La "vaisselle" de Tournai

Paul-Olivier Delannois (PS), le député bourgmestre de Tournai faisant fonction, a été l’un des premiers à s’inquiéter. "Vous m’avez appelé non pas pour me demander mon avis mais pour m’informer de votre décision. Vous m’avez annoncé que Tournai accueillerait 700 personnes. Votre collègue Marie-Christine Marghem, ministre fédérale et Première échevine empêchée à Tournai, m’a parlé de 450. J’ai reçu un courrier de Fedasil mentionnant 790. Ce n’est plus une fourchette mais un service de vaisselle entier. J’affirme également que ce n’est pas en concentrant des centaines de personnes dans un bocal qu’on privilégie l’intégration. Il aurait été plus utile de répartir sur les 589 communes. Il n’est pas question de phénomène Nimby. Ce n’est pas un problème de personne mais de répartition", a-t-il indiqué.

"Je suis moi-même bourgmestre. Je comprends les inquiétudes", a répondu Theo Francken, qui a annoncé qu’une concertation aurait lieu avec tous les acteurs concernés avant la fin du mois.

92% d’occupation

L’opposition s’est aussi demandée pourquoi le gouvernement a choisi de supprimer des places si c’était pour les rouvrir peu de temps après. "Le démantèlement n’était-il pas prématuré?", a questionné Francis Delpérée, député cdH.

Theo Francken a rappelé que le gouvernement précédent avait fermé davantage de places (5.433) que l’actuel (2.000). "Jusqu’en avril, le taux d’occupation des centres d’accueil était de 70%. Ce n’est pas une situation optimale", a-t-il indiqué pour justifier les fermetures. En juillet, ce taux est grimpé à 92%.

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