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Les experts optent pour le F-35

©REUTERS

Exercice de transparence ce mercredi à la Chambre. Les experts encadrant la procédure de sélection du successeur du F-16 expliqueront pourquoi le F-35 l’emporte nettement sur l’Eurofighter Typhoon. Quant au Rafale, il est écarté.

Ce n’est plus un dossier, mais une saga. Dont voici les derniers rebondissements en date.

La rumeur circulait sous cape depuis quelques semaines. La succession des 54 chasseurs-bombardiers belges est une affaire pliée: le F-35 de Lockheed Martin devrait succéder au F-16 du même Lockheed Martin. Restait à trouver les arguments afin d’emballer, politiquement, le tout.

©AFP

Et pour ceux qui, afin de critiquer la décision du gouvernement fédéral, invoqueraient ce pauvre et délaissé marché européen de la défense, Michel a prévu une sorte de lot de compensation. Parce que l’achat de 34 nouveaux avions de combat n’est pas le seul marché militaire ouvert. Il est question de drones (226 millions d’euros), mais qui pourraient eux aussi être commandés auprès d’un groupe américain. De frégates et de chasseurs de mines (2,55 milliards). Ou encore de véhicules de combat pour les forces terrestres (1,11 milliard).

Et là, l’honneur est sauf, des constructeurs européens – français notamment – sont en lice. Ouf. Tout le monde ressort avec quelque chose, même si les États-Unis empochent le gros morceau.

Rumeur qui s’est retrouvée écrite par la presse en ce début de semaine. Et a, c’est le jeu, aussitôt rebondi à la Chambre, en commission de l’Intérieur, où le Premier ministre était interpellé. Qu’en ressort-il? Non, assure Charles Michel, aucune décision n’a encore été prise quant au successeur du F-16. Une confirmation, par contre. Les Américains ont répondu à la question belge posée début octobre. À quel point la date de péremption de leur offre – fixée au 14 octobre, soit le jour même des élections communales – était-elle inflexible? Aux premières menaces proférées par l’ambassadeur américain, voulant que prolongation rime avec dégradation des "conditions commerciales", une certaine souplesse a été préférée, puisque la date butoir est à présent fixée au 29 octobre, sans modification des termes.

Le jeu des sept critères

Enfin, si le couperet n’est pas encore tombé, ce n’est pas pour autant que Michel n’a pas avancé. Deux kerns se sont penchés sur cet épineux dossier ces dernières semaines. Le premier a pu prendre connaissance de la comparaison, effectuée par les experts suivant la procédure, des deux offres officiellement en lice, à savoir le F-35, mais aussi l’Eurofighter Typhoon. Qu’en ressort-il? Que dans ce match, le F-35 l’emporte sur toute la ligne des sept critères envisagés. En ce compris le prix, l’appareil se révélant finalement moins cher que prévu, à hauteur de quelque 600 millions d’euros – de quoi ramener le prix initial vers les 3 milliards et libérer autant pour, qui sait, de futurs marchés européens.

Dans ce match, le F-35 l’emporte sur toute la ligne des sept critères envisagés. En ce compris le prix.

Le second s’est penché sur les "retombées sociétales", nom pudique jeté sur les retombées économiques attendues. Surprise: ici aussi, toujours à en croire les experts, le F-35 ressort gagnant, pesant 100 millions de plus que son concurrent, porté par un consortium mêlant Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie. Tout bénéfice pour la Flandre, au détriment de la Wallonie? Michel balaie l’argument. Selon lui, les retombées économiques, si l’on prend la peine d’envisager l’ensemble des marchés militaires ouverts, sont réparties selon la clef de répartition traditionnelle belge: 60/40.

Quant à la proposition de partenariat français, introduite, au grand dam de Michel, en dehors de l’appel d’offres lancé par la Belgique, Charles Michel indique qu’elle a bel et bien fini dans une impasse. Car pour communiquer le prix de l’avion signé Dassault, la France demandait à la Belgique de parapher une clause de confidentialité. Ce qui n’a pas été fait, argumente le Premier, car cela aurait rendu caduque la procédure officielle lancée par le gouvernement. Rideau, donc, sur le Rafale. Qui est de toute façon isolé, commente-t-on dans les rangs de la majorité: des "partenaires" européens au sein de l’Otan, seule la France, forcément, a opté pour l’appareil français.

"Tissu de contre-vérités"

Autant d’arguments qui devraient être déballés – le plus possible en séance publique, à huis clos quand cela s’impose – ce mercredi après-midi à la Chambre, où sont convoquées les commission Défense et Économie. Militaires, Inspection économique, SPF Économie: les experts devraient se livrer, autant que faire se peut, à un exercice de transparence. Voulu par un Premier qui lance une contre-offensive sur-le-champ de la communication, explique-t-on dans les rangs de la majorité. Et dit en avoir assez du "tissu de contre-vérités" tressé par certains. "Des députés de l’opposition affirment que les dés sont pipés dès le départ? Une accusation grave. On imagine qu’ils sortiront des preuves afin d’étayer leurs propos."

Quant au gouvernement, il est probable qu’il entérine ce jeudi – officiellement cette fois – ce qui ressemble tout de même furieusement à un choix déjà arrêté. Même si Michel, fidèle à son habitude, "refuse de s’enfermer dans un calendrier". Le seul risque à laisser filer l’échéance du 29 octobre étant que les conditions américaines ne changent.

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