Les flexi-jobs en hausse de 35% en 2019

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Les flexi-jobs sont en hausse. Le nombre de pensionnés y ayant recours a notamment triplé en un an. Grâce à ce statut qui leur est ouvert depuis 2018, leur revenu net équivaut au brut.

Les flexi-jobs continuent à attirer. Et semblent même avoir plus que jamais le vent en poupe. Avec quelque 69.301 Belges employés en flexi-job fin 2019, la popularité de ce statut est en nette hausse. De 35% de plus en un an pour être exact, ressort-il de chiffres récents émanant du cabinet du ministre en charge de la lutte contre la fraude sociale, Philippe De Backer (Open Vld).

En fait, "2019 a de nouveau été une année record", s’est félicité le libéral, avant d’ajouter que le citoyen semble avoir "clairement trouvé le chemin vers ce statut, qui crée de l’emploi supplémentaire".

Engouement massif des pensionnés

Ce qui explique cette tendance marquée? L’engouement massif notamment des pensionnés, désireux d’arrondir leurs fins de mois. Ils étaient en effet 9.897 à avoir franchi le pas fin 2019, soit trois fois plus qu’en 2018.

Avec une autre réalité en toile de fond au passage: alors qu’en moyenne, une personne lambda qui occupe un flexi-job preste cinq heures par semaine, la moyenne atteint les sept heures hebdomadaires chez les retraités.

69.301
flexi-jobeurs
69.301 travailleurs ont recours au statut de flexi-job en Belgique fin 2019. Une hausse de quelque 35% par rapport à l’année précédente.

Ce qui les attire dans la formule? L’avantage de pouvoir gagner des revenus complémentaires – le salaire horaire d’un flexi-job peut être fixé librement de commun accord, mais doit être de 10,08 euros minimum –, pour lesquels le brut équivaut au net. Et pour cause, le retraité ne paie ni précompte professionnel, ni cotisations sociales, quand sa rémunération n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu et ne doit pas être reprise dans sa déclaration d’impôt. Par ailleurs, l’employeur paie, lui, des cotisations patronales à taux réduit, de 25%.

Avec toutefois une condition. Seuls les pensionnés qui ont au moins 65 ans ou une carrière complète de 45 années peuvent gagner autant qu’ils veulent. Tous les autres pensionnés doivent respecter un plafond, sous peine de voir leur pension légale rabotée, voire même suspendue.

Cette popularité grandissante avalise en quelque sorte la décision prise début 2018 d’élargir le statut des flexi-jobs aux pensionnés, ainsi qu’à plusieurs petits secteurs commerciaux.

Pour ce qui concerne les retraités, ce changement a supprimé l’obligation de fournir la preuve d’une activité principale pour avoir accès à ces petits boulots. La pension étant dès lors considérée comme un statut social à part entière, dans le cadre duquel des cotisations ont été payées au cours de la carrière professionnelle dans une mesure suffisante.

Quatre ans de service

Pour rappel, les flexi-jobs avaient été introduits fin 2015 dans l’horeca. Avec un objectif clair: lutter contre le travail au noir. Le système décidé par le gouvernement Michel I instituait dès lors la possibilité pour les travailleurs déjà occupés au minimum à 4/5e temps de prester des activités complémentaires à des conditions avantageuses – soit un salaire net jamais inférieur au minimum légal, exonéré d’impôts pour le travailleur et assorti d’une cotisation spéciale de sécurité sociale de 25%.

Aujourd’hui, trois quarts des flexi-jobs sont prestés durant le week-end.

Un mesure qui a fait mouche. Aujourd’hui, trois quarts des flexi-jobs sont prestés durant le week-end. Pour Philippe De Backer, le statut sert l’objectif qui lui avait été assigné à son lancement: répondre aux pics d’activité dans l’horeca (45.500 flexi-jobeurs) et dans le commerce (12.768, soit + 86% en un an).

Et si tout le monde n’est pas aussi positif – le système ayant notamment été fortement critiqué par les syndicats, qui estiment qu’il mine la sécurité sociale –, le ministre libéral flamand glisse qu’il verrait d’un bon œil son extension à d’autres secteurs, comme la construction ou les taxis, et souligne que les flexi-jobs ont contribué à la sécurité sociale à hauteur de quelque 30 millions d’euros.

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