Les francophones et l'extrême-droite, une posture morale qui passe mal en Flandre

Dries Van Langenhove et Tom Van Grieken à la Chambre ce jeudi ©Photo News

Le ton francophone vis-à-vis de l'extrême-droite flamande agace au nord du pays.

L’épisode de l’assistance avortée du jeune Dries Van Langenhove à la présidence de la Chambre de ce jeudi et, plus globalement, le renforcement du Vlaams Belang au sein de l’assemblée fédérale a mis en lumière une différence de sensibilité, d’appréhension même, de l’extrême droite entre les deux principales communautés du pays. Côté francophone, à gauche comme à droite, l’abhorration est ostensible. Un rejet qui se doit d’être exprimé avec véhémence. Les valeurs véhiculées par l’extrême droite sont l’antithèse des idéaux socialistes et libéraux. Et de la vision inclusive et multiculturelle de la société prônée par les mouvements écologiste ou social-chrétien. Voilà pour les portes ouvertes.

Indépendants de l’électorat flamand, les partis francophones ont donc quelques bonnes raisons de se lâcher sans retenue. Quitte à ajouter de l’eau au moulin des extrémistes et nourrir la publicité qui est faite à leurs élus.

L’assise électorale des partis francophones prend racine dans des communautés systématiquement stigmatisées par l’extrême droite. Quand ce n’est pas l’épouvantail wallon qui est jeté en pâture à l’opinion publique comme le boulet enchaîné au pied du développement flamand. Indépendants de l’électorat flamand, les partis francophones ont donc quelques bonnes raisons de se lâcher sans retenue. Quitte à ajouter de l’eau au moulin des extrémistes et nourrir la publicité qui est faite à leurs élus.

La rhétorique est tout autre côté néerlandophone où il n’a échappé à personne qu’un Vlaams Belang rajeuni et habile en campagne est venu puiser dans les réservoirs électoraux des uns et des autres. Il n’est donc pas aussi facile pour les partis politiques du nord de cracher sur des élus soutenus par près de 20% des électeurs. Que dire de la N-VA dont l’étanchéité avec les sphères flamingantes proches de l’extrême droite n’est pas l’évidence même. Le cordon sanitaire médiatique n’existe pas en Flandre alors que le formateur Bart De Wever enchaîne les tours de consultation avec Tom Van Grieken.

Et puis le ton francophone agace, comme l’ont récemment exprimé Rik Torfs (CD&V) et les représentants du mouvement flamand. La condamnation de l’extrême droite et, en filigrane, de la complaisance de la société flamande à l’égard de ses idées nauséabondes, est vécue comme une insupportable leçon de morale. Une posture francophone immaculée toisant une attitude flamande tachée de brun.

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