Les hôpitaux prêts à affronter une résurgence de l'épidémie

Les centres hospitaliers ne sont pas sur le pied de guerre, mais les préparatifs en vue d'une éventuelle deuxième vague vont bon train. ©BELGA

Dans les hôpitaux du pays, prudence et prévoyance dominent. Toutes les dispositions sont actuellement prises pour affronter une éventuelle flambée de l'épidémie.

Avec un peu plus de 200 personnes souffrant du Covid-19 hospitalisées, dont une cinquantaine en soins intensifs, la situation dans les centres hospitaliers belges est pour l'instant sous contrôle. Pour autant, pas question de baisser la garde. Les près de 6.000 hospitalisations simultanées enregistrées au pic de la crise en avril dernier restent bien ancrées dans la mémoire des acteurs. Espérer le meilleur et se préparer au pire, c'est un peu la philosophie qui domine.

Stock stratégique

Alors que la première vague a contraint les hôpitaux à agir dans l'urgence, ils peuvent cette fois anticiper, ce qui n'est certainement pas un luxe.

"Un stock de matériel a été constitué. Il permettra de disposer de trois mois de mou en cas de besoin."
Sylvain Bayet
Chargé de communication des Cliniques Universitaires Saint-Luc

Aux cliniques universitaires Saint-Luc, des réunions hebdomadaires se tiennent afin de surveiller l'évolution de l'épidémie et examiner les besoins logistiques. "Un stock de matériel a été constitué. Il permettra de disposer de trois mois de mou en cas de besoin", explique leur chargé de communication, Sylvain Bayet.

Même son de cloche à Érasme (ULB), où du matériel en suffisance a été prévu. Attention toutefois, ces stocks ne seront pas "infinis", souligne Jean-Christophe Goffard, responsable des unités Covid de l'hôpital. "Il faut prendre garde car les protections et certains médicaments sont aujourd'hui vendus à des prix prohibitifs, notamment du fait de la crise qui est en cours aux États-Unis. Si une deuxième vague survient, s'en procurer certains risque d'être particulièrement compliqué", prévient-il.

"Les protections et certains médicaments sont aujourd'hui vendus à des prix prohibitifs, notamment du fait de la crise qui est en cours aux États-Unis."
Jean-Christophe Goffard
Chef du service de médecine interne à l'hôpital Erasme

Lits en suffisance

Au-delà du matériel, les hôpitaux que nous avons contactés assurent tous disposer de lits en suffisance si la situation sanitaire devait se dégrader.

"On a toujours une petite soixantaine de lits prévus pour les Covid, mais un seul est occupé pour l'instant", nous explique Antoine Gruselin, porte-parole du CHR Citadelle à Liège. "Comme certains services fonctionnent au ralenti pendant la période estivale, on pourrait sans problème regrouper des salles et du personnel en cas de résurgence rapide."

Du côté d'Erasme, des lits sont aussi réservés. "Nous en avons 12 en unité de soins intensifs, mais nous pouvons faire passer cette capacité à 48 sans délai", assure Jean-Christophe Goffard. A ses yeux, la gestion potentielle d'un nouveau pic pourrait toutefois être périlleuse, notamment s'il faut dans le même temps poursuivre l'activité hospitalière habituelle.

Et le personnel?

Soumis à rude épreuve lors de la première vague, les soignants sont-ils prêts à encaisser une nouvelle flambée de l'épidémie? "On fait globalement le plus beau métier du monde. Notre motivation est dans ce qu'on apporte aux autres. Même crevé, notre personnel s'arrangera", affirme Jean-Christophe Goffard.

Au CHR de la Citadelle, les équipes ont été poussées ces dernières semaines à prendre un maximum de récupérations et de congés afin de se ressourcer. "Certains médecins sont revenus de trois semaines de vacances, mais avec leurs batteries à peine rechargées, tellement la crise fut éprouvante", reconnaît toutefois Antoine Gruselin.

"On a le matériel, les lits, les gens, mais une deuxième vague serait quand même catastrophique. Chacun doit donc tout faire pour éviter qu'on en arrive là", ajoute-t-il.

"Le dépistage ne doit pas devenir un Dafalgan post-fiesta."
Antoine Gruselin
Porte-parole du CHR Citadelle

Dans cet ordre d'idées, au CHR, on rappelle que le dépistage, qui fait partie des armes contre le virus, ne doit en aucun cas devenir un "Dafalgan post-fiesta".

"Notre labo doit être réservé à ceux qui ont des symptômes, ceux qui reviennent de zones à risque ou ceux qui doivent partir à l'étranger", insiste-t-on. Environ 400 personnes sont testées chaque jour dans cet hôpital liégeois.

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