Les indexations gelées, jusqu'à quand?

Les améliorations méthodologiques doivent garantir que l'indice des prix à la consommation mesure l'inflation de manière précise. Certains produits ont ainsi disparu du panier de l'indice... ©ANP

Patrons et syndicats ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la fixation du nouvel indice. Certains salaires pourraient dès lors ne pas être indexés à la date prévue. Complications en vue!

L’indice des prix du mois de janvier n’a pas pu être publié le 30 janvier comme prévu. En cause: un différend entre patrons et syndicats réunis au sein du Conseil national du Travail (CNT).

Le nouvel indice des prix à la consommation se veut un meilleur outil de mesure de l’inflation, grâce à une nouvelle méthode de calcul et à une composition actualisée du panier de l’indice. Les améliorations méthodologiques doivent garantir que l’indice des prix à la consommation continue de mesurer l’inflation de manière précise.

A savoir

En ce qui concerne le panier de l’indice, certains produits moins actuels ont disparu du panier de l’indice (le lecteur de DVD, le guide de voyage, les CD, etc.) tandis que d’autres y ont été ajoutés (le lecteur blu-ray, le parking, le car wash, etc.). Ces modifications permettent au panier de l’indice de coller davantage au mode de consommation actuel.

Une fois ces modifications apportées, le SPF Économie sera en mesure de publier un nouvel indice qui servira de base 100. Vu le blocage au CNT, le Groupe des Dix a pris le relais pour tenter de débloquer le dossier.

 

• Où est-ce que cela coince?

La question est relativement technique. Pour passer de l’ancien au nouvel indice, il faut utiliser un "coefficient d’adaptation". Le coefficient préconisé par les syndicats a pour résultat d’accélérer l’inflation, tandis que celui exigé par les patrons aura pour effet de ralentir la hausse des prix afin de retarder le plus possible l’indexation des salaires.

Attention, il s’agit de différences infinitésimales, de l’ordre du dixième voire du centième de pour-cent. "Mais appliquée à l’ensemble de la masse salariale, la différence peut rapidement atteindre des dizaines voire des centaines de millions d’euros", indique une source proche de la négociation.

L’indice d’adaptation doit être fixé par convention collective entre les partenaires sociaux. Au cabinet du ministre de l’Économie Johan Vande Lanotte, on confirmait l’absence d’indice et le différend entre patrons et syndicats. Or en cas de blocage, le SPF Économie n’est pas habilité pour trancher.

 

Quand avancera-t-on enfin?

Mercredi en milieu d’après-midi, les syndicats ont demandé une interruption de séance pour se concerter. Après quoi, ils sont revenus à la table des négociations. Faute d'accord en soirée, les négociations reprendront la semaine prochaine.


• Quelles conséquences?

À court terme, un tel blocage n’est pas dramatique, mais s’il perdure, cela peut devenir embêtant. Les salaires pourraient ne pas être indexés à temps. Impossible également d’indexer les loyers, les rentes alimentaires ou les allocations sociales par exemple.

 

• Que faire, faute d'accord?

Faute d’un nouvel indice, on devra se rabattre sur celui du mois de décembre 2013, mais avec le risque de devoir corriger le tir lorsque le nouvel indice sera publié. Pour prévenir de tels problèmes, il faudrait que les partenaires sociaux se mettent d’accord pour ce vendredi au plus tard.

Au-delà de la technicité du dossier, ce blocage est également indicatif du climat tendu qui règne entre les partenaires sociaux depuis la difficile négociation du statut unique entre ouvriers et employés.

Mercredi encore, des discussions auront eu lieu au sein du Groupe des Dix à propos des modalités de licenciement prévues par le nouveau statut unique. Là aussi, le débat fut très laborieux.

 

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