Les investisseurs ont rapporté 3,8 milliards d’euros au Trésor

Le regain en popularité des investissements boursiers a fait grimper de 40% le "rendement" de la taxe de bourse en 2020. ©Photo News

La taxe de bourse a rapporté un montant record en 2020, mais les recettes tirées du précompte mobilier ont diminué.

L’an dernier, les investisseurs ont payé à l’État, sous la forme du précompte mobilier, de la taxe de bourse et de la taxe sur les comptes-titres, plus de 3,8 milliards d’euros, selon les chiffres du SPF Finances.

Le regain en popularité des investissements boursiers a fait grimper de 40% le "rendement" de la taxe de bourse qui affiche ainsi, en 2020, le montant record de 408 millions d’euros. Ces recettes sont supérieures au précédent record qui remonte à l’année 2000 qui avait vu l’éclatement de la bulle boursière des actions internet.

33,5%
Le nombre de transactions en actions belges a progressé en 2020 de 33,5%, selon les chiffres d’Euronext.

Les investisseurs particuliers doivent payer la taxe de bourse lorsqu’ils achètent ou vendent des actions ou des obligations et lorsqu’ils vendent des fonds d’investissement qui ne distribuent pas de dividende.

Effet corona

Le nombre de transactions en actions belges a progressé en 2020 de 33,5%, selon les chiffres d’Euronext. Les courtiers en ligne comme Bolero, Binck Bank et Keytrade signalent aussi que le nombre de transactions de leurs clients a fortement augmenté. Non seulement pour les actions individuelles, mais également pour les fonds de placement comme les trackers, à savoir des fonds cotés qui, généralement, répliquent un indice d’actions/obligations ou une matière première.

De nombreux investisseurs ont vu dans la chute des cours en mars comme une opportunité d’achat. Ils avaient également plus de temps et d’argent à y consacrer en raison du télétravail obligatoire et de la fermeture des magasins non essentiels.

Moins de précompte mobilier

Le rendement supérieur de la taxe de bourse par rapport au montant récolté en 2000 s’explique cependant aussi par les augmentations successives des taux d’imposition décidées sous les deux gouvernements précédents. La taxe de bourse pour les actions, les obligations et les fonds a ainsi pratiquement doublé depuis 2011.

17%
Le montant du précompte mobilier récolté en 2020 a chuté de 17% à 3,4 milliards d’euros.

Le Trésor a reçu cependant moins de recettes en provenance du précompte mobilier: l’an dernier, le montant récolté a chuté de 17% à 3,4 milliards d’euros. En cause: principalement, les moindres dividendes distribués par les entreprises. Nombre d’entre elles les ont réduits par précaution, en raison de la dégradation des perspectives due à la crise sanitaire. Les banques ont également supprimé le versement d’un dividende à la demande de la Banque nationale (BNB). L’autorité de contrôle entendait ainsi renforcer le matelas de capitaux des banques.

Le précompte mobilier sur les produits à rendement fixe a également moins rapporté au Trésor. Les ménages investissent moins que jadis en obligations et bons de caisse et placent moins d’argent sur des comptes à terme, parce que les taux d’intérêt à long terme sont à un niveau plancher. Les montants placés sur les livrets d’épargne atteignent certes un montant record, mais les intérêts payés sont exonérés de précompte mobilier jusqu’à 980 euros.

Reprise du versement des dividendes

La taxe sur les comptes-titres (première version) qui a été invalidée à la fin de 2019 a encore permis au Trésor de glaner en 2020 un petit 30 millions d’euros. Cela vise les recettes des déclarations des contribuables auprès desquels les banques n’avaient pas retenu la taxe.

Le gouvernement fédéral prévoit que les investisseurs paieront à nouveau plus d’impôts en 2021, comme le montre le budget de l’État.

Pris ensemble, la taxe de bourse, le précompte mobilier et la taxe sur les comptes-titres ont rapporté près de 800 millions d’euros de moins qu’en 2019.

Mais le gouvernement fédéral prévoit que les investisseurs paieront à nouveau plus d’impôts en 2021, comme le montre le budget de l’État. Il compte sur 3,9 milliards d’euros de précompte mobilier à la faveur d’une reprise partielle du versement des dividendes. La taxe sur les comptes-titres (seconde version) doit rapporter pour sa part 398 millions d’euros. Quant aux recettes tirées de la taxe de bourse, elles dépendront du climat boursier et du comportement des investisseurs.

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