Les libéraux flamands n'écartent pas encore la N-VA au Fédéral

Alexander De Croo n'exclut pas la possibilité de former un gouvernement fédéral avec la N-VA, même si d'autres libéraux flamands estiment que le parti nationaliste s'est lui-même mis hors-jeu. ©Dieter Telemans

Pour Alexander De Croo, "toutes les pistes sont encore ouvertes" en vue de former un gouvernement fédéral. Mais le chef de file de l'Open Vld ne semble pas prêt d'abandonner la N-VA, contrairement à ce que pensent d'autres grands noms du parti libéral flamand.

Le vice-Premier ministre Open Vld Alexander De Croo a quelque peu relativisé, ce lundi sur la VRT radio, les propos du ministre libéral flamand Bart Somers qui laissaient entrevoir la possibilité d'une formation d'un gouvernement fédéral sans la N-VA. Interrogé dimanche sur VTM, Bart Somers avait jugé évident que la N-VA ne souhaitait pas participer à un exécutif fédéral, semblant ainsi préconiser par élimination une majorité arc-en-ciel (socialistes, libéraux et écologistes), que d'aucuns verraient éventuellement complétée par une formation centriste (CD&V et/ou cdH). 

Même si Alexander De Croo n'a pas démenti les propos de son collègue de parti, il a clairement mis en doute l'hypothèse d'un attelage fédéral sans les nationalistes flamands. "Bart Somers n'a fait que répéter ce qu'il a entendu venant de gens de la N-VA", a commenté le ministre De Croo, écartant à ce stade des négociations un gouvernement arc-en-ciel, sans la N-VA.

"J'ai entendu Bart Somers répéter ce qu'un certain nombre de membres de la N-VA disent eux-mêmes, du style 'il est temps de revendre vos actions jaune-violette' (les couleurs d'une alliance 'bourguignonne' entre nationalistes flamands, socialistes et libéraux, NDLR). Somers a répété ce qu'il a entendu, rien de plus", a encore indiqué Alexander De Croo. De là à dire que les libéraux flamands ouvrent la porte à l'arc-en-ciel, "c'est votre conclusion, pas la mienne", a ajouté le chef de file gouvernemental de l'Open Vld, parfois cité comme Premier-ministrable.

Magnette attendu chez le Roi ce lundi

©Tim Dirven

Ces propos interviennent alors que le socialiste Paul Magnette, nommé informateur le 5 novembre dernier, est attendu chez le Roi ce lundi. 

Les informateurs précédents, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), avaient progressivement réduit leurs discussions à six partis (socialistes, libéraux, CD&V et N-VA). Les préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA) avaient consulté les écologistes en plus des six partis. Paul Magnette a pris sa mission en étendant la liste des partis consultés à dix formations, c'est-à-dire avec DéFI et surtout le cdH en plus. Le parti de Maxime Prévot, qui avait opté pour l'opposition après le scrutin du 26 mai, a fait une courbe rentrante ces derniers jours et n'exclut plus une participation au gouvernement. 

Paul Magnette ne cherche pas particulièrement à constituer une prochaine coalition, mais à trouver un consensus avec différentes formations autour de plusieurs thèmes, comme le taux d'activité, la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté, la justice et la sécurité, la transition climatique, l'immigration et la modernisation de l'État. Le Roi avait prolongé la mission de Paul Magnette la semaine dernière. 

Quelle sera la suite des événements?

À ce stade, l'hypothèse la plus probable est une prolongation de la mission du président du PS. Cela lui permettra d'approfondir encore les convergences programmatiques déjà esquissées. Mais cela permet surtout de gagner du temps.

La question fondamentale reste de savoir si l'Open VLD et le CD&V vont accepter de participer à une (tentative de) formation fédérale, sans la N-VA, par ailleurs leur partenaire de coalition en Flandre. Cela permettrait de lancer une coalition "arc-en-ciel" élargie aux démocrates-chrétiens, laquelle présenterait le défaut de ne pas recueillir de majorité dans le groupe linguistique flamand à la Chambre.

Les deux partis flamands ont envoyé des signaux contradictoires ces derniers jours et le débat en leur sein y est clairement ouvert. Mais il semble encore un peu tôt pour que la décision soit tranchée. Un autre élément accrédite la thèse d'une temporisation: des élections présidentielles sont en cours au MR et surtout au CD&V et il semblerait logique d'attendre que ces deux partis soient en ordre de bataille pour lancer des négociations de coalition.

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