Les libéraux seront-ils la clef du problème?

Albert II poursuit ce lundi ses consultations des présidents de partis, recevant notamment Didier Reynders (MR). Mais les débats télévisés dominicaux ont une fois de plus montré qu'un fossé gigantesque sépare Flamands et francophones.

Le Roi reçoit Caroline Gennez (sp.a), Wouter Beke (CD&V) et Didier Reynders (MR) à Laeken ce lundi.

Après l'échec de la mission du conciliateur Johan Vande Lanotte, le Palais a en effet décidé d'entreprendre une nouvelle série de consultations. Pour la première fois depuis 7 mois, les libéraux sont également invités. Depuis la première série de consultations au lendemain des élections, les libéraux n'avaient  plus été invités au Palais.

La semaine dernière, Albert IIavait reçu les présidents de Groen! et d'Ecolo, Wouter Van Besien et Jean-Michel Javaux, ainsi que la présidente du cdH Joëlle Milquet et le président de l'Open Vld Alexander De Croo. Difficile de dire si le retour des libéraux au Palais donnera l'impulsion nécessaire pour sortir de l'impasse actuelle.

Débats tendus

Ce week-end, les débats télévisés ont confirmé la tension extrême entre les partis flamands et francophones. Le CD&V a ainsi été vivement critiqué par les francophones.

Danny Pieters (N-VA) et Stefaan De Clerck (CD&V) ont répété leur scepticisme face à la proposition du président du PS, Elio Di Rupo, de former un gouvernement d'union nationale, mais ils n'ont pas avancé de proposition alternative.

Pour Jean-Marc Nollet (Ecolo), "des élections ne suffiront pas", parce qu'elles "enverront un signal que chacun interprétera différemment". Il propose dès lors une consultation populaire sur la séparation du pays, une idée vigoureusement rejetée par Guy Vanhengel (Open Vld) et Danny Pieters (N-VA).

Laurette Onkelinx (PS) n'a pas caché son irritation face à ses interlocuteurs de la N-VA et du CD&V. A Stefaan De Clerck, elle a lancé: "Parlez pour le CD&V, plutôt que de vous cacher derrière les autres. Le CD&V est devenu l'ombre de ce qu'il était".

Stefaan De Clerck a rétorqué que la position des chrétiens-démocrates était identique à celle des nationalistes sur le plan communautaire. Il a appelé les francophones à respecter le vote démocratique exprimé en Flandre.

CD&V et N-VA ont aussi été pris à partie par plusieurs intervenants sur leurs récentes suggestions de réformer la sécurité sociale. Interrogé sur le sujet, M. De Clerck est resté imprécis. Il a aussi refusé de clarifier la position de son parti sur l'existence de Bruxelles en tant que région.


Le président de la N-VA, Bart De Wever, a indiqué dimanche, dans l'émission De Zevende Dag (Een), être prêt à prendre une initiative pour sortir de la crise politique. Il s'entretiendra avec plusieurs autres responsables politiques, notamment Elio Di Rupo, avant d'être reçu par le Roi.

Bart De Wever a répété son peu d'enthousiasme face à la proposition du président du PS de former un gouvernement d'union nationale. Une telle formule serait "le plus mauvais gouvernement imaginable", selon lui. Il a aussi rejeté la proposition alternative du PS, consistant à élargir le gouvernement démissionnaire actuel en conduisant une réforme partielle de l'Etat. Ce scénario lui rappelle 2007 "et les cacahuètes d'alors qui n'ont jamais été sur la table".

M. De Wever se dit prêt à prendre une initiative, mais souhaite rester discret. Il affirme toujours croire à une solution, mais précise que "c'est le Palais qui décide".

Le président de la N-VA s'est déclaré opposé à de nouvelles élections, jugeant que le gouvernement actuel peut prendre toutes les mesures nécessaires. Le parti est prêt à soutenir l'équipe Leterme au Parlement. Un nouveau scrutin pourrait en outre compliquer encore les choses, selon lui.

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