Les négociations interprofessionnelles débutent en mode mineur

En 2017, les partenaires sociaux étaient parvenus à conclure un AIP. ©Photo News

Employeurs et syndicats ont entamé, sous le sceau de la discrétion, leurs négociations en vue d'aboutir à un accord interprofessionnel pour les deux prochaines années.

Silence radio... Les interlocuteurs sociaux du Groupe des dix s'étaient passé le mot lundi pour ne rien dévoiler de leurs premières discussions formelles en vue d'aboutir à un accord interprofessionnel (AIP 2021-2022). "Nous voulons laisser toutes les chances à la négociation", s’est-on vu répondre à quasi chacun de nos appels.

"Personne n'a claqué la porte, c'est déjà un élément positif."
Une source proche des discussions

En grattant un peu, on apprendra tout au plus que ce premier échange n'a duré qu'environ deux heures et demie. "Personne n'a claqué la porte, c'est déjà un élément positif", nous glisse une source proche des discussions. Pour autant, les désaccords entre les deux bancs semblent encore loin d'être aplanis. "Le travail se poursuit. Une nouvelle rencontre a été confirmée pour mercredi à midi", affirme une autre source.

De quoi a-t-il été question lors de cette première réunion? La répartition de l'enveloppe bien-être, bloquée depuis septembre, ainsi que l'évolution des salaires ont été abordées. Nous n'en saurons pas plus...

0,4%
Marge salariale maximale
Si la Belgique veut rester compétitive, le Conseil central de l'économie estime que les salaires ne devraient pas y augmenter de plus de 0,4% au cours des deux prochaines années.

Marge impérative ou indicative?

Pour rappel, les syndicats refusent depuis jeudi dernier de souscrire à la marge maximale d’évolution des salaires, fixée à 0,4% par le Conseil central de l'économie. D’après eux, ce chiffre, qui a été obtenu via le "logiciel truqué" de la loi de 1996, ne peut pas être pris au pied de la lettre dans les circonstances actuelles. Arguant que certains secteurs ont mieux résisté que d’autres pendant la crise, les représentants des travailleurs insistent pour que cette marge ne soit pas contraignante, mais indicative.

Le banc patronal ne l’entend vraisemblablement pas de cette oreille. Son argument: la marge a été déterminée en se basant sur les critères prévus par la Loi et il convient de la respecter. Par ailleurs, il martèle que la situation économique est telle que même cette marge limitée ne sera pas atteignable dans tous les secteurs.

Terrain miné pour la Vivaldi

Les positions des deux camps évolueront-elles significativement d'ici mercredi? Cela semble peu probable. La tension entre partenaires pourrait cependant grimper d'un cran d'ici là, d'autant plus si des actions syndicales sont lancées. En Flandre, la centrale chrétienne ACV Puls a déjà prévenu: elle mènera des actions dans le secteur de la distribution si la marge "inacceptable" de 0,4% est maintenue.

En cas d’échec des pourparlers entre interlocuteurs sociaux, le dossier atterrira dans les mains du gouvernement. Entre des socialistes plutôt favorables à une amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs et des libéraux soucieux de protéger les entreprises, le dossier pourrait rapidement faire des étincelles.

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