Les négociations salariales n'aboutiront pas

Les syndicats affirment avoir constaté que la distance les séparant des employeurs restait trop importante lors d'une réunion du Groupe des Dix. ©Photo News

Les négociations sur les salaires au sein du Groupe des Dix (G10) n'aboutiront plus. Les syndicats renoncent aux pourparlers avec le banc patronal, au grand regret de ce dernier.

Il n'y aura pas d'accord entre partenaires sociaux sur les salaires pour le 1er mai. Après la FGTB, la CSC et la CGSLB ont jugé mardi les négociations avec le banc patronal vouées à l'échec. "Il est impensable que nous parvenions à un compromis sur les salaires dans les prochaines 48 heures, tant le fossé avec les employeurs est important", a résumé le président du syndicat socialiste, Thierry Bodson.

"Il est impensable que nous parvenions à un compromis sur les salaires dans les prochaines 48 heures."
Thierry Bodson
Président de la FGTB

Rembobinons un peu... Après s'être entendus sur la répartition de l'enveloppe bien-être en début de semaine dernière, les partenaires sociaux avaient repris mercredi leurs discussions sur les salaires. Après quelques réunions, les syndicats affirment toutefois avoir constaté que la distance les séparant des employeurs restait immense.

Douche froide

Selon eux, le patronat a posé des conditions inacceptables à l’octroi de primes Corona, réclamant notamment que celles-ci ne puissent être offertes que dans les sociétés ayant connu une hausse de leur chiffre d'affaires de 20 à 30% en 2020. En front commun, les syndicats ont donc décidé de retirer la prise. "Nous n'avons pas d'accord clair sur l'évolution des salaires et on n'y arrivera pas", a précisé la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.

"Nous ne pouvions pas accepter de signer un chèque en blanc aux syndicats."
Pieter Timmermans
Administrateur délégué de la FEB

Côté patronal, on ne cachait pas une énorme déception après cette annonce. "Dès le lendemain de l'accord sur l'enveloppe bien-être, les syndicats ont fait fi de la note de base que nous avait soumise le gouvernement. Nonobstant cela, nous avons essayé de trouver des solutions, mais nous ne pouvions accepter de leur signer un chèque en blanc", a commenté l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans.

À l'entendre, les représentants des travailleurs ont exigé lundi des assouplissements sur les prépensions, mais aussi une promesse de revalorisation du salaire minimum, pour poursuivre les discussions, ce qui n'était pourtant pas prévu dans la note de base. "Pour nous, ce fut une véritable douche froide. On s'est demandé à quoi jouaient les syndicats", poursuit-il. Un avis partagé par les autres membres du banc patronal.

La balle dans le camp de la Vivaldi

Bien qu'ils s'opposent sur quasi tout, syndicats et employeurs s'entendent aujourd'hui sur un point: il est temps que le gouvernement reprenne la main sur la question salariale.

Principal intéressé, le ministre de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), ne semble cependant pas pressé de saisir la balle. "Je caresse toujours l'espoir - de plus en plus ténu, je le reconnais - qu'un accord soit possible", a-t-il indiqué à la Chambre. À son cabinet, on insiste: "Le délai du 1er mai pour parvenir à un accord tient toujours."

"Je caresse toujours l'espoir - de plus en plus ténu, je le reconnais - qu'un accord soit possible"
Pierre-Yves Dermagne
Ministre de l'Economie et du Travail

Une fois cette date passée, le socialiste ne pourra plus jouer la montre. Bien que la note de base prévoie la fixation de la norme à 0,4% en cas d'échec de la concertation sociale, il a récemment laissé entendre qu'il ne craignait pas de mener un débat sur cette question au sein du gouvernement. Reste à voir l'accueil que lui réserveront ses partenaires de coalition...

Chez les interlocuteus sociaux, on attend en tout cas rapidement de la clarté en provenance de la Vivaldi sur la norme. "Il faut en finir avec la saga du 'oui, non, peut-être' sur les salaires. Cela nous permettrait d'aborder dans la sérénité d'autres dossiers à partir du mois de mai", a précisé Pieter Timmermans. Un avis partagé dans les rangs syndicaux. "Nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord sur la norme salariale mais les discussions sur les autres dossiers, comme la question des fins de carrière par exemple, ne sont pas rompues", a insisté Marie-Hélène Ska.

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