Les partis de la coalition arc-en-ciel se sont réunis en secret

Paul Magnette essaie d'effectuer une percée. ©Photo News

Ce samedi, les partis de la coalition arc-en-ciel se sont réunis en secret, sans la N-VA ni le CD&V, a appris De Tijd. Des bureaux de parti sont au programme ce lundi matin.

Nos Collègues de De Tijd ont reçu la confirmation de sources au sein de plusieurs partis que les familles politiques arc-en-ciel (PS, sp.a, MR, Open Vld, Groen et Ecolo) se sont réunies en secret samedi à l'invitation de l'informateur Paul Magnette. N-VA et CD&V n'étaient pas invités. La réunion était organisée afin de voir s'il y avait suffisamment de confiance pour continuer. Mais, il était également question de rédiger un projet de texte, qui serait ensuite présenté au CD&V et à la N-VA la semaine prochaine. Le rejet de cette note pourrait être un momentum pour passer avec cette coalition, à moins qu'un des partis trouve la majorité trop serrée.

Si Magnette réussit à faire monter les libéraux flamands à bord, il pourra en principe terminer, la semaine prochaine, la mission qui lui avait été confiée par le Roi. Ce dernier pourra ensuite envoyer un formateur sur le terrain pour un gouvernement arc-en-ciel avec une majorité serrée: 76 sièges sur 150 pour le PS, sp.a, MR, Open Vld, Groen et EcoloAjoutez le cdH et Défi et vous arrivez à 83. Du côté flamand, un tel gouvernement représente à peine un électeur sur trois.

Que vont faire le CD&V et l'Open Vld?

Dans le meilleur scénario pour Magnette, le CD&V monte également à bord, mais les démocrates chrétiens flamands ne veulent pas pour le moment. À la fois sur RTL et sur VTM News, le négociateur en chef CD&V Koen Geens s'est fortement opposé dimanche à l'idée d'une coalition arc-en-ciel. "Les francophones doivent comprendre que la N-VA en Flandre est aussi incontournable que le PS en Belgique francophone", explique Geens. Le CD&V a toujours le sentiment que la N-VA souhaite aller au fédéral, mais ils semblent de plus en plus isolés. La question est de savoir si Magnette compte toujours sur le CD&V

On a du mal à croire que la base de l'Open Vld suivra sans réagir cette folie qui ne représente qu'un Flamand sur 3, donc une minorité dans la Région qui paie la majeure partie de l'addition.
Bart De Wever
président de la N-VA

Une autre question reste de savoir si l'Open Vld ne va pas virer de bord. De plus en plus de grands partis sont persuadés que former un gouvernement arc-en-ciel est loin d'être évident, mais offre toujours plus d'opportunités que de s'asseoir dans l'opposition aux côtés de la N-VA et du Vlaams Belang. Le camp dirigé par Vincent Van Quickenborne préconise toujours la bourguignonne, mais le bourgmestre de Courtrai semble être de plus en plus isolé. En fait, il faudrait surtout savoir de quel côté le vice-Premier ministre et homme fort Alexander De Croo fera basculer les libéraux.

Après la divulgation de la tenue d'une réunion secrète samedi, l'Open Vld a confirmé l'existence de la rencontre: "Les libéraux font partie de la solution, pas d'un blocage inutile", a-t-on entendu. "Il est normal que les questions soient testées lors d'une session d'information. Il doit s'agir de contenu et, avec le MR, nous exposons la vision libérale. Ceux qui ne parlent pas ne peuvent pas écouter et ne peuvent pas trouver de solutions".

Bart De Wever fulmine

Le président de la N-VA Bart De Wever n'a pas du tout apprécié l'initiative de Paul Magnette. Il a estimé que ce dernier "s'est autoproclamé formateur" et regretté que "les partis de l'arc-en-ciel l'ont suivi". "Étant donné les propositions exécrables  du PS dans les matières socio-économiques et en termes de migration, il me paraît étrange que les libéraux aient embrayé aussi rapidement", a ajouté le président du parti nationaliste flamand.

"Visiblement, l'Open Vld envisage de faire payer des milliards aux Flamands, de mettre sous pression l'emploi et les entreprises et d'ouvrir le robinet de l'immigration. On a du mal à croire que la base de ce parti suivra sans réagir cette folie qui ne représente qu'un Flamand sur 3, donc une minorité dans la Région qui paie la majeure partie de l'addition", a encore taclé Bart De Wever en réaffirmant, par ailleurs, que son parti "est prêt à prendre l'initiative pour donner forme à la politique dont la Belgique a besoin".

Du côté du CD&V, on n'a pas du tout apprécié, non plus. Sammy Mahdi, candidat à la présidence de CD&V, a parlé de conversations secrètes "irrespectueuses". Koen Geens, quant à lui, a estimé que "les deux plus grands partis doivent être impliqués dans la formation du gouvernement. Ceci est important pour la stabilité du pays et du gouvernement flamand."  

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect