Les partis se préparent doucement à des élections anticipées

Sabine Laruelle et Patrick Dewael ont été nommés par le Palais pour éviter des élections anticipées.

Dans les états-majors, on commence à se pencher sur les programmes et les listes électorales qui pourraient s'imposer si la crise fédérale mène le pays aux urnes.

Le Palais royal a temporisé en confiant une mission de quasi trois semaines à Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open Vld). Les deux présidents d'assemblées ont le temps de faire retomber la pression et d'éloigner, au moins temporairement, la perspective d'élections anticipées née du blocage fédéral qui dure depuis neuf mois.

Pourtant, cette éventualité est dans tous les esprits des états-majors des partis politiques. Bien sûr, la ligne officielle est de faire le maximum pour qu'un gouvernement de plein exercice soit formé sans faire repasser le pays par la case élections, "mais il serait irresponsable de ne pas se préparer à cette éventualité", indique par exemple François De Smet, président de DéFi. Même discours dans tous les partis.

Côté flamand, on observe que la N-VA et le Vlaams Belang n'ont pas attendu pour se lancer dans la bataille électorale sur le net. Leurs dépenses sur les réseaux sociaux ont augmenté de manière significative ces dernières semaines. Le président du sp.a, Conner Rousseau, fait déjà les marchés. "Je trouve important de toujours pouvoir être parmi les gens", dit-il.

L'Echo a fait le tour des principaux partis francophones pour savoir où ils en étaient dans leurs préparatifs. Tous doivent s'attendre à une campagne courte compte tenu des 40 jours séparant la dissolution éventuelle de la Chambre du scrutin, contre une campagne de trois mois dans des circonstances normales. On ne doit pas s'attendre à ce que les listes qui seraient présentées à l'électeur diffèrent beaucoup de celles de mai dernier. De même pour les programmes, difficile de tout changer en aussi peu de temps. 

Cela se confirme par exemple chez Ecolo où "on n'a pas encore mis trois 'temps-pleins' sur la préparation des élections", confirme une source interne. Mais globalement chez les verts, les listes ne devraient changer qu'à la marge. On pense aussi à certains thèmes de campagne, comme le nucléaire. 

Garder le contact avec le terrain

Au cdH, on s'est déjà penché sur le cadastre des candidats. "Chacun réfléchit aux lignes de force programmatiques", ajoute-t-on chez les humanistes. "Heureusement, on a mis les bouchées doubles sur les réseaux sociaux depuis le début de la refondation du parti...".  

"Depuis l'échec de l'information de Paul Magnette, la consigne est claire: ne pas lâcher le terrain."
Un élu PS

Le PS semble fin prêt avec l'usage des vidéos sur les réseaux sociaux qui repartent également. "Depuis l'échec de l'information de Paul Magnette, la consigne est claire: ne pas lâcher le terrain", insiste un élu socialiste. 

En cas de scrutin anticipé, tout le monde s'attend à ce que la campagne se focalise sur les questions institutionnelles et l'avenir de la Belgique en tant qu'Etat fédéral. Les partis vont devoir élaborer un discours clair à cet égard. Depuis l'échec des informateurs Coens et Bouchez, le MR est entré dans une optique de campagne, indique-t-on en interne. Les programmes commencent à être passés à la loupe pour actualisation. On se penche également, chez les libéraux, sur la question des listes.

Notamment sur le volet institutionnel délaissé sous l'ère Michel. Pour rappel, la coalition "suédoise" avait mis les thèmes institutionnels au frigo afin de se concentrer sur les débats et réformes socio-économiques. On en est conscient au MR, les libéraux vont devoir clarifier leur ligne, entre un président Bouchez qui affiche sa nostalgie de la Belgique unitaire et les régionalistes de son parti, comme le vice-président du parti, Jean-Luc Crucke.

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