Les patrons belges battus par les Français

©Nicolas Vadot

Rencontre belgo-française au sommet sur un green/Une pirouette très présidentielle/Précieux sésames/De l'intérêt pour un nouveau CEO d'avoir sa photo dans les magazines/Transfert interne/Un financier qui se cache dans ses romans/Et le gagnant est…/

À Vienne, les patrons belges se font battre par les Français… Si vous voulez du beau linge – du très beau linge – c’est par ici que cela se passe. Ou plutôt par-là: à Vienne. C’est dans la capitale autrichienne, en effet, qu’a eu lieu la dernière réunion du "President’s club". Probablement n’avez-vous jamais entendu parler de ce club ultra-select qui réunit ce qui se fait de mieux en matière de poids lourds économiques belgo-français? Une vingtaine de grands patrons hexagonaux et belges se retrouvent discrètement, en compagnie de leur épouse, pour un week-end, d’Essaouira à l’Andalousie, autour d’un parcours de golf. Le week-end dernier, donc, c’était à Vienne. Dans l’équipe française, on retrouvait entre autres David de Rothschild, Nicolas de Tavernost (M6), Pierre-Henri Dentressangle, Jean-René Fourtou (Vivendi), Jean-Claude Marian (Orpea), Gérard Pélisson (Accor), Gilles Pélisson (TF1), Christian Peugeot ou encore Jérôme Seydoux (Pathé).

Côté belge, du très gros calibre également – plusieurs participants sont arrivés à bord de leur jet privé. Il y avait là Johan Beerlandt (Besix), Jean-Pierre Berghmans (Lhoist), Luc Bertrand (AvH), Paul Bulcke (Nestlé), Philippe Delusinne (RTL), Serge Fautré (AG Real Estate), Louis-Marie Piron, Christian Van Thillo (Persgroep), John-Alexander Bogaerts (B19) ou encore Carl Mestdagh. On ne sait pas si Philippe Delusinne et Gilles Pélisson ont pu désamorcer l’arrivée de TF1 sur le marché de la pub en Belgique, ni si d’autres patrons ont pu faire avancer leur business. Ce que l’on sait – en revanche, de source sûre – c’est que l’équipe française a battu l’équipe belge sur le green autrichien…

"Je n’ai qu’un souhait, c’est que les valeurs auxquelles je suis très attaché, qui sont d’ailleurs les valeurs fondatrices du Club Med, l’emportent."
henri giscard d’estaing (Club med) interrogé sur les élections françaises

Giscard junior, roi du marketing. Diction chuintante, sourire avenant, élégance naturelle. Pas de doute: Henri Giscard d’Estaing est bien le fils de son père. Jeudi, celui qui est à la tête du Club Méditerranée depuis 2001 était présent à Bruxelles pour présenter la stratégie du voyagiste pour le Benelux dans les années à venir. En aparté, Giscard junior n’a pu éviter l’inévitable question sur la campagne présidentielle qui s’achève dans le climat que l’on connaît. L’homme sait de quoi il parle: il avait 17 ans quand son paternel a été élu à la présidence de la république et 24 quand il fut battu par François Mitterrand. Prudent, il s’en est sorti par une pirouette: "Je n’ai qu’un souhait, c’est que les valeurs auxquelles je suis très attaché puissent l’emporter, à savoir celles de liberté, d’ouverture aux autres, de gentillesse, d’esprit pionnier et de responsabilité. Ce sont d’ailleurs les valeurs fondatrices du Club Med." Giscard? Un fameux roi du marketing!

Sésames recherchés. On le sait, le plan de fréquences radio va bientôt être renouvelé. Les fréquences FM étant rares, les états-majors des radios privées se mettent en ordre de marche pour obtenir les précieux sésames. Et, comme d’habitude, cela se jouera, entre autres, moyennant un lobbying politique. Chaque radio est en effet réputée être en accointance avec tel ou tel parti. Contact est plutôt proche du MR, Bel RTL du PS et Nostalgie du cdH, héritage de l’époque où la radio était pilotée par le très catholique groupe Vers l’Avenir.

À ce petit jeu, N-Group qui, précisément, coiffe Nostalgie mais aussi NRJ, a dégainé le premier. Il lance jeudi prochain sur les antennes des deux radios un nouveau rendez-vous hebdomadaire donnant la parole à différents invités issus du monde politique, culturel ou médiatique. Et devinez qui essuie les plâtres? Benoît Lutgen, président du cdH. Incroyable, non?

Vous me reconnaissez? Belle affluence mercredi midi dans les locaux de Belgocontrol pour la remise du prix de la personnalité de l’année, remis par les journalistes aéronautiques membres de l’Aviation Press Club. Au nombre des invités, on croisait Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines, Marcel Buelens, directeur des aéroports d’Ostende et d’Anvers, Johan Decuyper, CEO de Belgocontrol, ou Thomas Reynaert, directeur général de Airlines For Europe, pour n’en citer que quelques-uns.

La lauréate était Wencke Lemmes, directrice de la communication de Brussels Airlines et qui est un appui certain pour la compagnie et aussi une perle rare pour la presse en raison de sa disponibilité, de sa parfaite connaissance des dossiers et de son efficacité. Présente chez Brussels depuis 2010, mais avant cela chez Lufthansa Belgique, la jeune femme est bien connue de l’aéronautique, mais moins du grand public car la mise en lumière n’est pas trop son truc.

Cela s’est vérifié mercredi au poste de contrôle de Belgocontrol où, curieusement, elle n’était pas sur les listes des invités. Sécurité oblige, on ne passe pas. Gustin a alors appelé un des journalistes qui organisait l’événement pour dire qu’il allait alors "manger un bout quelque part" et qu’on pouvait y envoyer le trophée! On en rit encore.

C’est ainsi que le CEO de Brussels Airlines nous a raconté que lorsqu’il venait d’être nommé à la compagnie, il s’est retrouvé dans le lounge de la compagnie à l’aéroport, mais sans sa carte d’accès. Qu’on lui refuse, donc. "Alors je m’adresse à l’hôtesse et je lui dis: ‘Je travaille ici’. Et elle me répond: ‘Moi aussi’!" Finalement, heureusement qu’il avait sa photo dans le magazine de la compagnie. Il a pu ainsi être reconnu! C’est ce qui doit aussi lui arriver quand il joue les stewards à bord des avions de la compagnie. Combien de membres de la mission économique sur Mumbai ne lui ont pas dit quelque chose du style: "Je me demande si je ne vous ai pas déjà vu quelque part!", en recevant leur menu des mains du CEO?

200 millions d’euros passent de Volvo à… Volvo. Ce n’est pas les tous les jours que l’on peut mettre le doigt sur une augmentation de capital de plus de 200 millions d’euros dans une société qui dispose d’une usine en Belgique. C’est le cas de Volvo Trucks qui a son usine à Oostakker (Gand). Après avoir passé plusieurs coups de fil au sein de la compagnie suédoise, nous obtenons notre réponse: Volvo Trucks "rationalise" ses activités en Belgique. Comprenez que Volvo Europe Finance ne sera plus. Les actions seront transférées dans Volvo Group Belgium. "Une opération interne", nous répond-on à Gand. En grattant un peu, il apparaît que l’entité servait aussi à bénéficier des intérêts notionnels. La tendance est générale. De nombreuses entreprises sont en effet en train de siphonner leur banque interne suite à la moindre attractivité des intérêts notionnels. Il n’y avait donc plus grand intérêt pour Volvo Trucks de multiplier les structures sur notre sol. Le capital reste toutefois en Belgique, ce qui pour certains est déjà une bonne nouvelle en soi.

Cherchez l’auteur. Georges Ugeux était de passage en Europe pour faire la promotion de son roman financier "Flying Dragon" traduit en français (lire aussi L’Echo du 4 mai). Pour effectuer la traduction de l’anglais vers le français, Ugeux s’est tout simplement servi de… Google Translate. Il a ensuite retravaillé le texte en français. Un sérieux gain de temps, avoue le président de Galileo Global Advisors et ancien vice-président exécutif de la Bourse de New York. Une version en chinois du livre est prévue cet été. Ugeux écrit par pur plaisir, il ne sait d’ailleurs pas combien d’exemplaires de son livre en anglais ont déjà été écoulés. En moyenne, cela lui prend trois mois pour rédiger un roman de manière brute et trois autres pour peaufiner le texte. Et si vous lisez bien entre les lignes, vous découvrirez que le "Belge de New York" se cache parfois sous les traits de certains de ses personnages. Cherchez le financier qui a (bien) mûri…

And the winner is… La Série 5 de BMW a été élue "Lease Car of the Year 2017" en Belgique, a-t-on appris. À l’initiative de la société de leasing Alphabet, ce prix est décerné par un jury de clients professionnels et de journalistes. Le titre a son importance sur le marché du leasing.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Si ce n’est que mardi nous recevons un autre communiqué intitulé "L’Audi A5 Sportback élue Lease Car of the Year 2017". Comment? Y aurait-il deux gagnants? Pas du tout, Audi, distribuée par D’Ieteren a gagné un prix secondaire, celui de la catégorie Business +. Il ne manquait plus qu’un prix pour une Mercedes-Benz et tout le monde aurait été gagnant dans le Premium cette année.

La multiplication des prix ne rend pas la compétition des plus claires. Dans la catégorie Economy, la Renault Clio a ainsi décroché la première place. Désignée Voiture de l’année au mois de mars, la Peugeot 3008 l’a également emporté dans la catégorie Business. Vous suivez toujours?

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