Les petites phrases politiques de 2016

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Ils sont tantôt légers, tantôt lourds de sens voire de conséquences… À l’ère de la communication permanente, les "petits mots" font plus que jamais l’actualité politique. Florilège des phrases qui ont marqué l’année.

"Je vois que vous êtes extrêmement difficile à satisfaire. Je plains votre compagnon, qui doit mettre les petits plats dans les grands pour cela."

Marie Christine Marghem Ministre de l’energie (mr)

Un véritable missile ad personam, destiné à l’attention délicate de la députée Karine Lalieux (PS). Deux jours plus tard, le président de la Chambre Siegfried Bracke rappelait le gouvernement à l’ordre, prônant un meilleur dialogue avec le Parlement.

"Nous vivons tous au dessus de nos moyens."

Kris Peeters ©Photo News

Kris Peeters Ministre de l’emploi (CD&V)

En temps de crise, voilà une phrase qui est très mal passée auprès de l’opposition et des syndicats. Le ministre insinuait par ces mots que tout le monde (tant les chômeurs et les travailleurs que les plus fortunés) devrait se serrer la ceinture à l’avenir et contribuer à l’effort budgétaire.

"Peut-être aurais-je dû prendre de l’argent des Kazakhs, on aurait sûrement été moins sévère avec moi."

Georges-Louis bouchez Député wallon (mr)

Spécialiste du coup d’éclat permanent, le jeune loup libéral regrette que certains ténors du parti le recadrent trop fréquemment à son goût. Et il le fait savoir, lors du congrès doctrinal du MR.

"Le naturel au PS, c’est d’être MR quand il est au pouvoir, PTB au Parlement et Ecolo dans les médias et en campagne."

Jean-Marc Nollet député fédéral ecolo

Avec la montée en puissance du PTB, on a bataillé ferme à gauche en 2016. En proposant la réduction du temps de travail et en bloquant momentanément la signature du Ceta, le PS a tenté de marquer l’année au fer rouge (vif), comme le souligne le volubile député écologiste, dénonçant au passage une certaine schizophrénie.

"Une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l’occasion des attentats"

Jan Jambon ©Belga Image

Jan Jambon Ministre de l’intérieur (N-VA)

 Prononcée moins d’un mois après les attentats du 22 mars, cette phrase assassine aura causé au ministre bien du tourment, ainsi qu’une cinquantaine de plaintes pour incitation à la haine. Mis sous pression, Jan Jambon a affirmé s’être appuyé sur les témoignages transmis par les services de secours et de police. "Pour moi, significatif veut dire signifiant", s’est-il ensuite justifié.

"Cet Etat n’est plus un Etat de droit, mais un Etat voyou!"

Jean de Codt Premier président de la Cour de cassation

 Quand le plus haut magistrat du pays parle politique, le monde semble un instant s’arrêter de tourner pour l’écouter. Une sortie qui aura fait tanguer le navire Michel, ne tardant pas à répliquer que Jean De Codt était sorti de son rôle avec une telle déclaration.

"ce gouvernement est composé, passez-moi l’expression, d’une bande de gamins de merde."

Marc Goblet Secrétaire général de la FGTB

 Pas certain qu’au gouvernement on ait pardonné trop vite à Marc Goblet son expression. S’il en est un qui n’a pas oublié, c’est sans doute le libéral Denis Ducarme, qui avait alors pris la balle au bond en répliquant: "M. Goblet a-t-il perdu la tête? Il incarne de plus en plus un syndicalisme enchaîné au XIXe siècle, empreint d’une lutte des classes dépassée et moribonde."

"Vous savez comment l’on présente désormais la Wallonie au Canada? Une région pauvre où l’on parle le français…"

Vincent Reuter ©BELGA

Vincent Reuter administrateur délégué de l’UWE

Contrairement aux éditorialistes français qui ont porté Paul Magnette aux nues, le patron des patrons wallons n’a guère apprécié le tour de force du ministre-président wallon sur le Ceta.

"La frontière linguistique est devenue une frontière de la grève et les Flamands crachent sur cela."

Geert Bourgeois ministre-président Flamand (N-VA)

Les grèves de l’été ont visiblement échaudé le ministre-président flamand. Ressortant (une fois n’est pas coutume) le communautaire du frigo le temps d’une déclaration coup-de-poing, Geert Bourgeois a par la suite affirmé que ses propos avaient été mal interprétés.

"Retourne au Maroc!"

Luk Van Biesen député fédéral (open Vld)

Nous sommes en 2016, dans l’enceinte du Parlement fédéral, et ces mots sont adressés à la députée socialiste flamande Meryame Kitir. Celle-ci a eu la classe d’accepter les excuses de leur destinateur.

Luk Van Biesen ©BELGA

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