Les plats pays ne partent pas favoris pour le Mondial de foot 2018. Mais une surprise n'est pas à exclure

Emmenés par de vieilles gloires de leur foot national (le Belge Paul Van Himst et le Néerlandais Johan Cruyff, à droite sur la photo), la Belgique et les Pays-Bas ont remis en mai dernier au siège de la Fifa à Zürich leur dossier de candidature commune pour l’organisation de la Coupe du Monde 2018.

La Belgique veut accueillir, avec les Pays-Bas, la phase finale de la Coupe du Monde de football en 2018. A-t-elle une chance de l’emporter face à des géants comme l’Angleterre, le binôme Espagne-Portugal et la Russie? Et si elle devait décrocher la timbale, a-t-elle les moyens de ses ambitions?

Plus que cinq fois dormir et la Belgique saura si elle organisera ou non, avec les Pays-Bas, la Coupe du Monde de football en 2018. Le jeudi 2 décembre, 16h, les 22 membres du comité exécutif de la fédération internationale de football (Fifa) désigneront à Zürich les pays organisateurs des Mondiaux de 2018 et 2022 (les plats pays ne sont pas candidats pour ce dernier).

Le scrutin est secret et peut se dérouler en plusieurs tours, avec, chaque fois, l’élimination du dossier le moins plébiscité. Le résultat est acquis lorsqu’une des candidatures a recueilli 12 voix. La candidature belgo-néerlandaise est déjà assurée d’un vote, celui de l’ancien président de l’Union belge de football, Michel D’Hooghe, qui est membre du comité exécutif.

Aux yeux de la plupart des observateurs, la Belgique et les Pays-Bas ont très peu de chances d’accueillir cet événement. Les petits pays ne pèsent, en effet, pas bien lourd aux yeux des décideurs de la Fifa qui préfèrent soit les grandes nations qui offrent davantage de garanties en matière d’infrastructures et de vécu sportif, soit les marchés "à défricher" (lisez: d’un point de vue commercial…), comme ce fut le cas, cette année, en Afrique du Sud et comme ce le sera, en 2014, au Brésil. Les réalités du "foot business" pourraient donc faire pencher la balance en faveur de la Russie en dépit de ses carences en matière de transport soulignées par le rapport d’évaluation de la Fifa. Pour l’anecdote, celle-ci est donnée favorite par les bookmakers à 1,8 contre 1 devant l’Angleterre (2,5/1), le binôme ibérique (5/1), le duo belgo-néerlandais étant quant à lui coté de 30 à 50 contre 1! Mais, qui sait, une surprise n’est pas à exclure. Dans les lignes qui suivent, différents acteurs et experts du dossier se prononcent sur les enjeux de cette candidature et sur ses chances d’aboutir.

Alors que les dossiers des pays prétendants ont été rentrés depuis belle lurette et que la Fifa a rendu des rapports d’évaluation pour chacun d’entre eux, l’heure est au lobbying tous azimuts. Il y a quinze jours le comité d’organisation belgo-néerlandais était à Paris, la semaine dernière au Brésil et, cette semaine en Malaisie. Flanqués d’une pléiade de vieilles gloires (Johan Cruyff, Ruud Gullit, Paul Van Himst, Jean-Marie Pfaff…), ils ont mené d’ultimes manœuvres de séduction auprès des décideurs du foot mondial. Avec des arguments a priori solides: l’expérience réussie de l’Euro 2000, la position centrale des deux pays, l’aspect "écologique" du projet (faibles distances entre les stades, mise à disposition de 2 millions de vélos…), la nécessité de ne pas toujours confier la Coupe du Monde à de grands pays, etc.

Reste à voir si cela suffira à influencer les pontes de la Fifa. Si tel était le cas, la Belgique pourrait connaître un nouvel élan à la fois sportif, économique et sociétal. Car une Coupe du Monde n’est rien d’autre que le premier événement sportif mondial.

Enquête

Pourquoi la Belgique et les Pays-Bas veulent-ils organiser la Coupe du Monde de football? Combien un tel projet pourrait-il coûter? Pour quel impact? Ont-ils des chances de l’emporter? Autant de questions soumises à une série d’experts issus des milieux sportif, économique, politique et académique.

1. Pourquoi organiser une Coupe du Monde en Belgique?

D’abord pour des raisons sportives. Le football belge ne pèse plus grand-chose sur la sphère internationale. La Belgique est placée 62e au classement mondial, ses clubs brillent rarement en coupe d’Europe, ses stades sont peu confortables. "Il faut rebooster notre football, plaide Jean-Marie Philips, ex-CEO de l’Union belge, l’organisation d’un Mondial permettrait à la fois de redorer notre blason et d’améliorer nos infrastructures." La Coupe du Monde nécessiterait, en effet, de les moderniser et aurait un effet d’entraînement sur la formation des jeunes footballeurs. Les cyniques disent aussi que c’est la seule manière de voir nos joueurs y participer, les pays organisateurs étant automatiquement qualifiés.

Ensuite pour des raisons "économico-sociétales". "La Belgique manque de grands projets mobilisateurs, martèle inlassablement, depuis plus de quatre ans, le sénateur MR Alain Courtois, père de la candidature. Le football n’est qu’un prétexte, ce qu’il faut c’est repositionner la Belgique sur la scène internationale, ce pays manque d’ambition, alors qu’il a tous les atouts en mains."

2. Quel est le coût de ce projet? Qui va payer en cas d’élection?

Le dossier de candidature a coûté 8 millions d’euros, la moitié financée par les pouvoirs publics, l’autre par les sponsors… Côté pouvoirs publics, les coûts sont certes supportés, en grande partie, par le fédéral mais pas seulement. Si l’on en croit l’échevin des sports de Bruxelles, Bertin Mampaka, "la candidature de Bruxelles a coûté près de 50.000 euros à la ville". Une somme qui tient compte des frais supplémentaires pour Bruxelles (bureaux d’études, etc.). "Ceci, sans compter les 1.000 heures de travail, au moins, des fonctionnaires et de personnes qualifiées, nécessaires pour le dossier bruxellois", explique l’échevin. Il est moins sûr que ce type de coûts soit repris dans l’enveloppe globale de la candidature. "En tant que capitale, on se devait d’être candidat", insiste l’échevin.

Selon une étude du Bureau du Plan, l’organisation en elle-même coûterait à la Belgique quelque 640 millions d’euros. 150 millions seraient affectés à la sécurité et donc à charge des pouvoirs publics, et la plus grosse partie (490 millions) à la construction/rénovation des stades. Il y en aurait sept: Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges, Genk, Liège et Charleroi, d’une capacité de 40.000 places minimum (65.000 à Bruxelles, qui accueillerait le match d’ouverture). Le montant paraît sous-estimé. Mais le Bureau du Plan part du constat que, Coupe du Monde ou pas, les stades devront, de toute façon, être construits afin de répondre aux normes du foot international. L’investissement total sera donc de 785 millions d’euros, dont 490 spécifiquement dédiés au Mondial. D’après les informations dont il dispose, le Bureau du Plan estime que deux tiers de ces 490 millions devraient être pris en charge par l’État, le solde par le privé (promoteurs, financiers…).

Pour Trudo De Jonghe, professeur spécialisé en économie du sport à l’Université d’Anvers, l’étude du Bureau du Plan est à prendre avec des pincettes. "Elle met toutes les grandes dépenses en dehors du dossier. Si vous ne prenez pas en compte les coûts pour de nouveaux métros, pour de nouvelles routes, etc., bref tout ce qui coûte de l’argent, c’est facile de dire que ça ne coûte rien. Quand, en Allemagne, on dit qu’on a gagné de l’argent avec l’organisation du Mondial, il faut voir qui a commandé l’étude", explique-t-il. "Le Bureau du Plan a fait son rapport à la demande du Premier ministre Leterme qui est favorable au projet; évidemment le rapport sera bon…", ajoute-t-il. "C’est un mauvais procès. L’étude du Bureau du Plan est bien balancée, il y a un maximum et un minimum. Nous nous basons sur le scénario moyen", défend Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction. Il ajoute que les travaux de voiries, les aménagements autour du stade, dans les hôtels, etc., seront aussi un bénéfice important pour son secteur.

Une fois l’événement terminé, la Belgique ne risque-t-elle pas de se retrouver avec des stades surdimensionnés pour ses clubs? Président de La Gantoise et de la Ligue Pro, qui regroupe les clubs de l’élite, Ivan De Witte expose le "business model": "A Gand, le financement est quasi bouclé et impliquera, à parts égales, la ville, le club et des promoteurs privés. Si nous obtenons le Mondial, il est prévu un système mécano: la moitié du stade sera démontée afin d’avoir un stade de 20.000 places qui corresponde à nos besoins." Trudo De Jonghe met d’ailleurs en avant le dossier des stades comme un point fort dans la candidature belge, mais avoue que tous les projets n’ont pas la même pertinence. Il pointe ici du doigt un problème de politique à la Belge: "S’il y a deux stades en Flandres, il en faut deux en Wallonie et s’il y a en un à Liège, il en faut un à Charleroi." Quand on voit le taux de fréquentation du dernier cité, on aurait peut-être envie de lui donner raison.

3. Que pourrait nous rapporter une Coupe du Monde?

"C’est très difficile à mesurer, on ne peut que travailler sur base d’estimations, indique Johan Albrecht, professeur d’économie à l’Université de Gand et coauteur d’une note sur l’impact de la Coupe du Monde pour le think tank Itinera Institute. Tout ce qu’on peut faire, c’est comparer avec des événements similaires précédents. La conclusion est que, souvent, les recettes sont inférieures aux dépenses." Pour le dernier Mondial sud-africain, des ONG évoquent des pertes supérieures à 2 milliards d’euros. "Mais il y a des éléments non chiffrables comme, par exemple, un sentiment de fierté nationale", ajoute Albrecht. Lequel pourrait doper le moral et stimuler l’esprit d’entreprise.

"Je ne connais pas le bénéfice réel, mais on fait une erreur en présentant la candidature comme une bonne affaire économique. L’impact positif est tout d’abord en termes d’image et de fierté nationale et c’est comme ça qu’il aurait fallu le vendre", abonde Trudo De Jonghe.

Vu sous l’angle macro-économique, l’impact serait positif, bien qu’assez faible: "De l’ordre de 0,13% du PIB en 2018, indique Didier Baudewyns, coauteur de l’étude du Bureau du Plan. Ce qui n’est pas étonnant dans la mesure où les dépenses directement liées à l’événement, comme la construction des stades, sont étalées sur la période 2011-2018." Le gain cumulé de PIB durant cette période serait de 0,3% et le nombre d’emplois créés oscillerait entre 9.100 et 13.500. L’impulsion donnée à l’économie belge s’élèverait ainsi à 1,152 milliard d’euros. Les principaux bénéficiaires devraient être la construction, l’Horeca, les transports et les télécoms.

Si l’on étudie les retombées de l’événement stricto sensu, l’étude du Bureau du Plan chiffre à 512 millions d’euros les recettes pour la Belgique: 318 via les dépenses des supporters, 103 via celles des organisateurs et 91 via celles des équipes participantes et des médias. Tous les autres postes de revenus - droits télé, marketing, tickets - vont dans les poches de la Fifa.

Le solde coûts/bénéfices est donc négatif et se chiffre à 12 euros par habitant. Ce qui reste raisonnable, si on envisage l’impact à long terme. On l’a dit, il y a, en effet, des bénéfices inquantifiables qui ne se mesureront que dans la durée: image, visibilité, attractivité économique et touristique du pays. Car, comme le dit Alain Courtois, "il faut remettre la Belgique sur la carte du monde. Malheureusement, beaucoup d’entreprises et non des moindres n’ont pas compris ce message."

L’architecte de la candidature belge ne cache pas un certain dépit à cet égard. À la FEB, il ne s’est ainsi trouvé personne pour commenter ce projet et les opportunités qu’il offre aux entreprises. Un exemple: hormis PwC, les 5 partenaires officiels sont tous d’origine néerlandaise (KLM, Randstad, ING…) et il faut chercher dans les sponsors de deuxième rang pour trouver des Belges comme la Confédération Construction, qui a investi 150.000 euros dans le dossier. "Ce manque de soutien est regrettable, alors que nous avons beaucoup d’entreprises fournisseuses du monde sportif, qui sont leaders dans leur créneau", observe Philippe Wallez, directeur marketing d’ING Belgique, en songeant sans doute à des groupes comme EVS, Alfacam ou Betafence.

Cette impression de désintérêt est partagée par beaucoup d’interlocuteurs. "Le manque de soutien me reste au travers de la gorge. Quand on fait appel aux clubs locaux pour soutenir la candidature et qu’ils ne se mobilisent pas, c’est frustrant", explique Bertin Mampaka. Même constat pour Trudo De Jonghe: "Au Pays-Bas, tout le monde est derrière l’Orange. En Belgique, si vous demandez aux gens ce qui se passe le 2 décembre, peu seront capables de vous le dire." La crise est sans doute passée par là. "Mais c’est quand cela va moins bien qu’il faut aller de l’avant!", tempête Alain Courtois. "Le monde des affaires paraît plutôt en attente", confirme Pascal Minne, associé chez Petercam et administrateur du Sporting d’Anderlecht. "Mais je suppose qu’il se réveillera si nous l’emportons", ajoute ce fin connaisseur du "foot business".

4. La Belgique peut-elle se permettre de lancer un tel projet?

Vu ce qui précède, certains en doutent, surtout que l’État va devoir se serrer la ceinture et trouver 25 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2015. Or, fin avril, le gouvernement a donné sa garantie à la Fifa que, si la Belgique devait être choisie, l’événement aurait bien lieu, quoi qu’il arrive. Un engagement purement formel qui n’est en rien chiffré. "C’est un peu ça qui m’inquiète, observe Ivan De Witte, le financement des stades est loin d’être bouclé, il faudra être créatif." Dans son rapport d’évaluation des candidats, la Fifa pointe d’ailleurs ce risque. Alain Courtois, lui, reste zen. "Tous les gouvernements et sept grandes villes se sont engagés, croyez-vous que si on obtient un tel événement, qui va donner une visibilité extraordinaire au pays, ils vont reculer?"

Ce blanc-seing politique a été accordé sans consultation du Parlement. "Rien ne l’empêche de lancer un débat sur le sujet, il ne l’a pas fait à ce jour, hormis cet automne, lors de l’audition, en commission des finances du Sénat, du Premier ministre et du ministre des Finances", indique-t-on au cabinet Leterme. L’été dernier, des députés se sont inquiétés du chèque en blanc versé par la Belgique à la Fifa, dont les exigences peuvent paraître démesurées (exonération d’impôts, assouplissement de la législation sur le travail…). "Il n’est pas question de chèque en blanc, s’énerve Alain Courtois, la législation belge et les traités européens seront intégralement respectés; c’est valable pour tous les pays européens candidats, la Fifa n’est pas au-dessus des lois, la seule exception consentie est une réduction de la TVA sur les tickets." À quelle hauteur? "Si nous obtenons l’événement, il nous restera sept ans pour négocier cela."

Sociologue du sport à l’ULB, Jean-Michel Dewaele s’étonne de cette polémique: "Il ne faut pas être hypocrite: toutes les entreprises étrangères qui s’installent chez nous bénéficient d’avantages divers de la part des autorités publiques, il en ira de même pour la Fifa".

5. Quels sont les atouts de la candidature belgo-néerlandaise?

"Notre principal argument, c’est que nous représentons les petits pays. Être choisis donnerait de l’espoir à beaucoup d’autres nations et montrerait qu’il n’y pas que les grands qui peuvent organiser un tel événement", explique Alain Courtois. Dans le même ordre d’idées, la réussite de l’Euro 2000 belgo-néerlandais est aussi mise en avant. Autre argument avancé: la situation géographique des plats pays, au cœur de l’Europe, facilement accessibles grâce à des réseaux ferroviaire et aérien performants. Les courtes distances entre les différents stades qui faciliteront la vie des organisateurs, des supporters et des médias, rendent la candidature plus "écologique". Dans un rayon de 500 km, l’événement touchera 100 millions de personnes.

Un autre atout des Belges et des Néerlandais et qui n’est pas à négliger, c’est qu’ils l’ont joué "low profile", en restant à l’écart des polémiques de ces dernières semaines. Le duo Espagne-Portugal et le Qatar (candidat en 2022) sont ainsi soupçonnés d’entente pour soutenir mutuellement leurs dossiers. Le journal britannique "The Sunday Times" a, quant à lui, révélé un scandale de corruption au sein de la Fifa (entraînant la démission de 2 des 24 membres du comité exécutif). "Si j’étais un des membres du comité de décision, je n’aimerais pas qu’on fasse l’amalgame entre deux corrompus et les autres membres du comité", indique De Jonghe. La BBC a, elle, dénigré le dossier belgo-néerlandais en le jugeant "trop risqué". Au point que le président de la Fifa, Sepp Blatter, a confié au Premier ministre néerlandais Mark Rutte que "les pays qui font peu de bruit devraient peut-être être récompensés à la fin de l’étape". "Nous confier le Mondial permettrait aussi à la Fifa de redorer son image", résume Ivan De Witte. De fait, l’image de la toute-puissante fédération n’est guère brillante, elle qui est accusée de ne favoriser que les grands pays afin de générer un maximum de cash et de return pour ses sponsors.

6. Quels sont ses principaux handicaps?

Cette propension de la Fifa à privilégier les grandes nations et les pays "émergents" est sans doute un des principaux handicaps de la Belgique et des Pays-Bas, deux petits pays développés, où les potentiels de business sont moins alléchants et dont la tradition footballistique est bien établie. La vétusté et l’absence d’infrastructures (stades, terrains d’entraînement), surtout en Belgique où tout est à faire, sont aussi pointées du doigt.

Autre grief de la Fifa dans son rapport d’évaluation préliminaire: le manque d’infrastructures hôtelières. Ce à quoi les candidats organisateurs répondent qu’il existe une série d’accords avec des organismes touristiques de régions limitrophes, en France et en Allemagne, pour accueillir les supporters. Même si Yves Leterme dit ne jamais avoir été interpellé à ce sujet, la situation politique instable et les incertitudes quant à l’avenir de la Belgique pourraient aussi avoir un effet négatif.

7. Possède-t-on une chance de l’emporter?

"Quand je lis entre les lignes, je crois que nous n’avons aucune chance de l’emporter", estime Trudo De Jonghe. D’abord pour toutes les raisons évoquées ci-dessus. Ensuite, parce que certains candidats peuvent compter sur des solidarités "culturelles". Ainsi la Fédération sud-américaine de foot a déjà indiqué qu’elle apporterait ses trois voix au tandem Espagne-Portugal. Enfin, parce qu’un pays comme la Russie part avec plus d’atouts, bien que le rapport d’évaluation lui soit un peu moins favorable: il est vierge de toute grande compétition footballistique, c’est un grand pays émergent et il n’est pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires que les candidats issus de l’UE. "Le plus gros problème en Belgique, c’est le fait que la Fifa n’aura pas autant le loisir de faire ce qu’elle veut. Évidemment, elle ne le dira jamais", estime Trudo De Jonghe. La Fifa est clairement une entreprise néolibérale. Son siège est en Suisse, où le taux de taxation est très bas pour les institutions sportives. La Russie a une très belle opportunité d’organiser la Coupe, car elle a un taux de taxation bas, elle acceptera sans rechigner les sponsors de la Fifa et mettra les siens en dehors. Les Russes construiront les stades sans rien demander en retour. Ce n’est pas pour rien qu’on a choisi des pays comme le Brésil ou l’Afrique du Sud", indique Trudo De Jonghe.

Et puis, pour l’anecdote, les parieurs cotent la candidature belgo-néerlandaise entre 30 et 50 contre 1. Alain Courtois ne se démonte pas. "Je m’en f… des parieurs. Notre dossier est sérieux, crédible, honnête et fair-play. Je nous donne 30% de chances de réussir." "Quand deux chiens se battent pour un même os, c’est souvent le troisième qui l’emporte", ont d’ailleurs pointé trois de nos interlocuteurs. Jean-Marie Philips, l’ancien patron de l’Union belge se veut ironique: "On a bien attribué les JO d’hiver à une ville où il ne neige pas (ndlr: Sotchi en Russie), alors pourquoi pas à nous?"

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