Les profs wallons bossent plus et sont payés moins

©Kristof Vadino

Les derniers chiffres tirés du rapport 2018 sur l’éducation de l’OCDE confirment l’écart salarial entre les enseignants en Belgique. Les profs gagnent 3% de plus en Flandre.

Il faut fouiller jusqu’à la page 389 du rapport sur l’éducation 2018 de l’OCDE pour trouver l’information. En Belgique, épingle l’organisation internationale, le salaire statutaire des enseignants est 3% plus élevé en Communauté flamande qu’en Communauté française (Fédération Wallonie-Bruxelles), quels que soient le niveau d’enseignement et le stade de la carrière.

C’est aussi vrai pour le salaire effectif, note l’OCDE, qui varie de moins de 7% entre le nord et le sud du pays. Ces différences de salaire entre Régions au sein d’un même pays ne sont pas une exception belge. Elles existent aussi ailleurs, comme aux Etats-Unis ou au Canada, ou encore en Suède. Une comparaison qui permet de relativiser les différences intrabelges, qui apparaissent presque ridicules comparées à ce qui se note ailleurs. Au Canada, le salaire varie entre les régions jusqu’à... 80% en début de carrière, et encore 43% après 15 ans. Plus modérément, en Suède on note des écarts de 18 à 21% selon le niveau d’enseignement.

657
Les profs francophones du 1er cycle du secondaire prestent, en moyenne, 657 heures, contre 533 heures pour les Flamands.

L’OCDE nous apprend également que, comparé au salaire des actifs ayant un diplôme équivalent, l’enseignant flamand aura un salaire effectif similaire (salaire annuel moyen, primes et allocations comprises), alors que chez les francophones, le salaire de l’enseignant représentera environ 90% du revenu d’un actif (à diplôme équivalent).

Voilà pour les comparaisons entre régions. Qu’en est-il des différences entre niveau d’enseignement? Les dernières données de l’OCDE nous apprennent par exemple que, pour une ancienneté équivalente, l’enseignant du deuxième cycle du secondaire (donc disposant d’un master) gagnera entre 25 et 30% de plus que l’enseignante en maternelle. Une différence provenant des barèmes, qui sont déterminés sur la base du diplôme.

D’une manière générale, le rapport épingle aussi l’évolution dans le temps du salaire des enseignants. Excepté en Angleterre, en France, en Grèce et en Italie, le salaire des enseignants a progressé partout. En moyenne, il a progressé de 8% en primaire, de 7% dans le 1er cycle du secondaire et de 5% dans le second cycle du secondaire entre 2005 et 2017. A noter qu’en Pologne, la réforme menée pour améliorer la qualité de l’enseignement et attirer de meilleurs profs a mené à une hausse salariale de 20%…

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Les enseignants francophones gagnent donc moins que leurs collègues flamands. Mais qu’en est-il de leur temps de travail? D’après les données récoltées par l’OCDE, les profs du sud du pays presteraient… plus d’heures. En prenant comme référence un prof du 1er cycle du secondaire, on constate qu’au sud du pays, l’enseignant prestait, en 2017, 657 heures par an contre… 533 heures en Flandre. Les francophones se situent quasiment au niveau de la moyenne de l’OCDE, les Flamands en dessous (seuls les enseignants coréens, turcs et polonais prestent encore moins d’heures que les flamands).

Si l’on prend le nombre de jours d’enseignement, et pas le nombre d’heures, la tendance est la même. Au 2e cycle du secondaire, les profs francophones prestent 179 jours contre 128 jours en Flandre, soit 40% de plus. L’OCDE apporte néanmoins une explication à ces écarts particulièrement élevés: en Flandre, les statistiques excluent le nombre de journées d’examen, ce qui n’est pas le cas au sud du pays.

Pour rester dans le domaine des conditions de travail des enseignants, on remarque que le nombre d’élèves par enseignant est moins élevé en Belgique que dans l’ensemble de l’OCDE. Les statistiques, ici, ne font pas de distinction entre la Flandre et la FWB. En primaire, on compte en moyenne 13 élèves par enseignant, contre 15 en moyenne OCDE, 10 élèves en secondaire (13 dans l’OCDE), et 21 élèves dans l’enseignement supérieur (15 dans l’OCDE).

Ces taux ne reflètent pas le nombre d’élèves par classe, mais le ratio élèves/enseignants. Le nombre d’élèves par classe, lui, est plus élevé, étant donné qu’un certain nombre d’enseignants ne prestent pas leurs heures en classe (mais sont, par exemple, détachés dans l’administration). La taille moyenne des classes en Belgique est, elle, proche de la moyenne OCDE, soit 19 élèves par classe, contre 21 en moyenne OCDE (établissements publics).

©Mediafin

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