Les Régions fixent leurs conditions à De Wever

Rudy Demotte, ministre-président wallon, a été reçu ce mardi par l'Informateur Bart De Wever.

L'Informateur a reçu ce mardi les ministres-présidents des Régions et Communautés. Ils sont tous prêts à exercer des compétences supplémentaires. Mais pas à n'importe quel prix.

La description est invariable à la sortie du bureau de l’informateur, installé dans les locaux de la présidence de la Chambre: Bart De Wever accomplit sa mission royale avec sérieux et, pensent ses interlocuteurs, la volonté d’aboutir. "Quelles que soient ses opinions, il a pris la fonction, il la joue pleinement, confie le ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS). Il donne en outre le sentiment de vouloir aller vite."

Qu’aura appris Bart De Wever ce mardi? Il a sans doute été satisfait d’entendre qu’aucun ministre-président ne refusait le principe de nouveaux transferts de compétences. Et que certains en sollicitaient même. C’est bien entendu le cas du Flamand Kris Peeters (CD & V), qui a rappelé les résolutions de son gouvernement sur l’emploi, les soins de santé, l’autonomie fiscale… "Les pensions et les allocations sociales n’y figurent pas", a-t-il précisé, insistant sur le maintien d’une "solidarité" avec le sud du pays.

Le ministre-président germanophone, Karl-Heinz Lambertz (PS), aimerait, lui, que sa Communauté reçoive des compétences régionales (actuellement exercées par la Wallonie), en particulier en matière d’Aménagement du territoire et de compétences provinciales. La Communauté germanophone exerce déjà des compétences régionales en matière d’emploi et de tutelle sur les communes.

Rudy Demotte n’est pas en soi demandeur d’une "défédéralisation" très poussée. Mais il ne la refuse pas non plus. "Nous sommes attachés à un nouvel équilibre de la Belgique, a-t-il expliqué. Et nous plaidons pour que celui-ci repose sur les trois Régions. Elles doivent être, toutes les trois, le réceptacle des compétences transférées."
Le message est limpide: si De Wever veut une grande réforme de l’État, il doit accepter sans réserve l’existence d’une Région bruxelloise, dotée de moyens financiers adéquats.

Ce message a été martelé par Charles Picqué (PS), qui a exposé à son interlocuteur les spécificités économiques et démographiques de Bruxelles, sur lesquelles repose la demande d’une dotation augmentée de 500 millions d’euros par an.

Le financement, c’est l’autre balise avancée par les ministres-présidents. Tous les quatre. Si des compétences sont transférées, les moyens nécessaires doivent suivre, ont-ils précisé. Peeters apporte toutefois une nuance de taille: l’autonomie fiscale peut y contribuer…

Demotte a rassuré l’informateur quant à la volonté des Francophones de contribuer à l’assainissement des finances publiques. "Tous les étages institutionnels de la Belgique doivent y participer, explique-t-il. Mais les efforts doivent rester justes." Il ne s’agirait pas, par exemple, que des tours de vis un peu trop vifs ne brident le Plan Marshall et le redressement de l’économie wallonne.

Demotte admet par ailleurs le principe de "la responsabilisation financière" des entités mais il insiste pour que cela concerne aussi le Fédéral, dont certaines décisions pèsent sur les finances régionales ou communales.

Bart De Wever teste aussi les pistes de composition de la future coalition auprès de ses interlocuteurs. Il se confirme que l’éventualité d’une participation des libéraux est mise en avant par l’informateur, soucieux que l’attelage ne soit pas trop orienté à gauche. Les offres de service du MR, et les rappels à l’ordre de sa composante FDF, accréditent cette thèse.

"Sur le plan communautaire, les esprits sont mûrs et la note Dehaene a déjà bien balisé le terrain, résume un observateur du nord du pays. À la limite, les négociations seront plus difficiles sur le programme économique." Selon le politologue Pascal Delwit (ULB), le programme économique de la N-VA est plus libéral que celui de l’Open VLD.

Ce mercredi, l’informateur aura un agenda européen. Il recevra le commissaire Karel De Gucht et le président du conseil Herman Van Rompuy. L’après-midi, il se rendra au Berlaymont pour un entretien avec le président de la Commission José Manuel Barroso.

Pendant sa mission, De Wever conserve des "contacts étroits" avec Elio Di Rupo, le probable formateur du prochain gouvernement. Une relation de "confiance et de respect" se construit entre les deux hommes.

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