Les salariés de plus de 55 ans ne coûtent pas "trop cher"

©Marcel van den Bergh/Hollandse H

Un rapport européen, complété pour le volet belge par l'institut de recherche Hiva de la KU Leuven, montre que le salarié de plus de 55 ans coûtant "trop cher" est un mythe. Par contre, ce groupe d'âge manque de plus en plus à l'appel dans le marché de l'emploi.

La présence réduite sur le marché de l'emploi des travailleurs de plus de 55 ans n'est pas le résultat du fait que ces salariés coûtent plus cher. C'est tout au plus une tendance qui se confirme en Europe, rapportent "De Standaard" et "Het Nieuwsblad".

"Un mythe", affirme Sem Vandekerckhove de la KU Leuven. Selon lui, il est faux de dire que les primes d'ancienneté poussent les plus de 55 ans hors du marché de l'emploi. Que du contraire! Les primes d'ancienneté suggèrent que les rémunérations des salariés augmentent à mesure que ceux-ci restent en service. 

Certes en Belgique, le rapport entre la durée du contrat de travail et le niveau des salaires reste modéré, selon le rapport de l'institut européen du travail Eurofound.

Notre pays est classé dans un groupe (avec les Pays-Bas et l'Allemagne) où l'ancienneté joue un rôle dans l'établissement des salaires dans le secteur privé, mais où la corrélation n'est pas si forte et s'estompe au bout d'un certain temps. Seules la Finlande et la Suède lient moins encore l'ancienneté aux salaires.

Sem Vanderkerckhove ajoute qu'on oublie souvent aussi qu'ouvriers et employés ne sont pas logés à la même enseigne face à l'ancienneté.

• Auprès des ouvriers, l'ancienneté influence moins le salaire.
• Quant aux employés, les hausses sont souvent limitées pour se tarir après un certain nombre d'années. Les employés portugais et espagnols ne connaissent pas cette limitation dans le temps.

Quoi qu'il en soit le constat est là: les plus de 55 ans manquent de plus en plus à l'appel. C'est pour cela que le gouvernement a tenté d'adapter le système de rémunération liée à l'ancienneté avant d'être arrêté dans sa quête par sa chute. 

Pour Sem Vanderkerckhove, le système d'ancienneté n'est toutefois pas la seule explication à la plus faible participation des plus de 55 ans au marché de l'emploi. Il y voit aussi une question de mentalité: tant les salariés que les employeurs visent une retraite anticipée en cédant les rênes à des jeunes plutôt qu'à des personnes plus âgées. "Plutôt que de rendre le job attrayant pour les personnes de ce groupe d'âge, les partenaires sociaux préfèrent parler prépensions. Dans le débat sur la durée de la carrière, celui sur la qualité de travail reste sous-exploité. Pour maintenir les plus de 55 ans au travail, il faudra réfléchir à 'redesigner' les emplois." 

Ses propos ont été formulés lors de la présentation d'un rapport européen sur l'impact de l'ancienneté sur les salaires. L'institut de recherche Hiva de la KU Leuven a apporté la contribution belge au rapport. 

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