Les scénarios de l'après Beke

Qui prendra la main après Wouter Beke? Les scénarios qui circulent indiquent tous que la négociation devrait entrer dans un tour plus décisif avec un formateur ou un titre approchant.

Scénario 1. Elio Di Rupo.

C’est la formule qui a la faveur des pronostics. Elle place le président du PS dans les cordes, car il ne peut ni balayer l’idée d’un revers de main, ni prendre le risque d’avancer sans avoir largement déminé le terrain.

Les socialistes ont cherché les rapprochements avec le CD&V. Cela a bien fonctionné en emploi et en soins de santé. En revanche, on ne serait nulle part ou presque dans le dossier BHV. Quant à la révision de la loi de financement, elle a suscité de vives oppositions ces dernières heures. Le PS avait salué le choix du recours au principe des additionnels régionaux pour concrétiser l’autonomie fiscale, mais il s’est ravisé face à l’ampleur de la mécanique.

Di Rupo espérait que Beke rédige un scénario de réforme de l’État, acceptable par le PS (certes après quelques contorsions…) mais que la N-VA rejetterait. Le CD&V n’aurait d’autre choix, lui, que de suivre son président et le travail de formation serait, enfin, lancé. Manifestement, ce ne fut pas le cas.

Autre souhait de Di Rupo : que le sp.a reste associé aux discussions. Il se heurte à l’intransigeance de De Wever qui estime que chaque communauté choisit ses partis. Mais qu’irait faire le PS, qui a aussi gagné les élections (et même proportionnellement plus que la N-VA), dans un gouvernement avec VLD, CD&V et N-VA ?

Scénario 2. Bart De Wever.

Le CD&V et la N-VA préfèreraient que le président des nationalistes aille lui-même au front. Son objectif ne serait pas de former réellement un gouvernement mais plutôt d’en démontrer l’impossibilité. Comment? En utilisant tout son talent politique pour élaborer une offre à la fois suffisamment radicale pour effrayer les Francophones (ce devrait être assez simple pour lui), et suffisamment nuancée pour que le sp.a, voire Groen s’y rallient.

De Wever cherche à ressouder les partis flamands, pour jouer bloc contre bloc et cristalliser les oppositions. Au point de tout faire capoter ? Pas forcément. L’indépendance de la Flandre, ce n’est pas pour tout de suite. En tout cas, pas avant les Communales de 2012. La N-VA entend y asseoir son implantation dans le paysage politique flamand, avec en figure de proue De Wever à Anvers et Siegfried Bracke à Gand. Pour ramasser le jackpot, les nationalistes doivent coupler élections fédérales et communales, avant que la popularité de son président rejaillisse bien sur tous les candidats locaux, souvent peu connus. Cela implique de vivoter un an encore, sans vrai gouvernement ni clash irrémédiable.

Scénario 3. CD&V.

Les sociaux-chrétiens flamands estiment avoir fait leur boulot et veulent laisser les deux plus grands partis mener la danse. Laminés en 2010, ils comptent sur leurs élus locaux pour se refaire une santé en 2012. Le CD&V craint donc comme la peste le couplage Communales-Fédérales, imaginé par la N-VA. Pour l’éviter, il pourrait se résoudre à conserver la main. Avec Beke (mais ce serait une prolongation) ou avec Yves Leterme, afin de construire quelque chose sur la base de l’actuel gouvernement. Le CD&V a toutefois besoin de toutes les assurances du PS, quant à l’ampleur de la réforme de l’État. Pas question de prendre le risque de rentrer bredouille comme en 2007.

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