Publicité
Publicité

Les scénarios possibles

Le souverain mene de nouvelles consultations avant d’opter, en accord avec les partis, pour une solution. Voici les scénarios possibles.

La relance des négociations. Le Roi pourrait désigner une ou plusieurs personnalités afin de renouer le dialogue entre les sept partis autour de la table. Impossible? À première vue, oui. Un gouffre sépare les positions des uns et des autres. La défiance et l’animosité sont à leur comble. La N-VA a vécu comme une gifle la réaction francophone à la note de son président. La réaction n’a d’ailleurs pas tardé: les nationalistes flamands ont introduit au Parlement une nouvelle proposition de loi prévoyant la scission unilatérale de BHV. De quoi envenimer encore un peu plus le climat. Et pourtant, Pierre Vercauteren, politologue aux Fucam (Mons), estime qu’une reprise des discussions à sept "est l’hypothèse la plus plausible".  Tout d’abord car les alternatives ne sont guère plus commodes. Une solution par défaut, en quelque sorte. Ensuite plusieurs partis laissent cette porte ouverte. "Nous devons continuer à négocier", a lancé hier Elio Di Rupo. "L’échec de la mission de Bart De Wever ne signifie pas celui de futures négociations", a souligné Joëlle Milquet (cdH) en répétant sa "disponibilité à négocier sans délai un réel équilibre institutionnel nouveau". Ecolo a dit "rester disponible pour reprendre de réelles négociations". Ouvertures? A voir. Car, sur le fond, les francophones ont répété tout le mal qu’ils pensent de la note De Wever. "Elle appauvrirait les Wallons et les Bruxellois", a jugé Di Rupo en épinglant des "conséquences désastreuses pour leur niveau de vie". "Synthèse fortement déséquilibrée", selon Ecolo. "Pas un compromis acceptable", a dit Milquet en s’interrogeant sur "la capacité et la volonté de Bart De Wever à conclure un accord".

 

Côté flamand, le CD&V, le sp.a et Groen ont appelé à négocier.  Mais "pour la N-VA, c’est beaucoup moins évident" de repartir dans des pourparlers avec les mêmes partenaires, estime Pierre Vercauteren. Dans le cas d’une reprise des négociations, les sept partis devront déterminer si la note De Wever peut servir ou pas de base de travail. Dans un tel contexte, aboutir à un compromis apparaît un rêve lointain.

 

L’arrivée des libéraux. Peu probable. Elle bute toujours sur la volonté de plusieurs partis d’écarter le MR et l’Open VLD.  "PS, cdH et Ecolo n’en veulent pas mais il faut souligner que, hormis la N-VA, les autres partis flamands n’en veulent pas non plus, pour des motifs socio-économiques mais aussi parce qu’un accord communautaire ne sera pas plus simple en réunissant, entre autres, Bart De Wever et Olivier Maingain", souligne Pierre Vercauteren.

Autre argument contre: la volonté libérale de chambouler les gouvernements régionaux ajouterait de l’instabilité à l’instabilité. Arguments pour: la formule à sept ayant échoué (plusieurs fois), il est temps d’essayer autre chose. Puis, Didier Reynders propose une autre méthode de travail (voir ce que francophones et néerlandophones veulent faire ensemble). Enfin, les trois autres partis francophones peuvent trouver intéressant de constituer un "front" francophone face à l’unité affichée par le camp flamand. Elio Di Rupo a d’ailleurs souligné hier qu’il allait organiser une concertation à quatre.

 

De nouvelles élections. Pour sortir de l’impasse, faut-il retourner aux urnes? "Le PS est totalement opposé à de nouvelles élections", a martelé Elio Di Rupo.  Même son de cloche au cdH. Les autres partis sont sur la même longueur d’ondes. Du moins officiellement.  "La seule formation qui envisage davantage cette solution sans l’avouer explicitement, c’est la N-VA", souligne Pierre Vercauteren. "On peut se demander si un des objectifs de cette note n’est pas de conduire le pays à une impasse et de forcer l’organisation de nouvelles élections dans un climat de confrontation communautaire", a accusé Di Rupo. Un nouveau scrutin risquerait de radicaliser encore davantage les positions. Mais si aucune autre solution n’émerge, ce sera un dernier recours. De plus en plus d’observateurs ne voient plus d’autre solution. La voie est ouverte. Les prises de position musclées des uns et des autres montrent que chacun s’y prépare.

 

Un gouvernement Leterme III. Octroyer des compétences plus larges que les "affaires courantes" au gouvernement démissionnaire: l’idée a été émise par Bart De Wever lui-même il y a deux semaines. Mais le CD&V — parti de l’actuel Premier ministre — n’en veut pas. Du reste, ce "gouvernement d’urgence" ne résoudrait pas le contentieux communautaire. "Ce n’est pas à exclure mais le fruit n’est pas encore mûr", estime Pierre Vercauteren. Plus le temps passe, plus cette solution s’imposera par nécessité. Surtout si les marchés financiers font montre de nervosité sur la situation budgétaire de la Belgique.

 

L’Union nationale. Un gouvernement rassemblant tous les partis démocratiques à l’exception de la N-VA est une possibilité. Théorique. "Aussi longtemps que le CD&V a une attitude de suivisme étroit vis-à-vis de la N-VA, ce n’est pas envisageable", tranche Pierre Vercauteren. Or, tous les partis et éditorialistes flamands se sont rangés derrière le pseudo-compromis de De Wever. Ce dernier reste donc plus que jamais le maître du jeu en Flandre.

 

Une consultation populaire. "L’idée grandit mais on n’en est pas encore là", résume Pierre Vercauteren. Ce référendum poserait aussi beaucoup de problèmes.  "Il faudrait s’entendre sur les questions à poser et sur l’interprétation à donner aux résultats. Que se passerait-il si les opinions donnent des vues divergentes en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie? C’est risqué", explique le politologue. 

  • La séparation du pays. C’est le "plan B".  Dans ce cas également, l’hypothèse gagne en crédibilité à mesure que l’impasse persiste. On n’en est pas là. Du reste, elle impliquerait une négociation complexe à l’issue incertaine.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés