Les socialistes veulent une tripartite classique minoritaire

Les présidents des partis socialistes, Paul Magnette (PS) et Conner Rousseau (sp.a), proposent de passer la main à la Première ministre Sophie Wilmès pour préparer la formation d'un nouveau gouvernement fédéral. ©BELGA

Paul Magnette et Conner Rousseau plaident pour une alliance entre les libéraux, les socialistes et les sociodémocrates. Un tel gouvernement serait minoritaire.

Le duo socialiste composé de Paul Magnette et Conner Rousseau, respectivement présidents du PS et du sp.a, a rendu son rapport lundi. Du peu qu'on en connaît, ils y constatent ce qu'on savait déjà. Pour construire un nouveau gouvernement autour de la N-VA et du PS, l'axe le plus évident sur papier, il n'y a pas d'accord possible actuellement. L'autre éventualité souvent évoquée, la Vivaldi (libéraux, socialistes, écologistes du nord et du sud, avec l'adjonction du CD&V), n'a guère les faveurs non plus. Rappelons qu'elle écarte la N-VA, plus grand parti de Flandre au sortir des urnes au printemps 2019, et n'affiche pas de majorité au nord, ce qui est très difficile à accepter de ce côté-là de la frontière linguistique.

"Tant que les partis ne se décident pas clairement, on ne va pas faire des réunions pour le plaisir. C'est s'agiter pour s'agiter."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Mais, selon De Tijd, les deux présidents socialistes viennent avec une autre idée: une tripartite classique, composée des libéraux, des socialistes et des sociodémocrates. Soit le gouvernement minoritaire renfloué avec les socialistes et le cdH, qui a déjà marqué son accord. Mais ce modèle n'atteint jamais que 71 sièges quand la chambre en compte 150. Pas de majorité donc, et il faudrait compter sur une coopération au cas par cas avec d'autres partis. Périlleux. Ou espérer que soit les verts, soit la N-VA rejoignent l'équipe rapidement, c'est-à-dire en septembre, au moment de demander la confiance. Theo Francken a déjà exprimé son veto. Chez Ecolo, Georges Gilkinet, chef de groupe à la Chambre, demande aux socialistes de choisir entre les verts et les nationalistes.

On connaît les réticences de l'Open Vld et du CD&V à se séparer de la N-VA. Les deux partis n'ont pas encore donné leur réponse à Paul Magnette. Bref, cette tripartite apparaît difficile à mettre sur pied. Et qui s'occuperait de mener les discussions? Autre problème.

Pourquoi pas Sophie Wilmès?

La Première ministre paraît la personne la mieux placée pour passer à l'étape suivante, selon les deux présidents socialistes. Le MR renâcle ferme. "On ne nomme pas de formateur quand on ne connaît pas la coalition!", s'exclame Georges-Louis Bouchez, le président du MR.

"La meilleure mission... ce serait une mission d'information à l'intérieur de certains partis!"
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

On rappelle que, vu les circonstances actuelles et l'existence d'un gouvernement de plein exercice, ce n'est pas au Palais de prendre des initiatives pour la formation d'un futur gouvernement. Ce rôle échoit plutôt aux présidents de partis. "Nous, on attend qu'un certain nombre de partis disent 'Go!' pour une coalition. Tant que les partis ne se décident pas clairement, on ne va pas faire des réunions pour le plaisir. C'est s'agiter pour s'agiter", poursuit le président du MR.

Or on sait qu'en un an, les lignes n'ont guère bougé. "On connaît les positions de chacun, les programmes, les attitudes, les personnes... Pourquoi faudrait-il que quelqu'un 'prenne la main'?, s'interroge le président du MR. La meilleure mission... ce serait une mission d'information à l'intérieur de certains partis! Nous voulons des positions claires." Bref, on fait quoi maintenant? On attend un mouvement, un signe? "Je ne suis pas attentiste, je suis organisé et ordonné! J'en ai ras-le-bol de toutes ces réunions. C'est débile, on répète toujours les mêmes choses", se plaint Georges-Louis Bouchez.

Si Sophie Wilmès ne prend pas en charge les discussions autour de la proposition du PS, qui le fera? En Flandre, qui va aller prêcher pour écarter la N-VA? Un socialiste francophone risque de trouver des partenaires de discussion déjà bien agacés. Tout cela autour d'un rapport dont on ne connaît pas encore grand-chose. Paul Magnette devrait apporter des éclaircissements sur le contenu ce mardi en milieu de journée, lors d'un point presse. Il a déjà répondu au MR, dont le président demande, avant d'accepter une telle coalition, de démontrer qu'il n'y en a pas d'autres possibles. "Ce n'est le premier choix de personne, a argumenté le socialiste carolo interrogé au JT de la Une. Mais il vaut mieux une majorité relative que la paralysie et le chaos."

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