Les syndicats rembarrent De Croo sur une SNCB privatisée

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Le Syndicat indépendant des cheminots accuse le ministre De Croo de faire du populisme suite à sa sortie sur la privatisation de la SNCB. La CGSP-Cheminots le taxe d’ultra libéralisme. "Il faut plutôt se poser la question de savoir quelle mobilité on veut" argumente la CSC-Transcom.

Les syndicats de la SNCB ne décolèrent pas sur la sortie du vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) sur une privatisation de l’entreprise ferroviaire SNCB et du gestionnaire d’infrastructure Infrabel.

Le ministre de la Coopération au développement, des Télécoms et de la Poste estime qu’il faut ouvrir la discussion pour faire entrer des partenaires privés dans le capital des deux entreprises publiques.

→ "C’est du populisme. C’est probablement parce qu’il y a des grèves annoncées qu’il fait une telle sortie. Il n’est pas le ministre de tutelle," nous confie Luc Martin, responsable du Syndicat indépendant des cheminots (SIC).

→ Le son de cloche n’est pas différent à la CGSP-Cheminots. "On connaît malheureusement la recette qu’il est en train de nous servir. D’abord, réduire les dotations et les investissements dans les entreprises publiques, puis une fois que l’offre est altérée, on demande une augmentation de la productivité tout en s’attaquant au statut du personnel. Et quand il n’y a plus rien qui fonctionne, on plaide pour l’entrée du privé. C’est de l’ultra libéralisme dans toute son expression et ce n’est pas la bonne recette," renchérit Pierre Lejeune, secrétaire national de la CGSP-Cheminots.

Il rappelle que ce n’est pas la première tentative sur la voie de la privation du gouvernement Michel. "Le ministre Johan Van Overtveldt (N-VA) (Finances) a déjà fait une sortie similaire l’année dernière et maintenant c’est le tour de son homologue De Croo. Ce n’est pas la bonne réponse pour améliorer le service aux voyageurs. J’invite le ministre De Croo à aller voir ce qui se passe en Angleterre où les dirigeants politiques ont opté pour une renationalisation. La privatisation y a entraîné une augmentation des prix et une offre inadaptée, voire dégradée," conclut Pierre Lejeune.

→ La CSC-Transcom aussi critique sévèrement la sortie du ministre De Croo. "Il surfe sur une réalité qui est la dégradation du service aux voyageurs, mais il oublie que c’est la conséquence de la politique de désinvestissement des pouvoirs publics. Au Pays-Bas, l’ancien patron de la NS (chemins de fer hollandais), Jan Timmer a rappelé devant des parlementaires en 2015 que la privatisation est la mère de tous les maux", rappelle Marianne Lerouge,  responsable générale de la CSC-Transcom. "La privation n’est pas la réponse universelle au problème actuel de la SNCB. Il faut plutôt se poser la question de savoir quelle mobilité on veut et quels problèmes veut-on résoudre", conclut-elle.

Lors de la sortie du ministre Van Overtveldt l’an dernier, ministre de la Mobilité, François Bellot (MR) avait répondu l’option de la privatisation de la SNCB n’était pas à l’ordre du jour.

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