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Les taux faibles ont coûté 71,2 milliards aux ménages belges

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Le manque à gagner cumulé des ménages belges suite aux faibles taux d'intérêt se monte à 71,2 milliards d'euros entre le premier trimestre 2009 et le premier trimestre 2021.

La politique de faibles taux d'intérêt menée par la BCE suite à la grande crise financière de 2008-2009 a eu un lourd impact. Elle a entraîné un manque à gagner cumulé de 72 milliards d'euros pour les ménages et les ASBL en Belgique, montre une nouvelle simulation d'Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of management (Paris et Lille). Des revenus d'intérêts qui concernent, pour 99%, les ménages, qui ont donc subi un manque à gagner de 71,2 milliards, et pour 1% les ASBL.

Alors que les revenus d'intérêts perçus par les ménages et les ASBL se montaient à 2,5 milliards d'euros au premier trimestre 2008, ils n'étaient plus que de 281 millions au premier trimestre 2008. Le taux d'intérêt moyen payé par les banques sur les dépôts d'épargne est désormais de 0,08% en Belgique. L'Allemagne fait à peine mieux, avec 0,09%, alors que la France affiche un taux moyen de 0,42%, à cause du livret A. Les Pays-Bas ou le Luxembourg font pire, avec respectivement 0,03% et 0,02%.

Très inférieur à l'inflation

Avec un taux d'intérêt nominal de 0,08% et une inflation de 2,27% en juillet, le taux d'intérêt réel est actuellement de -2,19% en Belgique, souligne Eric Dor. "Cela signifie que la quantité de biens et de services qui peut être achetée avec la somme épargnée se réduit de 2,19% par an." Ce qui n'a pas empêché les dépôts d'épargne réglementés de doubler depuis la crise financière, pour atteindre 295 milliards en juin 2021.

-2,19%
Avec un taux nominal de 0,08% et une inflation de 2,27% en juillet, le taux d'intérêt réel est actuellement de -2,19% en Belgique.

Cela, c'est bien sûr pour les ménages qui épargnent. Ceux qui sont emprunteurs nets ont bénéficié de la baisse des taux. Mais cette réduction des intérêts payés est très inférieure à la baisse des intérêts reçus: au premier trimestre 2021, les ménages belges ont payé des intérêts pour 1,78 milliard d'euros, contre 1,88 milliard au premier trimestre 2008.

"Certains ménages épargnants fortement pénalisés peuvent quand même avoir bénéficié de la politique monétaire de taux très bas."
Eric Dor
Directeur des études économiques à l'IESEG School of management

"L'impact de la politique monétaire sur l'ensemble du revenu des ménages est très complexe, remarque toutefois Eric Dor. Certains ménages épargnants fortement pénalisés sur leurs revenus d'intérêts peuvent quand même avoir bénéficié d'une autre manière de la politique monétaire de taux très bas. Ceux-ci sont en effet susceptibles d'avoir permis à l'activité et à l'emploi, et donc aux revenus du travail des ménages, d'être supérieurs à ce qu'ils auraient été si les taux étaient restés inchangés. Et les taux très bas ont également facilité le financement de l'énorme dette publique de la Belgique." Un effet qui a évité de lourdes mesures d'austérité budgétaire.

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