Les voitures de société ont réduit leurs émissions de CO2 de 17% en sept ans

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Le débat public sur les voitures de société néglige une donnée cruciale, selon le bureau RH Acerta: ces véhicules ont davantage réduit leurs émissions ces dernières années. Les supprimer serait donc risqué en termes d’environnement.

Le groupe de services de ressources humaines Acerta verse un nouvel élément au débat sur l’avenir des voitures de société: celles-ci s’avèrent plus efficientes que les autres voitures en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Sur les sept dernières années, elles ont réduit leurs émissions de CO2 de 17%. De sorte qu’elles émettent actuellement 6% de dioxyde de carbone de moins que les véhicules particuliers. Acerta s’est basée sur l’analyse des données dont elle dispose pour plus de 40.000 employeurs. La tendance qu’elle a ainsi isolée est confirmée au plan global par la fédération du secteur Febiac, avec quelques nuances (voir plus loin).

Flotte plus jeune = flotte plus verte

De mars 2012 à mars 2019, l’émission moyenne des voitures de société est revenue de 142,8 à 117,9 grammes, soit un recul de 17%, a calculé Acerta. Dans le même temps, le volume d’émission des véhicules particuliers s’est réduit nettement moins vite. De son côté, la Febiac a relevé des émissions moyennes de 112 grammes pour les voitures de société nouvellement immatriculées en 2017, contre 119,2 grammes pour les autres, soit une différence de 6%.

17%
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De mars 2012 à mars 2019, l’émission moyenne des voitures de société est revenue de 142,8 à 117,9 grammes, soit un recul de 17%, a calculé Acerta.

Ces écarts s’expliquent par la vitesse de renouvellement des unes et des autres: comptez quatre à cinq ans pour les véhicules de flotte, contre neuf à dix ans pour les véhicules particuliers. Les véhicules les plus récents profitent des avancées de la technologie et des efforts environnementaux des constructeurs. En résumé, une flotte plus jeune égale une flotte plus écologique.

Pour cette même raison, au sein de la famille des véhicules de société, ceux utilisés en leasing performent encore mieux que les autres sur le plan des émissions de gaz à effet de serre, fait remarquer la Febiac. Logique, puisque ce parc-là se renouvelle au rythme des contrats de leasing, généralement conclus pour quatre ans. A leur issue, il est de coutume de troquer l’ancien véhicule contre une voiture neuve: CQFD.

Acerta ajoute deux constats complémentaires à son analyse. Un, il y a toujours plus de voitures particulières que de voitures de société. Les secondes restent donc minoritaires. Et deux, le groupe de travailleurs utilisant ces dernières a tendance à stagner ces dernières années. On notera aussi que les budgets mobilité lancés dans les entreprises encouragent notamment l’utilisation du vélo comme alternative pour les déplacements domicile - travail.

Pas la garantie d’un air plus propre

"Le fait que les résultats en termes de CO2 des voitures de société soient plus favorables que ceux des véhicules particuliers doit tout de même faire retentir une sonnette d’alarme - ou devrions-nous dire un klaxon? - dans le débat sur l’avenir de la voiture de société", conclut Michaël Zahlen, le directeur d’Acerta Consult. "Remplacer les voitures de société par des véhicules particuliers n’est pas la garantie d’un air plus propre. Nous devons raisonner plus loin qu’un simple rejet de la voiture de société."

"L’écologisation de la voiture de société a aussi un coût pour l’employeur."

"L’écologisation de la voiture de société a aussi un coût pour l’employeur", relève l’étude. Ces voitures sont devenues sensiblement plus chères sur la période sous revue. De 24.793 euros en 2012, la valeur catalogue médiane des voitures de société est passée à 30.152 euros en 2019. C’est une augmentation du prix de 21,6%. Et on peut gager que les flottes de véhicules vont faire la part de plus en plus belle aux véhicules électriques et hybrides à l’avenir, ce qui contribuera à encore augmenter leurs prix.

Pour le travailleur, en revanche, sur les sept ans, le prix à payer pour l’utilisation privée de sa voiture de société est resté stable. Autrement dit, pour lui, les émissions CO2 en baisse ne se sont pas traduites par un surcoût. "La question est de savoir comment le travailleur comptera si on lui propose les options plus larges du budget mobilité", conclut l’étude.

Gare à la dé-diésellisation

"Depuis 2017 ou 2018, en raison de la dé-diésellisation du parc automobile belge, on assiste à nouveau à une augmentation généralisée des émissions de CO2."
Febiac

En gros, les découvertes d’Acerta sont confirmées par la Febiac. A une importante nuance près, ainsi que l’explique son expert Michel Martens: "Depuis 2017 ou 2018, en raison de la dé-diésellisation du parc automobile belge, on assiste à nouveau à une augmentation généralisée des émissions de CO2." C’est dû à la promotion en faveur des véhicules à essence, qui consomment 15 à 20% de plus que ceux au diesel, avec pour conséquence une hausse proportionnelle des émissions de CO2. Et ceci vaut aussi bien pour les voitures de société que pour les autres.

Selon les catégories de véhicules, le basculement de tendance s’est produit en 2017 ou en 2018. Sur les trois dernières années, les émissions de CO2 ont réaugmenté de 9,7 grammes pour les voitures en leasing à 118,4 grammes; de 7,4 grammes pour les autres voitures de société (123,9 grammes); de 8,6 grammes pour les voitures utilisées par les indépendants (129,4 grammes) et de 8,6 grammes pour les véhicules particuliers (127,8 grammes), selon les données de la Febiac. De quoi donner à réfléchir sur un autre front, celui du débat sur les motorisation au diesel et leurs effets négatifs et... positifs sur l’environnement.

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