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Magnette et De Wever ont quitté le Palais, nouveau rapport le 8 août

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PS et N-VA tentent d'accrocher les libéraux alors que leurs présidents se sont rendus chez le Roi ce vendredi pour leur premier rapport intermédiaire en vue de former un gouvernement. Le prochain rapport est prévu le 8 août.

Le Roi a reçu Bart De Wever et Paul Magnette ce vendredi. Les deux présidents de parti ont fait un rapport intermédiaire sur leur mission de préformation. "Le Roi leur a demandé de réunir au plus vite les présidents de partis pouvant offrir une large assise à la formation d’un gouvernement", indique le communiqué du Palais royal. Ils feront un nouveau rapport le 8 août.

Les présidents du PS et de la N-VA ont été chargés le 20 juillet "de prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement qui s’appuie sur une large majorité au Parlement". Les deux hommes espèrent pouvoir dès cette fin de semaine faire évoluer leur mission vers une formation proprement dite. Mais rien n'est moins sûr. Où en est-on? Le point dans un climat de discrétion quasi absolue et de reprise de la pandémie, adjuvant d'un possible accord contre nature.

Pression sur les libéraux

Cette semaine, le duo, auquel il faut ajouter le sp.a et son président Conner Rousseau, a rencontré successivement le CD&V, le cdH et les deux partis libéraux, le MR et l'Open Vld. Ensemble, cela fait 96 sièges à la Chambre. C'est sur la famille libérale que la pression s'accentuait jeudi. Selon la presse flamande, les présidents Bouchez (MR) et Lachaert (Open Vld) ont pris connaissance d'une note rédigée par les deux préformateurs (sans en obtenir copie pour éviter les fuites) et ont été invités à y apporter leur patte avant le passage chez le Roi.

Il apparaît que la note est rédigée sur base de certains acquis de la tentative de coalition dite Arizona.

Discrétion oblige, on sait peu de choses sur le contenu des discussions. Le site d'information flamand 8AM signale que les libéraux tentent d'introduire un peu de rigueur budgétaire dans cette ébauche de programme qui prévoirait une enveloppe de 16 milliards de dépenses. Il apparaît cependant que la note en question est rédigée sur base de certains acquis de la tentative de coalition dite Arizona (N-VA, PS, sp.a, MR, Open Vld, cdH, 76 sièges sur 150) menée en juin et juillet par le trio Bouchez (M), Coens (CD&V) et... Lachaert (Open Vld).

En outre, les socialistes ne verraient (toujours) pas d'un mauvais œil qu'un seul des deux partis libéraux fasse partie de l'aventure. "C'est plutôt le MR qui est visé", glisse une bonne source. "Ce n'est pas vraiment l'enjeu, l'enjeu c'est le fond", tempère un informé.

De fait, la construction de cet accord s'appuie sur un double volet, synthèse des penchants PS et N-VA: une politique sociale forte et un projet institutionnel axé sur des régionalisations importantes. "Il est forcément difficile d'intégrer les libéraux dans un tel canevas", entend-on. On sait que le MR freine des quatre fers sur l'idée d'une réforme de l'Etat d'ampleur alors que le président du parti se targue de défendre une ligne unitariste.

"Georges-Louis Bouchez? Son attitude frise parfois le ridicule."

Dans ce contexte, le style de Georges-Louis Bouchez pose problème, entend-on dans plusieurs partis. "Son attitude frise parfois le ridicule", glisse un cador. D'un point de vue plus politicien le poids du MR dans la majorité qui s'ébauche affaiblit la position des petits partis comme le cdH et le sp.a. Reste que MR et Open Vld n'ont de cesse d'afficher leur unité. L'enjeu est compréhensible: faire pencher l'accord le plus à droite possible.

Cette situation induit néanmoins de la nervosité au sein du MR. Jusqu'à laisser imaginer un renversement de la majorité (PS, MR, Ecolo) en Région wallonne au profit du cdH. Les libéraux francophones se rassurent en observant les bonnes relations entretenues par leurs ministres avec leurs homologues socialistes et écologistes.

Les verts au balcon

Quant à Ecolo, "ils sont en vacances", dit un francophone. Certains ne comprennent pas le mutisme des verts alors que l'occasion de faire pencher le projet national vers plus d'écologie risque de ne pas se représenter de sitôt. "On observe, dit le chef de groupe à la Chambre Georges Gilkinet. Nous sommes la seule famille à avoir progressé, mais nous ne sommes pas invités. Nous sommes disponibles. Nous évaluerons ce qui sortira de tout cela à l'aune de quatre balises: les questions environnementales, la solidarité, le redéploiement économique et un fonctionnement démocratique plus efficace. C'est cela que le Belge demande et non une réforme de l'Etat".

"Un fonctionnement démocratique plus efficace. C'est cela que le Belge demande et non une réforme de l'Etat".
Georges Gilkinet
Chef de groupe Ecolo à la Chambre

L'Echo a déjà pu décliner les grandes lignes d'un accord éventuel: une politique sociale, avec un accent marqué sur les soins de santé, assortie d'une régionalisation appuyée en matière d'emploi, d'économie, de police, sécurité civile et de justice.

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