Magnette et De Wever peuvent-ils sauver leur mission?

Fin de mission de préformation pour le président de la N-VA et celui du PS ce lundi? ©BELGA

Paul Magnette et Bart De Wever devraient faire aveu d'échec au Roi ce lundi. Les deux présidents de parti devraient lui proposer que d'autres - selon toute vraisemblance les libéraux et/ou les écologistes - prennent le relais.

Vendredi, la réunion entre les chargés de mission royale et les libéraux ne s'est pas trop bien passée. Bart De Wever (N-VA) et Paul Magnette (PS) ont constaté ne plus être capables d'avancer dans leur travail. Ils pourraient bien rendre leur démission au Roi ce lundi. Qu'est-ce qui a foiré, cette fois?

Jeudi, les familles libérales et écologistes avaient envoyé un communiqué commun, critiquant le projet institutionnel de Magnette et De Wever et demandant de la clarté quant à leur choix de partis, les bleus ou les verts, pour épauler les cinq formations déjà partantes pour une négociation (PS, N-VA, sp.a, CD&V et cdH). Cette sortie avait énervé. Tant la N-VA que le PS ont dit voir là les velléités du MR à vouloir garder Sophie Wilmès sur son trône de Première, avec un gouvernement riche en ministres bleus.

Ambitions communautaires exagérées?

Le bourgmestre libéral de Gand Mathias De Clercq (Open Vld) et la députée verte Tinne Van der Straeten (Groen) avaient aussi fait publier dans une opinion publiée vendredi sur le site de l'hebdomadaire 'Knack' certains éléments émanant, selon eux, des ambitions communautaires des préformateurs: "La portée des propositions est clairement sous-estimée. Dès le premier jour, la politique fédérale dans des domaines importants comme la police et la justice pourrait être divisée dans les faits. Des dossiers sensibles, comme Bruxelles-Hal-Vilvorde, reviennent sur le tapis. Ce sont des thèmes que l'on n'a pas abordés lors des débats de campagne avant les élections de mai 2019".

"Dès le premier jour, la politique fédérale dans des domaines importants comme la police et la justice pourrait être divisée dans les faits. "
Mathias De Clercq (Open Vld) et Tinne Van der Straeten (Groen)
Bourgmestre de Gand - Députée

Il n'y avait pas que ça comme problème, aux yeux du président de l'Open Vld, Egbert Lachaert. "Nous avons déjà un déficit budgétaire de plus de 20 milliards d'euros sur deux ans. La note Magnette-De Wever allait en rajouter 15 à 16 milliards par an. Désolé, mais je ne veux pas faire ça à mes enfants", a-t-il expliqué sur le plateau de l'émission Terzake de la VRT. "La coalition "jaune-violette" aurait pu réussir si un choix avait été fait ce matin. Mais ils ne veulent pas faire ce choix et préfèrent jouer un jeu entre partis afin de les diviser."

Le projet serait donc un donnant-donnant qui satisferait les jaunes, avec des réformes institutionnelles, et les rouges, avec une politique économique de gauche. Là-dedans, les autres ont du mal à y trouver un intérêt...

Pas d'ouverture

La porte-parole du MR a de son côté expliqué que "la note n'a pas du tout évolué" dans le sens des libéraux entre la première réunion et vendredi, alors que les préformateurs ont ajouté un volet pour les Verts. Lachaert va dans le même sens: "Nous nous attendions à une ouverture mais elle n'a absolument pas eu lieu". Selon lui, cette note ne pouvait pas être plus à gauche, elle "est aussi teintée de rouge socialiste que la première note de Magnette".

"Le MR veut un gouvernement avec une majorité parlementaire rapidement, a réagi sur Twitter le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez. L'urgence économique et sociale sont les priorités. (…) Il faut faire des compromis et les notes doivent évoluer. Pas les invectives."

Un week-end de réflexion

Quid de la suite? Les deux missionnaires ont eu le week-end pour réfléchir avant de se démettre éventuellement de leurs fonctions auprès du Roi. Le PS s'est dit toujours disposé à travailler à une solution pour le pays. "Nous restons disponibles", assurent Groen et l'Open Vld. Même promesse du côté du cdH: "Le cdH se placera toujours du côté d'une solution pour sortir ce pays de ses multiples crises (sanitaire, socio-éco, climatique, budgétaire et politique)", résume son président, Maxime Prévot.

Mais finalement, le week-end n'a guère apporté de nouvelles informations. Aucun contact formel n'a eu lieu, a indiqué dimanche une source. Une autre n'a pas constaté "beaucoup de mouvement". Le tandem royal peut-il sauver sa mission? Le veut-il? Voyons ce qui se passe chez le Roi ce lundi...

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