Magnette et Rousseau peinent à convaincre Wilmès

Sophie Wilmès est pressentie pour prendre une mission royale de déminage. ©Photo News

Les deux présidents socialistes ont remis leur rapport à la Première ministre. Une coalition est sur la table mais sans grande certitude.

Nouvelle étape lundi dans le laborieux processus pour former un gouvernement fédéral. Paul Magnette et Conner Rousseau ont présenté et remis à Sophie Wilmès leur rapport final. Le PS l'a confirmé sur Twitter. On le rappelle: voici un peu plus de trois semaines que les présidents du PS et du sp.a ont pris l'initiative de reprendre des discussions interrompues par la crise du Covid-19. Les socialistes observaient lundi un silence religieux quant à l'évolution de la situation.

A quelques heures de l'entrevue hebdomadaire de la Première ministre avec le Roi, le rendez-vous a donné lieu selon plusieurs médias à une demande des deux hommes: que la libérale francophone prenne le relais

Cette idée de voir Sophie Wilmès endosser une mission royale vit depuis quelques jours déjà à côté d'autres scénarios associant par exemple les ministres-présidents wallon et flamand (Elio Di Rupo et Jan Jambon). Elle se heurte cependant à de fortes réticences du côté du MR, parti de la Première. 

Selon des sources de diverses obédiences, le contenu du rapport Magnette/Rousseau ne serait pas si épais que cela et ne suffirait pas à mettre la Première ministre sur de bons rails. Elle a encore une crise à gérer et ne se détournera pas de sa tâche pour arbitrer un jeu stérile d'exclusives de droite, de gauche et du centre.  

Dans une interview donnée en direct ce mardi soir au journal télévisé de VTM, le président des socialistes flamands a invité Sophie Wilmès à "passer à l'étape suivante" pour préparer la formation d'un nouveau gouvernement fédéral. "La Première ministre doit voir par elle-même quand elle veut communiquer. Je pense que tout le monde sait que ce sera son tour et qu'elle doit passer à l'étape suivante", a indiqué Conner Rousseau. 

Concrètement, le président du sp.a s'attend à ce que la cheffe du gouvernement "fasse le bon pas et rassemble les bonnes personnes".  Conner Rousseau a aussi rappelé que Sophie Wilmès devra demander la confiance au parlement le 26 septembre. "Parce que ce gouvernement minoritaire, ces 38 sièges, ne sont pas suffisants pour former un gouvernement de plein exercice et stable". 

Pas vraiment de coalition

"Les socialistes n'ont pas de coalition", assurait un négociateur. Certaines sources affirmaient cependant qu'une ébauche de coalition figure bien au bilan des discussions menées par Magnette et Rousseau. Une liste de partis qui ne se sont toutefois pas encore prononcés sur leur désir d'aller plus loin ensemble. Ce qui expliquerait le refus de Sophie Wilmès, qui pourrait n'être que temporaire. 

Dès vendredi, le fait que la N-VA a refusé de signer le paquet de mesures socio-économiques en superkern avait ravivé les spéculations autour de la coalition Vivaldi (PS, sp.a, MR, Open Vld, Ecolo, Groen, Cd&V) qui s'était heurtée au veto des socialistes par le passé.

PS et sp.a ont également tenté la semaine dernière de rejeter l'Open Vld en cas d'association avec la N-VA, avançant l'idée que dans ce cas, "il fallait un parti de droite en moins". Georges-Louis Bouchez et Egbert Lachaert, présidents du MR et de l'Open Vld, ont tué l'idée en affichant leur volonté de monter l'un avec l'autre dans tous les cas de figure.

Paul Magnette et Conner Rousseau avaient affirmé vouloir partir du fond des dossiers. Mais il semble que ce soit encore et toujours la question de la coalition qui bloque la formation du gouvernement.  

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