Marc Wilmots parle des Diables, de son successeur, de son avenir…

©Nicolas Vadot

Le coût d'un appel au Congo/Un ancien coach face à des entrepreneurs/La Belgique n'a pas (encore) le potentiel de l'Allemagne ou de l'Espagne/Quand la prononciation à la française joue des tours/Hilarité british?/ Et l'on vous reparle de Paul Furlan. Et aussi de Jacqueline Galant…

"Le téléphone au Congo, c’est cher!", peste le chevalier de Donnea

Le chevalier libéral François-Xavier de Donnea n’était pas particulièrement heureux de nous entendre, cette semaine, au téléphone, alors que nous prenions de ses nouvelles. Administrateur au sein du fonds de pension Ogeo Fund et auprès de l’assureur Integrale, "FXDD" (pour les intimes) essaye tant que faire se peut de rester à l’écart des bourrasques liégeo-liégeoises liées à Nethys/Publifin. "Je suis administrateur au sein de ce fonds Ogeo pour représenter les petits pensionnés!", tonnait-il au téléphone alors qu’il était en déplacement au Congo. "Je ne touche pas de salaire fixe, seulement des jetons de présence", avançait-il encore. Et de Donnea d’assurer que "tout est en ordre chez Ogeo". "Nous avons eu quelques petits problèmes avec la FSMA il y a quelque temps, mais c’est réglé." Qu’on se le dise… Pour le surplus, que diable fait l’ancien ministre président bruxellois en République démocratique du Congo en ces temps si agités? Les mauvaises langues se souviendront que le conglomérat publico-privé liégeois a également posé les pieds au Congo pour affaires… Les gens mieux intentionnés diront que "FXDD" est sous le soleil de l’équateur pour des activités liées à la sauvegarde de l’environnement, à travers entre autres la SPRL dont il est le gestionnaire, Virunga. Bref, on n’en sait fichtre rien: le libéral a raccroché en balançant: "Vous savez, ça coûte cher le téléphone depuis le Congo"… Merci, chevalier…

Quand Marc Wilmots parle des Diables…

"Je m’entends encore bien avec les dirigeants de l’Union belge."
marc wilmots
l’ex-coach des diables rouges lors d’un débat au B19

Six mois après avoir été débarqué de son poste de coach des Diables Rouges, Marc Wilmots semble désormais apaisé. On serait même tenté d’écrire qu’il ne garde pas de rancœur à l’égard des dirigeants de l’Union belge de football. Invité comme orateur du cercle de conférences B19 à Liège mardi, il s’est confié sans langue de bois. "J’ai hérité d’une équipe avec des gamins que j’ai fait évoluer. C’est la presse qui en a fait des stars…", nous a-t-il confié. Quant à son départ, il dit s’y être attendu. "Je savais que ça allait arriver. Ça fait du bien aussi de changer un peu. Le moment était peut-être venu de le faire. Mais je m’entends encore bien avec les dirigeants de l’Union belge", poursuit-il. Il reconnaît toutefois avoir été chargé injustement, sans égard au travail réalisé. "Pour le Mondial 2014, nous avons joué au total 30 matchs et engrangé 22 victoires, on a fait 4 nuls et enregistré 4 défaites. Nous sommes allés jusqu’en quarts de finale. C’est pas mal comme résultat", se défend l’ancien sélectionneur fédéral. Aujourd’hui, il observe l’évolution des Diables Rouges en spectateur averti. Même s’il reconnaît une certaine qualité à l’équipe nationale, il estime qu’il faut juger le travail de la nouvelle équipe dirigeante à l’aune de ce que lui et ses hommes ont réalisé par le passé. En clair, il faudrait que le nouvel entraîneur Roberto Martinez et ses adjoints, notamment Thierry Henry, emmènent l’équipe jusqu’en demi-finale du Mondial 2018 puisqu’il a mené l’équipe en quarts en 2014. Mais "Willy" est réaliste. "On n’a pas le potentiel des équipes comme l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie…", dit-il. Pour son avenir personnel, il ne ferme aucune porte, mais précise qu’il a aujourd’hui le luxe de choisir. "Aujourd’hui, je m’occupe de mes enfants et j’essaie de réussir mon rôle de père. Je suis ouvert aux propositions, pourquoi pas directeur sportif ou entraîneur. Mais je veux travailler avec des jeunes", sourit-il. La salle était pleine pour venir écouter celui que certains continuent à appeler toujours "coach", même en Flandre. "Il a été élu deux fois meilleur entraîneur de l’année, ce n’est pas rien", nous a glissé un participant à la conférence, visiblement un connaisseur du monde du foot.

Wieze n’est pas Visé…

Historiquement, les racines du fabricant de chocolat Barry Callebaut sont européennes. Le géant suisse est né de la fusion d’une entreprise belge, Callebaut, et d’une entreprise française, Cacao Barry, sous l’impulsion d’un immigré allemand venu s’installer en Suisse. Rien que ça. Aujourd’hui, l’homme qui chapeaute le tout est Français. Un mélange de cultures qui peut parfois donner lieu à des situations assez cocasses. La preuve lors d’un récent salon qui se tenait à Cologne. "À Visé, nous avons la plus grande usine de chocolat du monde", déclarait Antoine de Saint-Affrique, patron de Barry Callebaut. Visé? En réalité, le Français parlait de Wieze, petite commune de Flandre-Orientale, située entre Alost et Termonde. Mais, en prononçant le "w" à la française, "v" donc, et en ajoutant un accent aigu en fin de mot pour on ne sait quelle raison, le CEO ne s’est sûrement pas douté qu’il désignait une tout autre bourgade de notre plat pays, distante de 150 kilomètres de son "homonyme" flamande. La seule proximité chocolatière à laquelle on peut penser pour Visé, c’est la présence de la chocolaterie Galler, bon client du fabricant suisse, située à une vingtaine de kilomètres.

On peut rire avec le Brexit

Les téléspectateurs les plus attentifs des journaux télévisés de la semaine n’auront pas manqué de remarquer l’apparition d’un journaliste de L’Echo, plutôt hilare en plein milieu d’un sujet sur le Brexit. La rédaction leur devait une explication. Lundi, le groupe de haut niveau chargé de plancher sur les conséquences du divorce britannique sur l’économie belge remettait son rapport au Premier ministre, Charles Michel. Rendez-vous donc à l’entrée de sa résidence. La presse fait le pied de grue, quand l’éminente délégation se présente au Lambermont. La petite porte est bien gardée. À gauche, un officier de la police militaire au regard affûté. À droite, une stagiaire du cabinet aux consignes limpides: ne peuvent entrer que les messieurs qui figurent sur sa liste. Le vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, de l’Économie et des Consommateurs, chargé du Commerce extérieur se présente. Il hésite, puis consent à se plier au pointilleux protocole qui semble vouloir s’appliquer à lui. "Kris Peeters". La stagiaire passe en revue sa liste de la pointe du stylo… Un poil agacé, l’intéressé passe sans demander son reste. À sa suite, l’ex-étudiant de Harvard et par ailleurs secrétaire d’État au Commerce, Pieter De Crem, décline lui aussi nom et prénom. Le porte-parole du Premier ministre vient alors expliquer à la zélée stagiaire que c’est bon, elle peut laisser passer. Tout le monde rit, la stagiaire aussi, et l’on peine à décrire cette atmosphère bon enfant épicée d’une once d’orgueil ministériel égratigné. Puisqu’on y est, arrêtons-nous un instant sur le rapport en question: "Towards a Belgian Economic Brexit Strategy". Vous avez remarqué? La langue de Shakespeare a décidément la peau dure… Mais qu’on ne s’y méprenne: le rapport du monde économique belge est rédigé en néerlandais et en français, seul le titre a des accents anglo-saxons. "Et on ne va pas traduire le rapport en anglais de sitôt!" assure le président du groupe de haut niveau, Paul Buysse. Pourquoi dans ce cas ne pas s’être contenté des langues nationales? On laisse le micro à Boris Vian pour répondre: "C’est dans les p’tits détails comme ça; Que l’on est snob ou pas…"

Jacqueline Galant a failli perdre la présidence de sa commission pour Furlan

Il ne s’agit pas d’une histoire d’amour entre l’ancienne ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR) et le désormais ex-ministre wallon des Pouvoir locaux Paul Furlan (PS)… Le jeudi 26 janvier était inscrit à l’ordre du jour du Parlement wallon le débat sur une motion de méfiance à l’encontre de ce dernier qui s’est pris les pieds dans le dossier Publifin. Pour rappel, la démission de Paul Furlan, quelques heures plus tôt ce jour-là, avait enlevé tout intérêt à la motion de méfiance. Mais la veille, le scénario de la démission d’initiative de l’ancien ministre n’était pas connu et on le sait, les libéraux sont en pointe sur le dossier. Pierre-Yves Jeholet, le chef de groupe MR dans l’hémicycle régional, comptait donc sur ses troupes pour désarçonner Paul Furlan. Sauf que la bourgmestre de Jurbise avait décidé de ne pas participer au débat. Probablement que le sort de son collègue de Thuin lui rappelait les durs moments qui ont précédé sa propre démission l’an dernier de son portefeuille de ministre fédérale. Mais selon les mauvaises langues, son absence était aussi une forme de soutien à l’ancien ministre wallon, également bourgmestre de Thuin.

Alerté, Pierre-Yves Jeholet a alors immédiatement intimé l’ordre à Jacqueline Galant de participer à l’audience parlementaire du 26 janvier, à défaut, il l’a menacée de la dégommer de la présidence de la commission aéroports wallons du Parlement régional. Vu la réticence de la députée à obtempérer, il s’est tourné vers le président du MR, Olivier Chastel, qui a servi le même discours à l’ancienne ministre. Finalement, contre son gré, elle s’est présentée au Parlement.

Des observateurs (mal intentionnés?) font remarquer que la présidence d’une commission permet de bénéficier d’une prime (200 euros, dit-on). Une chose est sûre: Galant n’est plus tellement en odeur de sainteté parmi les siens sur les bancs du Parlement wallon et son livre "Galant, je vous dis merde" n’a pas augmenté son crédit. Cette pseudo-rébellion dans le dossier Publifin/Paul Furlan risque d’encore plomber son aura. Aujourd’hui, elle partage deux points communs avec Paul Furlan: bourgmestre et ministre poussé à la démission.

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