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La saveur de l'été, les travers de l'État

Le coronavirus ne prend pas de vacances. Nos responsables politiques devront rester mobilisés tout l'été. Et faire un gros effort de clarté.

"Cet été aura une saveur particulière."

Ainsi parlait Sophie Wilmès, en conclusion de la dernière grande conférence de presse du Conseil national de sécurité en date, le 24 juin dernier.

L'épidémie semblait sous contrôle, les frontières venaient de rouvrir, notre vie sociale allait pouvoir reprendre un cours presque normal avec l'élargissement des bulles de contacts et l'autorisation de toute une série d'activités récréatives. La Belgique pourrait partir en vacances le coeur et l'esprit un peu plus légers, après des semaines de confinement.

Mais il y avait un "mais", avait ajouté Sophie Wilmès: "Le virus est toujours présent, il faudra faire preuve d'une grande prudence, en Belgique comme à l'étranger."

Cette "saveur particulière", nous y avons goûté, cette semaine.

"En Belgique, les chiffres des contaminations ont cessé de refluer. Le doute s'installe à nouveau. On marche sur le fil du rasoir."

Voyager ne sera pas forcément délassant. De nouvelles éruptions épidémiques poussent certains pays à reconfiner. Partiellement, jusqu'ici. Mais le signal est clair: le virus ne craint pas le soleil.

En Belgique, les chiffres des contaminations ont cessé de refluer. Le doute s'installe à nouveau. On marche sur le fil du rasoir.

À cette inquiétude qui remonte, s'est ajoutée une nouvelle salve de communications, disons... haute en couleurs. Comme au plus fort de l'épidémie, il fallait accrocher ses ceintures pour suivre.

Les codes couleurs pour les pays de destination, c'était une bonne idée. Enfin de la clarté. Sauf que, désormais, il faudra bien faire la différence entre les recommandations pour les départs et celles pour les retours. Pour prendre un exemple, un pays "orange" à l'aller peut être "rouge" ou "vert" pour le chemin du retour. La situation est extrêmement mouvante dans plusieurs pays, certes. Mais arrêtons le bricolage.

Au rayon masques, on a eu droit à une surprise. Jeudi soir, ils devenaient obligatoires dans les lieux publics clos à compter de ce samedi.

"Atermoiements ou précipitation. La gouvernance de ce pays a décidément une saveur particulière qui, comme ce virus, ne connaît hélas pas les saisons."

Moins de 48h pour que les commerçants et cinémas s'adaptent, alors que jusqu'ici, malgré les recommandations de nombreux experts, les autorités avaient toujours refusé de les imposer.

Soyons de bon compte: la décision sur les masques a le mérite de la clarté. Tout le monde sait désormais à quoi s'en tenir. Enfin! Mais pourquoi avoir attendu? Un mystère de plus dans la gestion de cette crise.

Atermoiements ou précipitation. La gouvernance de ce pays a décidément une saveur particulière qui, comme ce virus, ne connaît hélas pas les saisons.

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