Mathieu Michel (MR) : "Je ne permettrai pas de profilage des citoyens"

©jonas lampens

Suite au flou qui demeure sur le projet de mise à disposition des données de citoyens, Mathieu Michel a déclaré qu'il souhaitait offrir un maximum de transparence à la population belge.

Le secrétaire d'État à la Digitalisation et à la Protection de la vie privée, Mathieu Michel, veut faire la transparence sur la façon dont les données des citoyens sont traitées par l'État, a-t-il expliqué mercredi. Une annonce qui survient suite aux révélations sur le projet d'un grand carrefour électronique de diverses données, qui concerne les citoyens et les entreprises.

 "Je ne permettrai pas de profilage des citoyens. Il est urgent de leur rendre la transparence sur ces données qui leur appartiennent, qui n'appartiennent pas à des fonctionnaires", a fait remarquer Mathieu Michel à l'Agence Belga.

"Il est urgent de leur rendre la transparence sur ces données qui leur appartiennent."
Mathieu Michel
Secrétaire d'État à la digitalisation et à la Protection de la vie privée.

Il y a un mois, le secrétaire d'État a indiqué devant le parlement qu'il accélérerait l'évaluation de la législation sur la protection de la vie privée. "Dans cet esprit, j'ai l'intention de mettre de l'ordre sur la façon dont les données sont gérées, cela veut dire assurer la transparence et permettre aux citoyens de savoir quelles sont les données que l'État détient sur lui et ce qui en est fait, et renforcer le cadre juridique qui entoure ces données", a-t-il ajouté.

Un projet douteux?

Le flou demeure toujours sur le projet de mise à disposition des données de citoyens à l'étude au SPF Stratégie et Appui. "La façon dont les données semblent aujourd'hui accaparées par certains fonctionnaires n'est pas acceptable", a souligné M. Michel en évoquant un projet échafaudé par des fonctionnaires qui semble avoir été plus loin que le stade de la réflexion approfondie.

"J'ai l'intention de mettre de l'ordre sur la façon dont les données sont gérées."
Mathieu Michel
Secrétaire d'État à la Digitalisation et à la Protection de la vie privée

Ce mercredi, Le  Soir rapportait en effet que l'ASBL Smals, qui assure des missions informatiques pour les organismes du secteur social et du secteur des soins de santé, menait ce projet "pour profiler les Belges".

Le quotidien décrit le projet "Putting Data at the Center" comme "une porte d'accès unique, un 'grand carrefour' où se croisent ce que l'on appelle les 'sources authentiques', soit les bases de données certifiées par l'État sur l'ensemble des événements de la vie des Belges. On y voit donc le registre national (nom, adresse, date de naissance, composition de la famille...) côtoyer des données que légalement on ne peut en aucun cas mixer (santé, sécurité sociale, fiscal, justice, économique...). Le tout, ouvert à des partenaires privés."

De son côté, Smals nie ces allégations : "Ce n'est pas un projet qui existe chez nous", a indiqué un porte-parole."Selon l'article, Smals et son CEO Frank Robben seraient les initiateurs du projet, lequel serait secret, impliquerait le traitement en masse d'informations personnelles et ne serait pas couvert par un cadre juridique. Ce reportage est un véritable tissu de mensonges", déclare-t-il.

Putting Data at the Center

C'est au sein du SPF Stratégie & Appui (Bosa) qu'est mené un tel projet qui, depuis, a changé de nom en "Smart Data Services". Le SPF assiste le gouvernement et soutient les organisations fédérales dans différents domaines: IT, RH, budget... Dans le cadre de Smart Data Services, il examine la possibilité de mettre des données de citoyens, mais aussi d'entreprises ou de véhicules, à disposition d'organisations publiques ou le cas échéant privées, précise une porte-parole du SPF. Le projet visé dans l'article concerne l'accès à BEST, source authentique des adresses belges et notamment open data.

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