interview

Maxime Prévot (cdH): "On ne peut pas écarter la N-VA d'entrée de jeu"

Maxime Prévot positionne le cdH comme candidat au pouvoir. ©Tim Dirven

Le cdH propose la création d'un fonds obligataire associant public et privé pour injecter du capital frais dans les entreprises. Son président, Maxime Prévot, appelle également à remettre la fiscalité belge à plat. Il note au passage que la N-VA s'est montrée "correcte et constructive" dans la gestions de crise.

On turbine dans les partis pour affuter l'arsenal qui permettra au pays d'éviter une crise économique dévastatrice. Le cdH ne fait pas exception et Maxime Prévot, son président, affirme son parti - et ses 5 députés - comme candidat au pouvoir. L'Echo l'a interrogé plus précisément sur ses propositions économiques.

"Il faut distinguer l'urgence de la relance, dit-il. Il faut des mesures immédiates pour éviter l'explosion des faillites et puis s'inscrire dans une relance à plus long terme. Si l'on veut une réorientation vers une économie régénératrice, plus verte et plus humaine, cela ne se fera pas en un mois."

"Si on veut une réorientation vers une économie régénératrice, plus verte et plus humaine, cela ne se fera pas en un mois."
Maxime Prévot
Président du cdH

"Mais à l'évidence, il faudra aller plus vite vers cette économie relocalisée et donc moins dépendante des produits importés de Chine ou de la main d'oeuvre des pays de l'Est et davantage en phase avec le Green Deal européen", plaide l'humaniste. 

Injecter des capitaux

Comment sauver le tissu entrepreneurial? "Les liquidités n'assurent pas la solvabilité", prévient Maxime Prévot. Le risque: que des entreprises aidées aujourd'hui ne sombrent dans six mois ou un an. "Pour une viabilité à plus long terme, il faudra jouer sur l'actionnariat pour injecter des capitaux et ensuite travailler sur les clients et donc sur le pouvoir d'achat. Nous proposons de créer un fonds obligataire post-corona qui soit public-privé et qui bénéficie tant aux PME qu'aux ASBL. L'idée est d'ainsi permettre aux entités fédérées de prendre des participations temporaires dans ces PME ou ASBL durant 5 ans."

"Ces obligations donneraient droit à des dividendes annuels qui seraient supérieurs aux taux des carnets d'épargne, par exemple de 3%, poursuit-il. En cas de casse, la Région doit couvrir les pertes pour rembourser les prescripteurs à hauteur de la valeur des obligations à l'échéance des 5 années."

Il plaide aussi pour l'investissement citoyen via les plateforme de crowfunding. Sur le pouvoir d'achat, le cdH propose un forfait de 500 euros déductibles par chaque contribuable pour des achats locaux, des dépenses culturelles et dans l'horeca.

Suppression de l'ONSS 

Au report des cotisations sociales, le cdH préfère une suppression pour la première moitié de l'année. Il propose de les diviser par deux pour les deux derniers trimestres de 2020. "La reprise se fera par paliers, si on ne fait pas cela, on risque d'étouffer les entreprises."

Cette mesure n'est pas dans la proposition du gouvernement Wilmès qui sera débattue par les 10 partis soutenant les pouvoirs spéciaux durant le week-end. "Mais nous l'avons remise sur la table." Maxime Prévot demande aussi la prolongation du "bazooka 1" (les garanties d'État pour 50 milliards pendant 12 mois) jusqu'en 2022. 

Cette dette qui gonfle constitue-t-elle les impôts demain, demande-t-on. "Il faut une fiscalité mieux balancée", lance Prévot. Son menu? Impôt de 3% sur les Gafas, proposé à la Chambre et rejeté en novembre "par les autres partis, notamment libéraux". "Aujourd'hui les autorités européennes incitent les États à prendre l'initiative. Les partis qui avaient rejeté l'idée nous contactent pour dire qu'ils sont disposés à soutenir notre texte." 

Dual income tax

Il embraye sur le projet fiscal du cdH: "Nous sommes favorables au dual income tax". Principe: "augmenter l'assiette de taxation pour en diminuer les taux". "À contribution constante, cela permet de rééquilibrer entre le travail et le capital. La fiscalité des biens mobiliers est intégrée, avec une taxation sur les plus-values. On n'intègre par contre pas les loyers, car ils sont déjà taxés via le revenu cadastral."

Le cdH est plus que jamais candidat au pouvoir. "Oui, nous sommes disponibles pour assumer des responsabilités." Il poursuit sur la formation du prochain gouvernement. "Si on veut agir efficacement et rapidement, on a besoin d'un socle de propositions largement partagé. Georges-Louis Bouchez veut partir de 5 partis, je m'inscris plutôt dans la ligne de la Première ministre, qui est de démarrer avec les 10 partis qui accompagnent la crise depuis mars." 

"Je ne dis pas encore que la N-VA doit ou pas être dans ce gouvernement, je dis que cette question ne doit pas se poser maintenant."
Maxime Prévot

Le cdH serait-il devenu plus N-VA compatible? "La N-VA accompagne la gestion de crise au sein de ce super kern. Elle se montre correcte et constructive. Si on veut un consensus le plus large sur les mesures de relance, on commettrait une erreur en mettant de côté le premier parti de Flandre d'entrée de jeu. Une fois qu'on aura convergé sur les mesures de relance, se posera la question de qui les mettra en oeuvre. Avant la crise, on prenait les choses en sens inverse. Je ne dis pas encore que la N-VA doit ou pas être dans ce gouvernement, je dis que cette question ne doit pas se poser maintenant. On doit travailler collectivement, aussi avec la N-VA."

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