Michel achoppe toujours sur le pacte migratoire, la N-VA le met sous pression

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A la Chambre, seuls la N-VA, le Vlaams Belang et le PP s'opposent au pacte de l'ONU pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui doit être signé par les Etats lors du sommet mondial sur la migration ces 10 et 11 décembre à Marrakech. Mais dans les coulisses, les choses avancent.

"Il y a un éléphant dans la salle, dont on ne parle pas." L’image est éloquente, et résume assez bien les progrès enregistrés au sein du gouvernement fédéral afin de surmonter la crise engendrée par le pacte de l’ONU sur les migrations, accepté par tous les partis de la coalition (MR, CD&V et Open Vld), à l’exception, ferme, de la N-VA.

"Cela n’a pas avancé d’un poil", souligne-t-on ici. Chacun campe sur sa position. D’un côté, un Charles Michel résolu à ce que la Belgique approuve ce document non contraignant, histoire aussi de ne pas trahir la parole donnée il y a peu à la tribune des Nations unies. De l’autre, la N-VA, dont il se dit que seule la "frange dure" du parti est hostile au pacte, mais qui n’en parle pas moins d’une seule voix. Bref, pour l’instant, ce fameux texte ne passe pas. Et personne, au sein de l’équipe suédoise, ne voit pourquoi il changerait d’avis.

"Il y a un éléphant dans la salle, dont on ne parle pas."

En coulisse, la situation pourrait bien être moins figée que les apparences ne le laissent à penser. Il est ainsi question d’une rencontre au sommet qui aurait eu lieu mardi entre le Premier et Bart De Wever – même si personne ne confirme. C’est que les choses ne s’y seraient pas exactement bien passées.

Alors, histoire de temporiser, la majorité a-t-elle organisé des auditions à la Chambre, dont l’espoir pas si secret est que s’estompent de la sorte les craintes nationalistes? De quoi être sorti d’affaire pour le 10 décembre, à l’occasion du sommet de Marrakech? Telle est l’intention, mais ce n’est pas gagné. Tout en sachant que la véritable échéance est le vote à l’ONU, qui suivra ce sommet – organisé, donc, un peu pour la galerie. Même si cela ferait mauvais genre, voilà qui pourrait constituer un petit délai pour la Belgique

Si crise il y a, ce sera la responsabilité de la N-VA, avertit le MR

Le MR conteste l'interprétation qu'a donnée la N-VA au risque d'une majorité de rechange pour soutenir l'approbation du Pacte des migrations des Nations-Unies. Par leur volte-face, ce sont les nationalistes flamands qui pourraient précipiter une crise, ont laissé entendre les libéraux francophones.

"S'il y a un problème la semaine prochaine, ce n'est pas parce qu'il y aurait une majorité alternative mais c'est parce que la N-VA a changé d'avis, a fait une reculade, sans doute sous pression du Vlaams Belang", a expliqué le chef de groupe à la Chambre, David Clarinval, en réaction aux propos tenus par son homologue de la N-VA, Peter De Roover.

"La réalité n'est pas celle que décrit M. De Roover. Il y a eu une volte-face de la N-VA. Pendant deux ans, ce texte a été négocié et jamais la N-VA n'a montré son opposition. Nous en avons les preuves, des documents en attestent. Jusqu'en septembre, quand le Premier ministre s'est exprimé devant les Nations-Unies, il avait l'accord des quatre partis de la majorité!" a ajouté M. Clarinval.

Le MR ne modifiera pas son attitude: il soutient le Pacte car il estime qu'il offre le cadre multilatéral d'une migration contrôlée. "C'est la mise en place d'un tel cadre qui permettra d'avoir une politique ferme mais humaine, comme nous le voulons", a ajouté le chef de groupe.

Mardi, la commission des Relations extérieures de la Chambre entendra des experts avant de se prononcer sur des propositions de résolution de l'opposition qui appellent au soutien sans réserve du Pacte. Elles pourraient être approuvées par une majorité de rechange, dont ne ferait pas partie la N-VA, pourtant premier parti de la coalition gouvernementale.

Le chef de groupe nationaliste a mis en garde jeudi ses partenaires contre une telle éventualité, car elle signifierait la rupture de la confiance au sein de la majorité. "J'ai l'impression que cela reviendra à nous pousser hors du gouvernement", a-t-il ajouté. Selon lui, ce faisant, ce sont les autres partis qui auront "retiré la prise". 

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