Michel finalise un premier jet de son pacte d'investissement

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Le dossier des investissements publics déboulera au conseil des ministres ce vendredi. Ou juste après les vacances. Qu'y trouvera-t-on?

C’est ce qui s’appelle remonter à la surface. L’idée avait été évoquée durant l’été 2016, pour être confirmée en septembre. Charles Michel plaidait alors pour la mise en œuvre d’un "pacte national pour les investissements stratégiques". Le concept? Mobiliser des milliards d’euros entre 2017 et 2030 afin de financer de vastes chantiers productifs. Secteurs privé et public se donnant la main.

Une idée judicieuse. "La Belgique sous-investit depuis trente ans", écrivions-nous dans ces colonnes début 2016. Et relancer des investissements publics – intelligents – doperait l’économie belge, démontrait il y a deux mois de ça le Bureau du plan. Un seul chiffre: un "choc d’investissement" à hauteur de 0,5% du PIB ferait progresser, sur un horizon de vingt ans, ledit PIB de 2,77%.

Le Fédéral marche sur des œufs: pas question de faire mine d’empiéter sur les compétences des Régions.

Une bonne idée, donc. À laquelle les Régions ont relativement vite adhéré, sur le principe en tout cas. Et depuis? Rien, ou pas grand-chose de visible. Ce qui n’a pas empêché le Premier d’avancer, de consulter et de plaider sa cause, auprès de la Commission européenne notamment. Et de demander à tous les ministères fédéraux de lui transmettre l’inventaire des projets susceptibles de donner un coup de fouet à l’économie ou de renforcer l’attractivité du pays.

Il y aurait du neuf à la fin du premier trimestre 2017, s’était avancé le Premier ministre. Qui devrait tenir parole, ou presque. Le pacte d’investissement déboulera sur la table du conseil des ministres de ce vendredi – tout juste: le 31 mars. Et s’il devait être reporté, rendez-vous est déjà pris pour la première semaine après les vacances de Pâques.

Trois choses, dans la besace de Charles Michel

-De trois à cinq thèmes? Dès le départ, trois grands axes d’investissement s’étaient dessinés: mobilité, transition énergétique et agenda numérique. "Des thèmes communs au Fédéral et aux entités fédérées", précise un connaisseur du dossier. Il semble que le Fédéral souhaite ajouter deux axes supplémentaires, que les Régions sont conviées à emprunter elles aussi.

-Des organes de consultation et de décision. La Belgique est un étrange pays. Qui cache sous l’appellation "fédéralisme" un entrelacs complexe d’institutions et de susceptibilités. Le Fédéral marche sur des œufs: pas question de faire mine d’empiéter sur les compétences des Régions. D’où le principe suivant: chaque gouvernement reste maître chez lui. Et si les compétences se chevauchent, rendez-vous au comité de concertation afin de (tenter de) concilier les points de vue. À côté de cela, le Premier installerait des organes composés notamment d’acteurs dotés d’une certaine crédibilité dans le monde économique ou académique, histoire de bénéficier d’une assise plus large que les majorités du moment.

-Une première série de projets. Michel présentera une première liste indicative de projets s’inscrivant dans ce pacte. Pas que du neuf, puisque l’on y trouvera certains vieux projets enlisés, nécessitant un second élan. Pour l’heure, rien que du fédéral – ou impliquant des entités dans lesquelles l’État est actionnaire. La porte est évidemment grande ouverte aux projets régionaux.

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