Michel retente un grand marchandage avec la gauche

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Le Premier ministre sollicite l’appui des élus de gauche pour régler certains dossiers.

Le Premier ministre Charles Michel (MR) veut conclure un grand accord avec l’opposition de gauche afin que son gouvernement minoritaire en affaires courantes puisse boucler quelques dossiers urgents. La confection d’un budget pour 2020, le nom d’un successeur au 16, rue de la Loi ainsi que la désignation du commissaire européen attribué à la Belgique sont sur la table, comme nous l’ont confirmé plusieurs sources.

Le budget 2020, le prochain occupant du 16, rue de la Loi et la désignation d’un commissaire européen sont au menu des tractations.

Michel relance un plan antérieur parce que la constitution d’un nouveau gouvernement fédéral pourrait intervenir très (trop) tardivement, au delà en tout cas de quelques échéances cruciales. Ainsi, à la mi-octobre, la Commission européenne attend déjà le budget de la Belgique pour 2020, qui devra comprendre des mesures visant à réduire le déficit de 10 milliards d’euros. Par ailleurs, notre pays doit désigner un commissaire européen. Et, enfin, un nouveau Premier ministre devra remplacer Charles Michel, appelé à présider le Conseil européen à partir du mois de décembre. Le porte-parole de Charles Michel fait remarquer que seul le départ de ce dernier le 1er décembre est une certitude. "Tous les autres scénarios relèvent de la spéculation pure."

Du côté des libéraux, on confirme néanmoins que Michel s’emploie à raviver un scénario déjà ébauché. Au vu du refus de la N-VA de coopérer, le Premier ministre en revient aux plans qu’il avait dessinés en décembre dernier au moment du départ des nationalistes flamands du gouvernement. À l’époque, Michel voulait constituer une majorité de rechange au Parlement, avec l’appui d’Elio Di Rupo (PS), pour pouvoir avancer sur quelques dossiers. Cette manœuvre avait échoué parce que l’Open Vld n’était pas prêt à gouverner en affaires courantes avec l’appui de la gauche.

Nouvelle tentative

Michel veut remettre son ouvrage sur le métier après avoir constaté qu’une majorité avait pu se former, avec l’appui des socialistes et des verts, pour placer Patrick Dewael (Open Vld) à la présidence (provisoire) de la Chambre. On parlait alors de la "coalition Dewael", sans la N-VA, ni le Vlaams Belang. Pour aboutir à un accord, le Premier ministre veut utiliser le 16, rue de la Loi comme monnaie d’échange. Ainsi, les libéraux francophones réussiraient in fine à aider Didier Reynders à décrocher le poste international prestigieux dont il rêve, en l’envoyant à la Commission européenne sous la direction d’Ursula von der Leyen. En échange, l’hôte du 16, rue de la Loi serait d’un autre bord politique. Le nom de Wouter Beke circule. Un autre scénario consisterait à placer Didier Reynders au 16, rue de la Loi et à attribuer le poste de commissaire européen au CD&V. Kris Peeters serait pressenti.

Si le CD&V ne se "scotche" pas à la N-VA, il serait possible de constituer une coalition de centre gauche.

Pour mener leurs plans à bien, les libéraux francophones comptent surtout sur le CD&V, parce que ce parti joue un rôle clé dans la formation du gouvernement fédéral. Si le CD&V ne se "scotche" pas à la N-VA, il serait possible de constituer une coalition de centre gauche.

Restée au balcon, la N-VA se dit choquée par les manœuvres de Charles Michel. "Alors que le gouvernement Michel démissionnaire ne fait quasi plus rien en Belgique depuis le mois de décembre, il s’active beaucoup sur la scène internationale et européenne pour la distribution de beaux postes", fustige Theo Francken.

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