Michel signera le pacte de migration, n'en déplaise à la N-VA

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Texte "problématique" sur le fond. Texte contraire à "la vision migratoire". La N-VA veut voir la Belgique renoncer à signer le pacte migratoire de l'Onu. Mais Charles Michel aurait tapé du poing sur la table.

Le pacte de migration de l'Onu sera bel et bien adopté par la Belgique. Le Premier ministre, Charles Michel, aurait, selon Le Soir et De Standaard fait savoir à ses partenaires de la coalition et donc en particulier à la N-VA, qu'il n'était nullement question que la Belgique revienne sur sa parole prononcée en septembre dernier à la tribune new-yorkaise de l'Onu.

Lors de cette allocution, les partis de la Suédoise n'avaient aucune objection majeure. Et pour cause, ils partaient du principe que le pacte n'émettait aucune position pour ou contre la migration. Il se limitait tout au plus à baliser de manière non contraignante les grands principes de la coopération.

Mais qu'est-ce qui a changé? Fin octobre, le nouveau dirigeant autrichien, Sebastian Kurz, a déclaré que son pays ne soutiendrait pas le pacte. Ces propos ont fait boule de neige et provoqué des débats houleux dans d'autres pays comme les Pays-Bas et le Danemark avec des effets ressentis en Belgique. La semaine dernière, la N-VA indiquait ainsi avoir des difficultés avec ce texte. Rien n'a toutefois été exprimé officiellement. Ce sont des propos de Theo Francken qui ont mis le feu aux poudres.

Le bureau du parti organisé hier matin n'a pas calmé le jeu. Un communiqué envoyé dans la foulée a au contraire remis un peu d'huile sur le feu. Le parti prend ainsi ses distances avec le texte qualifié de "très problématique" sur le fond; un texte opposé à "la vision de la migration" et aussi contraire à "la politique menée par le gouvernement". Les nationalistes flamands identifient deux dispositions particulièrement problématiques:

→ celle sur le regroupement familial: "assouplir le regroupement familial alors qu'on a diminué la possibilité de regroupement familial et qu'on veut aller plus loin en augmentant par exemple les limites de revenus."
→ celle sur l'enfermement des enfants: " dès qu'une famille a des enfants, on ne pourra plus jamais l'expulser."

Face à cette "crise" interne, Charles Michel comptait sur le soutien d'Emmanuel Macron, actuellement en visite d'état chez nous. Il espérait que la France suive la Belgique dans ses doutes, mais sans succès. 

Le Premier ministre aurait donc fait passer le message aux partis de la majorité, dont le CD&V et l'Open-VLD soutiennent leur leader. Deux scénarios sont envisagés:

  • La N-VA plie l'échine et accepte les exigences de Charles Michel
  • La N-VA refuse de mettre genou à terre et décide qu'elle ne peut plus faire partie du gouvernement

Des discussions "secrètes" seraient en cours afin d'assortir le texte d'une "explanation of vote", une sorte de commentaire nuançant le texte, de quoi apaiser les craintes de la N-VA.

Les craintes semblaient également vives au MR. "On ne peut pas reculer", entendait-on. "C'est dégueulasse de la part de la N-VA, qui a participé à toutes les réunions et fait maintenant machine arrière." Certains affirment même que "Charles Michel n'a jamais été aussi furax."

Le MR semble donc prêt à aller à l'affrontement, quitte à provoquer une crise gouvernementale.

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