Publicité

Mobilisation à Bruxelles contre la marge salariale

Des milliers de manifestants ont défilé dans la capitale. En cause: la loi de 1996 qui cadre l'évolution des salaires du secteur privé et fixe la marge salariale. ©EPA

Entre pétards, percussions et coups de klaxons, plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l’appel de la FGTB.

Dès 10 heures, les premiers groupes se pressaient sur le boulevard Roi Albert II. Entre premiers pétards et chansons, des ballons rouges revendiquant "meilleure loi, meilleur travail" flottent au-dessus de la foule. Des volontaires distribuent des masques rouges sur lesquels le chiffre 96 est frappé en plein cœur par une flèche.

7.000 - 15.000
Manifestants
La police estime que 7.000 manifestants ont traversé les rues de Bruxelles vendredi. La FGTB estime qu'ils étaient 15.000.

Réunis à Bruxelles vendredi, les manifestants répondent à l’appel de la FGTB. Dans le viseur du syndicat socialiste: la loi de 1996 qui cadre l’évolution des salaires du secteur privé en Belgique, et qui fixe la marge salariale. Une législation qui à leurs yeux "bloque toute augmentation significative des salaires". "Alors qu’on va connaître une croissance de 9% les deux prochaines années (selon la banque nationale), cette loi va nous mettre un carcan de 1 ou 2% dans la négociation des salaires", fustige Thierry Bodson, président de la FGTB.

Faute de révision, la FGTB menace de ne pas s’assoir à la table des négociations pour l’accord interprofessionnel 2023-2024. Le CSC et le CGSLB se sont ralliés à sa cause.

Alors que diverses actions sont prévues à travers le pays, certains ont pris la route pour se joindre au cortège bruxellois. Au total, entre 7.000 et 15.000 travailleurs ont répondu présents.

"Pour qu'ils voient pourquoi on se bat"

À 11h, des percussions ouvrent la danse, et c’est une déferlante de rouge qui prend possession du boulevard Botanique.

"Une grande partie de la valeur ajoutée des entreprises va vers les dividendes et pas vers les travailleurs."
Thierry Bodson
Président de la FGTB

Dans le cortège, Mazdak, parti depuis peu de chez ses parents "se sent déjà limité" et aimerait que "les politiques viennent voir sur le terrain". Annick, auxiliaire de vie, est accompagnée de ses enfants "pour qu’ils voient pourquoi on se bat". Laïfa, chauffeur, pense "qu’il y a un problème: les patrons nous demandent toujours plus pour nous retirer plus".

"On doit arrêter de nous presser comme des citrons. Les salaires minimums doivent augmenter, et qu’on arrête de profiter des travailleurs", synthétise Asma, infirmière. Pendant le covid elle a dû travailler "quatre fois plus". "Et tomber malade quatre fois plus.. On a cru qu’on allait partir aussi", confie-t-elle. "C'était une très mauvaise période et on n’a pas l’impression d’être soutenus."

Si les âges, les métiers et les discours se mélangent, les revendications restent les mêmes: des conditions de travail et des salaires meilleurs. "Une grande partie de la valeur ajoutée des entreprises va vers les dividendes et pas vers les travailleurs. Or la loi de 96 prévoit que ce ne sont pas seulement les salaires qui peuvent être contraints, mais aussi les autres revenus", rappelle Thierry Bodson.

"Une forme de résistance"

Si de nouvelles manifestations ne sont pas encore à l'ordre du jour, la FGTB compte poursuivre ses actions pour obtenir gain de cause. "D’ici la fin de l’année, il y aura des rencontres dans toutes les régionales avec les responsables politiques de façon à leur remettre un dossier qui explique l’ineptie tant économique que sociale de cette loi", annonce Thierry Bodson. "On va entrer dans une forme de résistance: on organisera des actions et on fera de la sensibilisation jusqu’à ce que cette loi tombe", affirme à son tour Najar Lahouari, président de la FGTB-Metallo Brabant.

"On va entrer dans une forme de résistance: on organisera des actions et on fera de la sensibilisation jusqu’à ce que cette loi tombe."
Najar Lahouari
Président MWB-FGTB Brabant

Le cortège, en attendant, poursuit sa route vers la gare du Midi. Des manifestants scandent des slogans, tandis que d’autres, solennels, accompagnent des banderoles géantes. Les commerçants sortent des boutiques pour regarder le cortège s’éloigner.

Asma garde espoir. "J’ai un peu de baume au cœur quand je vois tous les gens mobilisés. On espère que ça va faire réfléchir."

Le résumé

  • À l'initiative de la FGTB, la grève nationale de ce vendredi a réuni 15.000 manifestants, 7.000 selon la police.
  • En cause: la loi de 1996 qui cadre les salaires du secteur privé et fixe la marge salariale.
  • Faute de révision, le syndicat socialiste menace de ne pas s'assoir à la table des négociations pour l'accord interprofessionnel 2023-2024.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés