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Mobilité et métiers en pénurie sont les deux urgences belges, pour la FEB

Pieter Timmermans, patron de la FEB ©BELGA

Le ralentissement économique ne serait que passager, estime la Fédération des entreprises. Qui reste prudente: le cru 2019 n’est pas sans dangers.

C’est un classique. Tous les six mois, la Fédération des entreprises de Belgique sonde les différents secteurs qui la composent, afin de prendre le pouls de l’économie belge. Que retenir de cette édition estivale du "focus conjoncture"? C’est vrai, le rythme économique ralentit, reconnaît la FEB. Mais il faut plutôt y voir une pause que les prémisses d’une régression plus profonde.

L’activité est restée soutenue durant le premier semestre 2018 – stable pour 38% des secteurs, elle a progressé pour 43% d’entre eux. Ils sont toutefois quatre (assemblage automobile, commerce, industrie graphique et textile) à avoir enregistré une baisse; ils n’étaient que deux six mois plus tôt. L’image ne change pas fondamentalement lorsque l’on cesse de jeter un œil dans le rétroviseur pour envisager l’avenir proche.

61%
61% des secteurs estiment qu’une guerre commerciale entre la Chine et les USA aura un impact négatif sur leur activité.

Oui, l’optimisme a un brin fondu au soleil. Ils sont plus nombreux à croire que leur activité se stabilisera durant les six prochains mois (57% des secteurs) qu’en novembre dernier (47%), et moins nombreux à attendre une intensification (33% contre 52% fin 2017). Malgré cette décélération, l’indicateur d’activité mitonné par la FEB ne se porte pas trop mal.

"Plusieurs signaux nous permettent de nous montrer assez confiants sur le court terme", détaille la FEB. Ils sont au nombre de trois.

  • Un: la rentabilité attendue progresse légèrement.
  • Deux: les plans d’investissement des entreprises ne fléchissent guère, au contraire, et ce même au sein des secteurs en difficulté, "qui misent sur l’innovation et le digital".
  • Trois: même si elle sera moins marquée qu’en 2017, la croissance de l’emploi restera au rendez-vous.

De 40%, les secteurs envisageant de recruter sont tombés à 20%, l’industrie misant plutôt sur une stabilisation. "Il ne semble donc pas y avoir de menace d’une grande vague de délocalisations ou de restructurations. L’évolution favorable des coûts salariaux enregistrée ces dernières années y contribue indubitablement."

1,8%
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La FEB table sur une croissance de 1,8% du PIB pour 2019.

Autant de raisons qui font dire à la FEB que cette pause n’est que temporaire. Et lui permettent de s’attendre à une accélération douce de l’activité au second semestre. Et pour 2019? La FEB table sur une croissance de 1,8% du PIB. Même si, visiblement, elle marche sur des œufs, au vu du "brouillard" enveloppant le cru 2019.

Brexit; escalade dans la guerre commerciale "désastreuse" à laquelle se livrent la Chine et les Etats-Unis, dont 61% des secteurs estiment qu’elle aura un impact négatif sur leur activité; réaction des marchés financiers à la décision de la BCE de mettre fin à son programme de rachats d’actifs; situation en Italie; vitesse de formation du gouvernement belge en 2019: les risques et incertitudes ne manquent pas.

Au passage, la FEB rappelle ses priorités politiques. Métiers en pénurie et (im)mobilité: cela urge, la Belgique doit agir sans plus attendre.

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