Moins d'une entreprise sur deux aura encore accès au chômage corona

Le recours au chômage temporaire corona a été particulièrement important dans l'horeca ©katrijn van giel

Un peu plus de 40% des entreprises pourront encore prétendre au chômage temporaire corona à partir de septembre. Les autres pourront jouir d'un chômage économique assoupli.

Les conditions pour recourir au chômage pour force majeure corona seront plus strictes dès la rentrée. Résultat: seuls 42% des entreprises pourront encore y prétendre, ressort-il d'une analyse du prestataire en ressources humaines Acerta.

Instaurée le 20 mars, la "procédure corona" pour le chômage temporaire avait permis d'automatiser et de simplifier le traitement des demandes. En avril, au pic de la crise, plus de 1,2 million de travailleurs se sont retrouvés sous ce régime.

Les partenaires sociaux ont demandé à ce qu'il soit prolongé jusqu’à la fin de l’année, mais le gouvernement en a décidé autrement. Dès le 1er septembre, les règles changent donc.

Durcissement

Désormais, les employeurs ne pourront accéder au régime corona que s'ils proviennent de l'un des secteurs les plus touchés, dont la liste sera publiée dans les prochains jours, ou s'ils peuvent démontrer qu'ils ont dû compenser au moins 20% de leurs heures de travail par du chômage temporaire au cours du deuxième trimestre.

42%
Des entreprises
Seuls 42% des entreprises pourront encore prétendre au chômage temporaire pour force majeure corona en septembre.

En Région wallonne, 54,3% des entreprises remplissent cette deuxième condition, tandis qu'elles sont 41,7% dans le cas à Bruxelles et 39,6% en Flandre. Sur l'ensemble du pays, la moyenne s'établit à 42%.

"Il s’agit principalement d’établissements horeca, de coiffeurs, d'esthéticiennes, de centres de fitness ou encore de commerce de détail", explique Laura Couchard, conseillère juridique chez Acerta. Particulièrement touchées lors de la première phase de la crise, ces entreprises pourront donc encore bénéficier jusqu’à la fin de l’année du régime assoupli.

Pour rappel, un travailleur qui se retrouve au chômage temporaire en raison de la crise du coronavirus reçoit 70% de sa rémunération moyenne, plafonnée à 2.754,76 euros brut. À celle-ci s'ajoute un complément mensuel d'environ 150 euros à charge de l'Onem.

Chômage économique assoupli

Mais qu'en sera-t-il des entreprises qui n’entrent plus dans les conditions? Pas de panique, un autre filet de sécurité reste disponible.

Ces employeurs pourront s'orienter vers le système transitoire du chômage temporaire pour causes économiques. Pour ce faire, ils devront prouver une baisse de production ou du chiffre d'affaires d'au moins 10% par rapport au même trimestre de l'année précédente, mais aussi s'engager à offrir deux jours de formation par mois aux employés mis en chômage.

Frais salariaux

Enfin, bien que 43% des entreprises n’aient pas du tout invoqué le chômage temporaire au cours du deuxième trimestre, cela ne signifie pas pour autant qu'elles ne rencontrent plus d’obstacles.

43%
Des entreprises
Au cours du deuxième trimestre, 43% des entreprises n'ont pas du tout eu recours au chômage temporaire corona.

Comme celles-ci n'entrent probablement pas dans les conditions pour recourir aux deux systèmes précités, elles porteront une attention accrue à leurs frais en cas de pépin, analyse Acerta.

En sondant les intentions de ces employeurs, le prestataire de services RH a constaté qu'un sur cinq examine actuellement les possibilités de réduire les bonus ou les salaires variables dans son entreprise, tandis qu'un sur sept se penche sur une réduction ou une interruption des prestations de travail, par le biais d’un congé thématique ou encore d’un crédit-temps.

8%
Des employeurs
D'après Acerta, 8% des employeurs envisagent des licenciements afin de pouvoir faire face aux défis engendrés par la crise du coronavirus.

"Une piste moins connue est le partage temporaire de travailleurs entre employeurs. Un effet positif du coronavirus sera peut-être d'accélérer certaines évolutions prometteuses", ajoute Laura Couchard.

Ne nous leurrons pas, les mesures de soutien et les outils dont disposent les entreprises ne suffiront pas toujours . 8% des employeurs le reconnaissent d'ailleurs: ils devront probablement licencier dans les prochains mois...

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