Moins de trains vers le littoral dès ce week-end

Les trains vers la Côte belge seront moins nombreux lors du week-end du 15 août ©BELGA

L'offre ferroviaire vers la Côte va être réduite dès ce week-end. Objectif: éviter la saturation dans certaines stations et garantir la sécurité sanitaire.

La Côte belge, ses plages, ses digues, ses embruns et... ses règles de distanciation sociale. Après un week-end émaillé d'incidents, qu'ils attribuent à une affluence touristique trop importante, les bourgmestres du littoral souhaitaient corriger le tir. Dans leur ligne de mire: l'offre estivale de la SNCB.

Après plusieurs heures de concertation ce mardi avec la compagnie ferroviaire et le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR), les édiles locaux ont finalement obtenu gain de cause.

24.000 voyageurs par jour

Concrètement, un plafond journalier du nombre de personnes transportées en train vers les gares de la Côte a été fixé pour le week-end à venir . Au total, un maximum de 24.000 voyageurs pourront rejoindre quotidiennement les stations balnéaires grâce à la SNCB. (10.000 via Ostende, 6.000 pour Blankenberge, 4.000 pour Zeebruges, 2.000 pour Knokke et 2.000 pour la Panne).

"Dès le week-end des 15 et 16 août, l'offre ferroviaire estivale à destination du littoral sera limitée", nous confirme le porte-parole de la compagnie de chemins de fer, Vincent Bayer. Si les détails ne sont pas encore connus, l'offre adaptée sera consultable en ligne à partir de vendredi.

"Dès le week-end des 15 et 16 août, l'offre ferroviaire estivale à destination du littoral sera limitée."
Vincent Bayer
Porte-parole de la SNCB

En outre, des mesures seront prises afin de garantir que le taux d'occupation des trains n'excède jamais les 80%. "Concrètement, quand un train présente un taux en passe d'atteindre ce seuil, un message invitera les voyageurs qui veulent y monter dans la gare suivante à se diriger vers un autre véhicule", précise Vincent Bayer.

Pour garantir que ces règles soient bien suivies, des renforts de la police fédérale seront également répartis dans les grandes gares du pays, tandis que des messages inviteront les usagers à éviter les déplacements massifs vers la Côte.

Le dispositif sera évalué chaque semaine afin de voir s'il convient de le reconduire ou éventuellement de l'adapter, précise-t-on à la SNCB.

Comment en est-on arrivé là?

Revenons un peu en arrière... Samedi dernier, environ 15.000 personnes se sont rendues en train à Ostende, 8.000 à Blankenberge et 2.500 à Knokke-Heist, une affluence incompatible avec les mesures de sécurité liées à l’épidémie de Covid-19, ont martelé les bourgmestres.

"Notre plan de plage permet d'accueillir au maximum 10.000 personnes. Or, 8.000 passagers ont été acheminés rien que par la SNCB dans notre commune samedi dernier", se plaignait-on, par exemple, à Blankenberge. "Avec les habitants, les propriétaires de seconde résidence et les gens qui voyagent en voiture, c'est tout simplement trop."

D'après certains édiles, cette affluence massive a même provoqué des débordements, dont une bagarre impliquant des dizaines de personnes. Pour eux, pas de doute possible: l'offre de la SNCB devait être revue.

Leur plaidoyer, les différents bourgmestres l'ont finalement porté ce mardi aux oreilles des ministres fédéraux de la Mobilité, François Bellot (MR), et de l'Intérieur, Pieter De Crem (CD&V). Avec succès donc, puisqu'il a été acté que l'offre vers la Côte sera adaptée dès le week-end prochain.

À elle seule, la mesure ne résoudra cependant probablement pas l'ensemble des problèmes rencontrés, d'autant plus au regard du grand nombre de touristes d'un jour qui se rendent en voiture au littoral.

Pour l'association d'usagers des transports publics TreinTramBus, la décision prise n'a d'ailleurs pas beaucoup de sens. "La SNCB et ses passagers ne portent pas la moindre responsabilité dans les incidents de la semaine dernière", a-t-elle estimé, déplorant une stigmatisation des transports publics.

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