MR-FDF: la fin d'un couple?

Le verdict tombera dimanche. Mais le bureau du FDF semble s'éloigner du MR de Charles Michel.

"Les libéraux ont tourné le dos à la volonté d’élargissement de Bruxelles, qui était cœur de nos revendications communes", a regretté Olivier Maingain, ce lundi à l’issue du bureau élargi du FDF. Le parti a confirmé son opposition "unanime et sans réserve", à l’accord conclu la semaine dernière sur la scission de BHV. Le conseil général du parti, qui regroupe tous les élus locaux et des représentants des sections, en tirera les conséquences dimanche. Le FDF pourrait décider de voler de ses propres ailes.

Le FDF est-il assez grand pour survivre seul? Sans aucun doute. Un seul élu fédéral (il a trois députés pour l’instant) suffit pour avoir accès au financement public. Le FDF est très bien implanté à Bruxelles, avec onze députés régionaux (sur les 24 MR) et six bourgmestres, plus quelques participations communales.

Le FDF a, en outre, lancé récemment des sections en Wallonie et Olivier Maingain assure que son parti connaît un regain d’adhésions. "Notre formation est prête à assumer son avenir avec confiance, dit-il. L’électeur aura le dernier mot." Dans la capitale, un jeu à cinq ouvre plus largement le spectre des coalitions communales et régionales.

Quelles seraient les conséquences pour le MR? Sans le FDF, le rêve de supplanter le PS comme premier parti francophone devient, à court terme, très hypothétique.

Ce qu’il a perdu en domination, le MR l’a peut-être gagné en partenariats. Par son geste, Charles Michel a convaincu PS, cdH et Ecolo qu’il pouvait être un allié fiable. Cela peut jouer à l’avenir.

Lors des négociations sur BHV, Elio Di Rupo a manifesté beaucoup de compréhension pour les difficultés du jeune président du MR.

Cela devrait encore être dans les mémoires, dans un an, lors des communales. Après tout, s’ils ont avancé à quatre sans le FDF, ils peuvent prolonger l’expérience çà et là.

La pilule passe-t-elle si facilement au MR? L’accord sur la scission de BHV a été accepté à l’unanimité du bureau politique du MR. Et le président a même été applaudi à plusieurs reprises. Au départ, le risque de voir certains libéraux de renom s’associer à un départ du FDF était réel. Ce lundi, le parti semblait pourtant soudé dans la tempête. "On n’est pas demandeur mais nous devons acter la situation", explique un participant au bureau du MR.

Le basculement, ce fut, nous dit-on, "la violence" des propos d’Olivier Maingain ces dix derniers jours, en particulier quand il a parlé de tricheurs. Charles Michel a choisi de ne pas répliquer et de tout miser sur les négociations.

La rupture est-elle déjà définitivement consommée? Non. Il a été envisagé, un temps, que le conseil général du FDF se réunisse ce lundi dans la foulée du bureau. Maingain a finalement été décidé d’attendre dimanche. Ce délai n’a pas été fixé par hasard. Mais la porte n’est qu’à peine entrouverte. "À tout le moins les relations de confiance sont suspendues, voire mises à mal", a commenté le président du FDF.

Débarrassés de BHV, les négociateurs entrent en effet dans les dossiers socio-économiques, même s’ils concernent surtout la réforme de l’État à ce stade. Le bureau du MR a clairement indiqué à Michel que le parti devait maintenant "engranger des avancées notables" sur les questions économiques. Après avoir déçu les francophonissimes, le MR ne peut pas décevoir les libéraux. On ne peut donc pas totalement exclure une marche arrière.

Les choses ne seront cependant pas simples car c’est aussi sur le terrain économique que le PS, qui a gagné les élections de 2010, est attendu par ses électeurs. A priori, les idéologies s’opposent mais cela fait douze ans qu’elles cohabitent au gouvernement fédéral…

Le MR a-t-il monnayé son entrée dans les coalitions? Évidemment tout le monde jure que non. Mais, Charles Michel a remis son parti dans le jeu et, comme cela coïncide avec un changement de présidence au cdH, cela peut réellement peser sur les coalitions. On imagine d’ailleurs que la demande de l’Open VLD de restreindre la coalition fédérale en éjectant les Verts ne doit pas le déranger.

Le souci immédiat des réformateurs semble plutôt de repousser l’entrée en vigueur des régionalisations annoncées. Raisonnement: que l’électeur se prononce sur la gestion de l’Olivier avant d’étendre les compétences des gouvernements régionaux.

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