N-VA et PS forcés de se positionner

Paul Magnette va être reçu par les informateurs royaux. Bart De Wever aussi. Mais séparément. ©BELGA

Les informateurs royaux reçoivent Paul Magnette et Bart De Wever. Pas pour un affrontement; ils seront en effet vus séparément... Le but de ces rencontres est d'avoir une réponse définitive: PS et N-VA estiment-ils possible de soutenir ensemble la formation d'un gouvernement fédéral?

Les informateurs Joachim Coens (CD&V) et Georges-Louis Bouchez (MR) rencontrent ce vendredi après-midi les présidents de la N-VA Bart De Wever et du PS Paul Magnette, séparément, à quelques jours de leur rapport au Roi (lundi), a appris l'agence Belga "à bonne source". Les deux informateurs souhaiteraient clarifier la faisabilité éventuelle d'une formation de gouvernement associant les socialistes francophones et les nationalistes flamands. Rappelons que, visiblement, c'est cette option que le Palais a longtemps privilégiée. Mais que jusqu'ici, aucun élément n'a vraiment permis d'en attester la moindre faisabilité.

On n'est pas élu femme ou homme politique pour faire de la popote.
Elio Di Rupo
Ministre-président wallon

Coens et Bouchez ont préparé une note, que l'Echo a commentée en primeur ce jeudi. Cette note a été présentée ces derniers jours aux représentants des 10 partis encore engagés dans les contacts. Les négociateurs n'ont cependant que pu jeter un œil à cette note, qui continue d'évoluer.

Pour ou contre?

Jeudi, des appréciations variées émanaient des différents partis après des fuites dans la presse. Bart De Wever s'est dit "très agréablement surpris". De l'intérêt de la N-VA dépend la position d CD&V. On le sait depuis le début. Les deux partis sont liés à l'échelon régional et le parti du formateur Joachim Coens veut toujours miser sur la solidarité. Le vice-Premier ministre CD&V, Koen Geens, l'a répété ce matin en arrivant au 16 rue de la Loi."Cela continue à jouir de la préférence de mon parti: avoir une large majorité en Flandre qui soutient la coalition.""Je l'ai dit en son temps et répété, et je ne suis pas quelqu'un qui change si facilement d'avis."

Le PS, lui, a jugé la note "imbuvable". "Tous les éléments progressistes ont été escamotés", pouvait-on entendre.

Ce vendredi, Elio Di Rupo, ministre-président de la Région wallonne, a rappelé ses priorités: "il faut qu'on se préoccupe des vrais problèmes: avoir des revenus, une pension suffisante." Rappelons que le PS soutient une pension à 1.500 euros. L'homme fort wallon a confirmé que son parti n'entendait pas entrer dans une coalition fédérale sans que celui-ci n'adopte cette exigence. 

Du fond de la note, il refuse de discuter, disant faire entièrement confiance à "Paul" pour décider de l'opportunité de s'engager à entamer des discussions pour la formation d'un gouvernement sur ces bases.

Quant à l'éventualité d'une prochaine réforme de l'État, avec la nomination de deux commissaires pour réfléchir à l'avenir du pays, "on n'est pas élu femme ou homme politique pour faire de la popote", a râlé le ministre-président wallon. Oui mais si seuls deux commissaires jouent à la popote pendant quatre ans alors qu'un gouvernement s'attelle à soigner les plaies des citoyens? On saura vite si les socialistes sont OK pour ce jeu-là...

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