Négociations fédérales: l'échéance du 17 septembre "probablement" reportée

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L'irruption du Covid-19 dans le cercle des négociateurs chamboule les travaux. Ceux-ci se poursuivent, mais il n'y aura plus de réunions physiques avant le 18 septembre. La demande de confiance par le gouvernement Wilmès est désormais menacée de report.

Négociations fédérales, épisode 487. Pas de doute, les scénaristes du show "16, rue de la Loi" ont décidé d'accélérer le tempo. Après un démarrage assez lent – quinze mois tout de même –, leur série enchaîne les rebondissements.

Moins d'une semaine après le revirement du CD&V, voilà que le Covid-19 débarque avec fracas. De quoi tenir en haleine les spectateurs belges? Pas sûr... Beaucoup ont déjà décroché, et ceux qui restent s'inquiètent de voir l'ultime saison s'allonger encore de plusieurs semaines.

Lachaert positif

Alors que le bout du tunnel semblait proche, le test positif au coronavirus du préformateur Egbert Lachaert (Open Vld) vient bousculer le timing. Attendu ce vendredi au Palais avec son acolyte Conner Rousseau (sp.a), le libéral flamand, placé en quarantaine, ne pourra pas s'y rendre.

Une réunion virtuelle pourrait-elle remplacer ce colloque singulier? En ces temps exceptionnels, rien ne peut être exclu. Les scénaristes nous ont surpris plus d'une fois, ils ne s'arrêteront probablement pas en si bon chemin.

Ce mercredi, une visioconférence rassemblant les différents présidents de parti et les conseillers impliqués dans les discussions de la Vivaldi a permis de faire un premier point sur la suite des événements.

"Je ne dis pas que tout est possible (à distance), mais le travail sur le fond du projet peut être réalisé."
Jean-Marc Nollet
Coprésident d'Ecolo

Mais ces entrevues à distance peuvent-elles convenir pour mener de véritables négociations? "Je ne dis pas que tout est possible, mais le travail sur le fond du projet peut être réalisé", assure le coprésident d'Ecolo, Jean-Marc Nollet.

Visioconférence fever

Négocier par écran interposé serait donc possible... Une bonne nouvelle, surtout dans la mesure où les acteurs de la Vivaldi devront s'accoutumer pour un temps encore de ce mode de fonctionnement.

"Les personnes qui doivent être mises en quarantaine ne peuvent la stopper qu'à la suite d'un deuxième test négatif."
Steven Van Gucht
Virologue de Sciensano

En effet, toutes les personnes avec lesquelles Lachaert a eu un "contact à haut risque" – comprenez pendant plus de 15 minutes à moins de 1m50 – doivent théoriquement se placer en quarantaine neuf jours.

Bien que tous les négociateurs testés se soient révélés négatifs, ils n'échapperont donc probablement pas à quelques jours d'isolement.

"Les personnes qui doivent être mises en quarantaine ne peuvent la stopper qu'à la suite d'un deuxième test négatif", a prévenu le virologue de Sciensano, Steven Van Gucht. Un deuxième test qui doit être effectué au plus tôt neuf jours après le dernier contact à risque et au moins cinq jours après le premier test.

Conscients de cette règle, mais aussi de leur rôle d'exemple, les négociateurs ne se réuniront plus physiquement d'ici le 18 septembre, a annoncé le préformateur Conner Rousseau (sp.a). Ils poursuivront par contre bien leurs travaux à distance.

Confiance ou démission

Dans ces conditions, aboutir à un accord d'ici le 17 septembre, jour où la Première ministre Wilmès doit redemander la confiance au Parlement, risque de devenir très complexe.

"Je pense que chacun comprendrait que, pour raisons médicales, on puisse éventuellement déplacer cette date de quelques jours."
Jean-Marc Nollet
Co-président d'Ecolo

"Je pense que chacun comprendrait que, pour raisons médicales, on puisse éventuellement déplacer cette date de quelques jours", a déjà déclaré Jean-Marc Nollet. "Le vote de confiance sera probablement reporté de quelques jours", confiait-on également dans l'entourage de Paul Magnette, le président du PS.

Problématique ce report? Pas nécessairement. Si les négociations avancent et qu'un accord paraît à portée de main, le passage par la case Parlement de Wilmès ne serait plus nécessairement indispensable.

"La Première ministre s'est engagée devant la Chambre sur l'échéance du 17 septembre. Ce n'est qu'en consensus avec une majorité parlementaire que celle-ci pourrait être reculée", précise-t-on cependant au cabinet de Sophie Wilmès. Dans ce cas, les modalités d'une brève prolongation du gouvernement devraient toutefois encore être discutées.

N'allons pas trop vite en besogne. En huit jours, beaucoup de choses restent susceptibles d'évoluer. Dans cette série, on le sait désormais, on n'est jamais à l'abri d'un rebondissement...

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