Négociations fédérales: le PS s'apprête à choisir

Paul Magnette, président d'un parti divisé. ©BELGA

Le président Paul Magnette fait un tour de table avant que le parti ne prenne attitude pour les négociations fédérales. La Vivaldi s'éloigne au profit de potentielles discussions avec la N-VA.

Le bureau du PS s'est réuni pendant près de trois heures lundi sous la houlette du président Paul Magnette. Le bourgmestre de Charleroi a mené un petit tour de table sur les différents scénarios qui s'offrent aujourd'hui à la Belgique fédérale, relatent plusieurs sources.

Durant la journée de lundi, le porte-parole présidentiel démentait l'information selon laquelle celui-ci avait demandé un mandat pour entamer des négociations avec la N-VA. Le président du PS n'a pas non plus enterré la coalition Vivaldi (arc-en-ciel plus CD&V), assurait le même porte-parole suite à la sortie dans Le Soir ces deux affirmations. "Il a pourtant clairement indiqué qu'après un deuxième tour, Conner Rousseau et lui en étaient arrivés à la conclusion que la Vivaldi n'était pas possible", indiquait une bonne source, confirmant une information diffusée par Le Soir.

On rappelle que Paul Magnette et son homologue du sp.a Conner Rousseau sont en train de consulter les partis (hors PTB et Vlaams Belang) pour déminer le terrain fédéral. Une dynamique dont on attend un aboutissement à la fin juin, au moment où le gouvernement de Sophie Wilmès perdra vraisemblablement les pouvoirs spéciaux accordés pour gérer la crise Covid. "Ne rien faire serait impensable en situation post-Covid", dit un ténor PS.

Mais à l'évidence, il se passe quelque chose. Le PS se prépare à choisir. "Le sp.a veut absolument faire monter la N-VA, estimant que c'est la seule façon de l'affaiblir d'ici 2024", dit un socialiste francophone. La possibilité de passer par la case élections a clairement été évoquée en cas de blocage persistant des négociations fédérales.

Pas sans les verts

Fin juin, les affaires courantes reprendront leurs droits, tout comme le Parlement où l'on risque d'assister à un festival de propositions hors cadre budgétaire. "La question est de savoir 'qu'est-ce qu'on fait?'", témoigne un socialiste membre du bureau. "Sommes-nous un parti qui prend ses responsabilités ou un parti qui cherche juste des parts de marché? Cette question, tous les partis seront amenés à se la poser." Les élections ne font pas peur au PS, entend-on.

"Sommes-nous un parti qui prend ses responsabilités ou un parti qui cherche juste des parts de marché? Cette question, tous les partis seront amenés à se la poser."
Un membre du bureau du PS

Le parti est encore traversé par des clivages vis-à-vis de la N-VA, entre certains de la vieille garde qui disent qu'il faudra bien se résoudre à s'entendre avec elle et ceux qui refusent toute forme de coopération avec les nationalistes. Les députés fédéraux relèvent souvent de cette deuxième catégorie. Si N-VA il y a, ce sera de préférence dans une très large coalition de type "grande union", entend-on aussi.

Un consensus ressort par ailleurs des discussions de lundi: le PS devra monter au pouvoir en compagnie d'Ecolo. D'une part pour renforcer la gauche au sein de l'exécutif, de l'autre pour éviter de faire face à une opposition de gauche trop forte. Le PTB suffit largement aux malheurs du PS.  

"Quoiqu'il arrive, le PS en prendra plein la tête, il n'y a pas de bonne solution", témoigne un membre du bureau. "Il n'y a que les grands arbres qui prennent le vent."

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